Cherbourg : le sosie de Johnny au tribunal pour avoir trop chanté

Johnny Rock, le sosie officiel de Johnny Hallyday, comparaissait ce mardi devant le tribunal correctionnel de Cherbourg pour avoir cumulé ses revenus d'artiste avec une allocation de victime de l'amiante. 

Johnny Rock, sosie de Johnny Hallyday, au tribunal correctionnel de Cherbourg, le 8 octobre 2013
Johnny Rock, sosie de Johnny Hallyday, au tribunal correctionnel de Cherbourg, le 8 octobre 2013 © France 3 Basse-Normandie
Denis Le Men, alias Johnny Rock, le plus célèbre sosie de Johnny Hallyday, n'était pas sur scène ce mardi, mais à la barre du tribunal de Cherbourg, pour répondre à des accusations d'anomalies entre ses activités de chanteurs et ses déclarations aux organismes sociaux.

Johnny Rock, originaire d'Equeurdreville dans la presqu'île du Cotentin, âgé de 58 ans, se produit en tant que sosie de Johnny Hallyday depuis près de 30 ans. Grâce à sa voix, sa ressemblance, et son charisme, cet ouvrier du Cotentin a réussi à devenir l'un des sosies les plus reconnus et les plus populaires de Johnny Hallyday.

L'affaire qui l'a amené devant un tribunal pénal ce mardi est compliquée, et les textes ne sont pas interprétés de la même façon par les différentes parties. 
C'est à la fois l'Urssaf et la Caisse d'Assurance de la Santé au travail qui attaquaient en justice le sosie de Johnny. 

Le reportage de Patrick Mertz et Charles Bézard (ITW : Ingrid Des Rues avocate, et Denis Le Men)
Johnny Rock, sosie de Johnny Hallyday, au tribunal correctionnel de Cherbourg, le 8 octobre 2013
Ouvrier et chanteur

Jusqu'en 1997, Denis Le Men a travaillé comme ouvrier, il était charpentier naval. Il a travaillé notamment dans des ateliers de calorifugeage dans des compartiments moteurs à base d'amiante. Il a été licencié après 27 ans sur les chantiers navals. 
Entre 1984 et 1997, Johnny Rock était ouvrier la semaine et artiste le week-end. Après son licenciement, il a choisi de vivre de son métier d'artiste, et a opté pour le statut d'intermittent du spectacle. 

En 2007, Denis Le Men a bénéficié d'une pré-retraite, dans le cadre des droits attribués aux ex-salariés ayant été exposés à l'amiante. Denis, qui souffre d'un décollement de la plèvre (l'enveloppe qui entoure le poumon) est suivi médicalement. 

A partir de 2007, Johnny touche donc son allocation, et abandonne le statut d'intermittent. Tout en continuant à se produire sur scène. Erreur ! Les administrations ne l'entendent pas de cette oreille. Pour la Caisse de santé, on ne peut pas cumuler un revenu et une allocation de pré-retraite amiante. S'il veut chanter, Denis doit renoncer à ses droits. 

La Caisse suspend en 2011 l'allocation et réclame plus de 80 000 euros de remboursement à Johnny Rock. Et l'Urssaf l'attaque pour "fraude et travail dissimulé".  

© www.johnnyrock.net, site officiel de Johnny Rock
Condamné à rembourser 23 400 euros

Denis Le Men a été relaxé des chefs d'accusation de fraude et de travail dissimulé, mais il a été condamné à 1000 euros d'amende pour avoir cumulé ses revenus d'artistes et son allocation. En outre, le tribunal lui impose de rembourser 23 400 euros à la Caisse d'Assurance de la Santé au travail.
Le sosie a l'intention de faire appel. Le dossier devrait maintenant être suivi par le tribunal des affaires sociales. 

L'audience aura aussi permis à la Procureur de se livrer à quelques formules humoristiques, comme 'il a mis le feu au Parquet", ou encore "il ne passera pas la porte du pénitencier". 

Voir le site officiel de Johnny Rock. 
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