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Orne : des bachelières mènent le combat contre la suppression des bourses au mérite

Deux jeunes filles de l'Orne, qui ont décroché le bac cette année avec une mention Très bien, ont lancé sur internet la révolte contre la suppression des bourses dites "au mérite". 

C'est par internet que les bachelières de Flers mènent le combat contre la suppression des bourses au mérite
C'est par internet que les bachelières de Flers mènent le combat contre la suppression des bourses au mérite © France 3 Basse-Normandie
Après une tentative avortée l'année dernière, le Gouvernement vient de supprimer les bourses "au mérite", qui étaient jusqu'à présent accordés aux étudiants boursiers ayant obtenu d'excellents résultats.
La suppression a été actée le 24 juillet par publication au journal officiel, au coeur de l'été. Mais ça n'est pas pour autant qu'elle est passée inaperçue auprès des principaux intéressés, qui ont lancé la mobilisation contre une mesure qu'ils estiment injuste et incompréhensible. 
Les premières à se mobiliser ont été deux jeunes filles de Flers, dans l'Orne. Julie-Anne et Thaïs ont créé une page facebook intitulée "Touche pas à ma bourse, je la mérite" et lancé une pétition en ligne. 

Le reportage de Stéphanie Lemaire et Jean-Michel Guillaud (ITW : Thaïs Cesto, du collectif "rétablissons l'aide au mérite!", Yves Goasdoué, député-maire de Flers et Julie-Anne Kervella, collectif "rétablissons l'aide au mérite!")
durée de la vidéo: 01 min 45
Orne : lycéennes contre la suppression des bourses au mérite

1800 euros d'allocation de complément par an

Les bourses au mérite ont été instaurées en 2009 par Valérie Pécresse, alors ministre de l'Enseignement supérieur. Pour en bénéficier, il fallait être boursier, et avoir obtenu une mention "Très bien" au bac. Les élèves "méritant" recevaient alors, pour poursuivre leurs études, une somme supplémentaire de 1800 euros annuels (versés en 9 fois tout au long de l'année) pendant 3 ans, à conditions d'avoir de bons résultats. 
Cette bourse au mérite était aussi accordée aux meilleurs étudiants boursiers de licence. 
A la rentrée 2014, le dispositif est supprimé pour les nouveaux bacheliers, mais maintenu pour les étudiants qui en bénéficiaient déjà. Mais il "n'y aura pas de nouveaux entrants", a précisé le Ministère. 
L'aide concerne environ 27 000 jeunes et représente une dépense d'environ 45 millions d'euros pour l'Etat. 

La révolte des bons élèves

Les bacheliers 2014 ne veulent pas que l'on touche à cette aide parfois cruciale pour leurs études supérieures. Un collectif national et apolitique s'est mis en place pour réclamer le maintien de cette récompense. Beaucoup de bacheliers ont été surpris par cette suppression soudaine.
Au delà du sentiment de ne pas voir leurs efforts et leur travail récompensés, ils attirent l'attention sur les difficultés financières que vont rencontrer les étudiants qui avaient intégré cette bourse à leur budget. 
"Bien au-delà de la simple gratitude de réussir avec brio le baccalauréat, la bourse au mérite représentait la possibilité pour les étudiants issus de milieux modestes de pouvoir continuer à s'investir pleinement dans les études supérieures sans avoir à se soucier de trouver un travail à mi-temps, un job d'été et autre revenus compensatoires indispensables face aux prix des appartements et au coût de la vie", écrivent les bacheliers sur internet. 

Une pétition pour interpeller les députés

La pétition en ligne a déjà recueilli plus de 6200 signatures. L'objectif est de faire parvenir cette pétition aux 577 députés français dans l'espoir de faire abroger la circulaire ministérielle. Un projet de financement participatif a également vu le jour sur le site Next Banker pour envoyer la pétition à tous les députés. Pour l'instant 327 euros ont été collectés sur les 577 euros nécessaires à l'envoi des courriers. 
Les bacheliers ont reçu le soutien de nombreux élus de droite, mais aussi de gauche. Au fur et à mesure que la rentrée approche, le débat prend de l'ampleur, et la fronde grossit. 
Le collectif a l'intention de rencontrer les syndicats d'étudiants et de lycéens pour organiser des manifestations en spetembre. 
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