Les tarifs des accès au Mont-Saint-Michel devant la justice

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Écrit par Marc Sadouni

Depuis le 1er janvier 2015 le tarif est de 12,50 euros pour les véhicules particuliers  (plus des deux tiers des véhicules) contre 6 euros début 2012. Le 3 juin 2013, le prix du parking était passé, pour un véhicule particulier, de 8,50 à 12 euros, soit 40% de hausse.

La mesure avait été justifiée par le fait qu'à partir de cette date les navettes prendraient les touristes dès le parking situé à 2,5 km du Mont, et non plus à 900 m.
Ces modifications avaient fait l'objet d'un avenant au contrat par lequel les collectivités locales, rassemblées dans un syndicat mixte, avaient confié en 2009 la gestion du parking et des navettes à Veolia, devenu Veolia-Transdev.

Le 3 avril 2013 quelques centaines de personnes avaient manifesté contre cet avenant, et les commerçants avaient baissé le rideau pendant deux heures.
La commune du Mont-Saint-Michel et la société Sodetour, un des deux poids-lourds du commerce dans ce secteur hautement touristique, ont saisi la justice pour lui demander d'annuler cet avenant à cause des tarifs.

Cette hausse importante des tarifs d'accès a été pointée du doigt ce jeudi lors de l'audience au tribunal administratif de Caen où le rapporteur public en a demandé l'annulation.

Le rapporteur public François-Joseph Revel a donné raison aux plaignants jeudi matin estimant que "l'importante hausse" constituait "une modification substantielle du contrat" ne pouvant prendre la forme d'un avenant.
"Les chiffres nous semblent parler d'eux-mêmes", a estimé M. Revel. Le magistrat a relevé notamment une hausse de 48% pour les camping-cars, de 39% du bus entre la gare de Pontorson et le Mont, et de 64% de l'abonnement annuel au parking.
Cette nouvelle grille représente deux millions d'euros de "recettes supplémentaires au profit du délégataire", a ajouté M. Revel. Elle est en outre "susceptible d'avoir faussé le jeu de la concurrence" en 2009, a-t-il aussi estimé.

Malgré ces tarifs "aujourd'hui le contrat n'est pas viable économiquement", a plaidé Émeric Morice, l'avocat de Veolia-Transdev. "La fréquentation n'est pas là. Elle va venir mais si on change de point de départ tous les deux ans ça va être compliqué d'avoir une réelle fréquentation", a-t-il ajouté.

Le tribunal doit rendre sa décision dans plus d'une quinzaine de jours.

Source: AFP



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