Bien-être animal : quelles initiatives une commune peut-elle prendre en faveur des animaux ?

Construction d’abris pour chats errants, parc à chien, garderie, création d’une association de défense des animaux financée par la mairie, parrainages, la municipalité de Villers-sur-Mer œuvre pour le bien-être animal, sous toutes ses formes.
En Normandie, Villers-sur-Mer oeuvre pour le bien-être animal et lance diverses initiatives en faveur des animaux
En Normandie, Villers-sur-Mer oeuvre pour le bien-être animal et lance diverses initiatives en faveur des animaux © PHOTOPQR/LE TELEGRAMME/Nicolas CREACH, illustration chatons 05/05/2020

Comment Villers-sur-Mer œuvre-t-elle en faveur du bien-être animal ?

"On a prévu de développer une vraie politique en faveur du monde animal" explique Thierry Granturco, le maire de Villers-sur-Mer. "On l'a déclinée en plusieurs actions, dont la création de l’AVA, l'Association Villersoise pour les Animaux".

Créée à l'initiative de la commune, cette association finance les actions en faveur des animaux, les encadre et fournit les moyens logistiques. Pour le reste, le maire compte sur ses administrés et les bénévoles n'ont pas fait défaut. L’Association Villersoise pour les Animaux (AVA) a été créée début novembre, en même temps qu'un premier abri destiné aux chats errants de la commune.  "Les chats errants, c’est un vrai sujet ici" note Thierry Granturco, combien y-en-a-t-il ? " c'est un nombre à 3 chiffres, une dame de la commune s'en occupait seule jusque-là, sur ses propres deniers" . Elle leur donnait à manger, en capturait pour les faire stériliser. Une situation qui ne pouvait pas durer. "Aujourd’hui elle est membre du conseil d’administration de l’AVA".  La mairie estime qu'il faudra au moins deux ans pour stabiliser la population de chats errants, via le trappage et la stérilisation. Un deuxième abri est prévu, un administré vient d'ailleurs d'offrir l’utilisation de son terrain pendant 10 ans pour accueillir les chats.

D'autres projets sont en cours, un partenariat a été établi avec l'association La Dame Blanche, qui soigne la faune du marais et 30 millions d'amis. La commune s'engage à prendre en compte le respect de la vie animale dans toutes ses actions et ses décisions (comme l'utilisation de méthode douces pour éloigner les pigeons, par exemple). Ainsi, l'interdiction des cirques avec animaux est déjà effective dans la commune, le maire en avait fait une promesse de campagne.

Des initiatives en faveur des animaux et aussi de leurs maîtres

La mairie se porte garante d'un parrainage des animaux domestiques : elle assure aux personnes âgées ou malades qui en font la demande que leurs animaux seront adoptés par un parrain, en cas d’indisponibilité momentanée ou définitive de leur part. "Si le parrain ne respecte pas ou ne peut pas respecter sa promesse, la mairie le fera" explique le maire de Villers-sur-Mer. "Les deux-tiers de la population ont plus de 65 ans". Un des conseillers municipaux rencontrait dans le cadre de son travail des gens âgés qui hésitaient à reprendre un animal, de peur qu’il ne se retrouve seul par la suite. C'est de là qu'est née cette idée de parrainage.

Ca permet de rompre l’isolement des personnes et d'éviter les abandons d’animaux.

"Pour le parrainage, on veut pouvoir payer les frais vétérinaires car les chiens seront âgés et on recherche des partenariats actuellement avec des entreprises de nourriture pour animaux", explique Delphine Manoury, Vice présidente de l’AVA et conseillère municipale, "on prospecte les fabricants". 

La conseillère municipale se dit " assez stupéfaite de l’ampleur que prend la page Facebook" de l'AVA, qui comptabilise des milliers de like et déjà 727 abonnés (la commune compte 27.000 habitants). "Si par ce biais-là, on peut essaimer ces idées dans d’autres communes…"
 


En projet : la création d'un parc à chien et d'une garderie pendant les vacances

A Villers-sur-Mer, la plage est accessible aux chiens, sauf pendant la période estivale où les balades ne sont autorisées que tôt le matin et tard le soir.  Pour l'été et en toute saison, "on souhaite créer un parc à chiens" explique Delphine Manoury, "un lieu où le chien peut être laissé en liberté. Ca nous permettra aussi de faire de l’éducation, que les chiens soient tenus en laisse en ville et laissés en liberté dans le parc. Ce sera aussi un lieu de convivialité avec des bancs pour les maîtres, un lieu d’échange pour les propriétaires. On souhaite aussi créer une sorte de garderie pour l’été, pour que les maîtres puissent aller à la plage, en visites."

Ces initiatives sont plutôt bien perçues dans la commune. "Mais il ne faut pas faire ça pour être aimé mais parce qu’on a des convictions. Il ne faut pas le faire pour des raisons politiques. On est un peu moqué", avoue Thierry Granturco.

En ferait-il trop pour les animaux ?  "Sur tous les aspects sociaux, on fait beaucoup dans la commune" affirme le maire, "vous savez, c’est le fameux argument selon lequel on ne pourrait jamais rien faire pour les animaux parce qu’il y a tellement à faire pour les hommes. Finalement c’est assez récurrent comme argument. A un moment donné, on peut se dire qu’on peut faire les deux, on a le droit. Je trouve que ça va souvent de pair, c’est une bienveillance généralisée".

Pour tous ces projets, la commune de 2700 habitants prévoit d'investir environ 25.000 euros sur un budget global de 13 millions  soit 0,19% de son budget.
 

Qu’est-ce que le bien-être animal ?


Selon l’Organisation mondiale de la santé animale, le bien-être animal repose sur 5 principes :
Le bien-être animal vise tous les animaux, les animaux d'élevage destinés à l'alimentation comme les animaux de compagnie.

En France, on compte plus 63 millions d’animaux de compagnie, définis par le Code rural (art. L. 214-6) comme un "animal détenu ou destiné à être détenu par l’homme pour son agrément". 

Les rapports entre l’homme et l’animal ont évolué ces dernières années avec la reconnaissance de droits croissants pour les animaux. Depuis 2015, le code civil leur a attribué la qualité "d’être sensible", un statut juridique plus protecteur qu’auparavant, où ils étaient considérés comme un bien meuble…

L’animal reste un "objet de droit", un objet que l'on peut posséder ou utiliser, mais sa sensibilité le place au-dessus des objets non-vivants.

La maltraitance animale est condamnée par la loi. Le code pénal sanctionne les sévices graves et les actes de cruauté commis sur les animaux. L’abandon d’un animal domestique est ainsi assimilable à un acte de cruauté et peut entraîner une condamnation à deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende.
 
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