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Après Gênes faut-il avoir peur des grands ponts de Normandie? Pas tous, mais certains sont montrés du doigt

© IP3 PRESS/MAXPPP
© IP3 PRESS/MAXPPP

Alors 7 % des ponts français présentent "à terme un risque de s'effondrer". Qu'en est-il des grands mastodontes de la Région. Les Ponts de Normandie et Tancarville, payants, sont sous haute-surveillance. Les autres (Bretonne, Calix et la Cavée à Caen) c'est moins sûr.

Par Alexandra Huctin

C'est un rapport gouvernemental qui fait grand bruit au lendemain de la catastrophe de Gênes : 7% des ponts français "présentent à terme un risque d’effondrement".
Ce qui représente près de 840 ouvrages sur 12 000 ponts, au total. 
De la petite réparation, aux dommages plus sérieux, ce rapport nous amène à nous interroger sur les mastodontes que nous franchissons chaque jour ou presque. Et dans la Région Normandie, ils sont tout de même assez nombreux: Ponts de Normandie, Tancarville, Brotonne, Pont Mathile, Calix et Cavée....La liste est longue. On en oublie sûrement. 


Y a t-il assez d'entretien avec la baisse des dotations de l'Etat ? 

C'est la véritable question en France, tout comme en Italie.Même si les structures de "surveillance" et de contrôle sont peut-être un peu plus présentes sur notre territoire. 

A propos des  840 ponts français sur liste rouge, il faudrait pour certains les fermer "préventivement à la circulation des poids lourds, ou de tous les véhicules".
Des ponts qui risquent d'être "hors service" dans vingt ans, explique le même rapport

"Sans changement de politique", avertit le texte, 6% des ponts en France seront "hors service" en 2037.

Un même rapport qui dénonce "une politique d'entretien sous-dimensionnée" qui risque d'engendrer des coûts de réparation bien plus importants dans le futur.
 

Ponts payants = entretien et les autres ? 

Il y a dans la Région des ponts payants incontournables : le célèbre pont de Normandie (structure béton, d'une longueur totale de 2 141,25 mètres)  et son voisin, plus âgé, de Tancarville
Résultat, il y a plus de moyens pour l'entretien de ces ouvrages puisqu'une partie des gains serviront à l'entretien et à la sécurité de l'ouvrage. C'est la CCI de Seine Estuaire qui gère ces deux ponts et régulièrement des travaux d'entretien sont réalisés. 

Le Pont de Normandie a été inauguré en 1995 est chaque année par plus de 7 millions de véhicules l'empruntent. Il bénéficie de moyens de tests nombreux et modernes ( des morceaux de bétons sont prélevés et contrôlés) et d'un entretien régulier.
Le pont de Tancarville est traversé par plus de 6 millions de véhicules, chaque année, soit beaucoup plus qu'à l'époque de sa construction dans les années 50, mais, il est surveillé de manière high-tech : par satellite. 

Il y a aussi beaucoup de ponts gratuits. Et c'est là que le bât blesse. En Normandie, comme ailleurs en France, ces dernières années, la part réservée à l'entretien des infrastructures( routes et ponts) a connu quelques coups de rabot. 
Cette année, le montant alloué par l'état est de 500 millions d'euros. 


Les ouvrages les plus récents comme celui dit "pont de Brotonne", sur la Seine, au nord de Caudebec-en-Caux, ne sont peut-être pas les plus à craindre. Celui-ci, d'un peu plus de 1200 mètres est géré par le département de Seine-Maritime.

Le pont le plus critique en Normandie est peut-être le viaduc de Calix, justement, gratuit lui aussi et très fréquenté. Trop diraient même certains. Il a été construit pour franchir l'Orne et le Canal qui relie Caen à la mer à 38 mètres au-dessus du sol. Il surplombe, par ailleurs, une voie ferrée et un dépôt de carburant, classé seveso 2.
 

Construit au début des années 70, il a vu son trafic quotidien passer de 15 000 véhicules par jour a près de 100 000, aujourd'hui.

Pour Philippe Duron, ancien maire et Député PS de Caen, chargé aujourd'hui d'une mission nationale sur les infrastructures : "On a déjà pensé à son doublement il y a déjà 25 ans", pour le soulager d'un trafic de camions quasi ininterrompu, jour et nuit. En effet, ce viaduc est dans la continuité du périphérique et se retrouve une route naturelle entre Cherbourg et Paris, mais aussi la Bretagne et Paris (à moins de contourner Caen par le sud). Seulement, pas la peine d'imaginer que c'est aujourd'hui possible. L'ancien député laisse entendre que ça coûte malheureusement  "trop cher".  

D'autres interrogations persistent. Dans l'agglomération caennaise, on parle aussi du pont de la Cavée ( en centre-ville il relie la rive gauche à la rive droite, au pied du Parc Expo), laissé un peu en l'état alors qu'il pourrait bénéficier d'un peu plus de surveillance. 


Pour en savoir plus Vidéo France 3 Normandie <<<<<<
avec le commentaire de Jean-Yves Gélébart et l'intervention de Philippe Duron, ancien député-maire de Caen :

 
Après Gênes faut -il avoir peur des grands ponts normands ?

 

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