Caen: Carrefour réclamait 9000 euros en justice à une de ses salariées handicapées

Plusieurs membres de la CGT sont venus soutenir ce mercredi une salariée handicapée de Carrefour Hérouville-Saint-Clair.
Plusieurs membres de la CGT sont venus soutenir ce mercredi une salariée handicapée de Carrefour Hérouville-Saint-Clair.

Une salariée handicapée du magasin Carrefour d'Hérouville-Saint-Clair a saisi les prud'hommes après un changement d'affectation imposé sans concertation. Son employeur estime la procédure abusive et lui réclamait 9000 euros. L'entreprise s'est quelque peu ravisée à l'audience.

Par CM

En décembre 2016, une salariée du magasin Carrefour d'Hérouville-Saint-Clair reprend son travail après son congé maternité. Mais elle ne retrouve pas pour autant son poste. La jeune femme découvre que sa hiérarchie a décidé de la changer d'affectation, sans la prévenir. Or, celle-ci est malentendante. En passant du rayon papeterie à l'épicerie, la salariée raconte avoir "perdu tous mes repères, ce n'était pas évident de travailler avec une nouvelle équipe, de m'intégrer".

Elle demande donc par courrier à sa direction de retrouver son ancien poste. En vain. Elle décide alors de saisir les Prud'hommes. Devant la juridiction, la société Carrefour contre-attaque. Estimant la procédure abusive, elle réclame à sa salariée la somme de 9000 euros (plus du double de ce que demande la jeune femme). Avant de rétropédaler à l'audience.

Ce mercredi après-midi, plus sieurs membres de la CGT était venu soutenir cette salariée avant l'audience au tribunal de Caen. "On trouve que la situation est invraisemblable, d'autant plus invraisemblable que Carrefour veut se démontrer comme exemplaire par rapport à l'accueil et l'accompagnement des travailleurs handicapés en affichant notamment sa bienveillance. On se demande où se trouve la bienveillance", déclare Franck Mérouze, le secrétaire de l'union locale de la CGT, "Est ce qu'il n'y a pas de la maltraitance ?"

Lors de l'audience, l'entreprise Carrefour a quelque peu revu ses exigences à la baisse. Elle ne demande plus que 1500 euros à sa salariée au titre des frais de justice. Selon Franck Mérouze, l'avocat du géant de la distribution a indiqué que la salariée concernée était "une salariée comme les autres" et que son employeur "n'a pas à faire de différence par rapport à ses autres collaborateurs". La décision est attendue le 29 janvier prochain.

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