Féminicide : soupçonné d'avoir étranglé sa femme, un homme a été placé en garde à vue au commissariat de Caen

Une femme de 38 ans, résidant à Ifs, a été transportée ce jeudi en urgence au CHU de Caen après une violente agression. Elle est décédée. Son compagnon, un pompier professionnel de 46 ans, a été placé en garde à vue.
Photo d'illustration
Photo d'illustration © Laurent Lagneau / France 3 Normandie
Ce jeudi 16 juillet, tôt dans la matinée, aux environs de 6 heures, les secours ont été appelés pour intervenir dans un pavillon à Ifs, dans l'agglomération caennaise. Sur place, ils ont découvert une femme, âgée de 38 ans dans un état grave, entre la vie et la mort. Elle a été transportée en urgence au CHU de Caen. En vain. Elle est décédée dans la journée.

C'est un ami du conjoint qui aurait alerté la police. L'homme de 46 ans, sapeur-pompier professionnel, aurait étranglé sa compagne en lui mettant un sac en plastique sur la tête, selon les informations communiquées par la police à l'AFP. Pour l'heure, le parquet n'a pas encore confirmé cette version des faits mais a annoncé qu'un sac plastique et un lien avaient été retrouvés sur les lieux du drame.

Le suspect a été placé en garde à vue. "Il ne s'exprime que très peu en garde à vue. On ne peut pas dire qu'il reconnaît les faits", a déclaré ce vendredi matin à nos confrères de l'AFP le procureur de la République de Caen, Amélie Cladière. Des propos qu'elle a maintenus quelques heures plus tard quand nous l'avons jointe par téléphone. La magistrate nous a également indiqué que, pour l'instant, aucun élément ne laissait penser à une préméditation. Le couple avait deux enfants, deux adolescents, qui se trouvaient alors en vacances chez leurs grands-parents, dans l'est de la France. Ils sont revenus en Normandie ce vendredi 17 juillet.
 
C'est dans ce pavillon, à Ifs, que s'est déroulé le drame
C'est dans ce pavillon, à Ifs, que s'est déroulé le drame © EdM

La victime était la directrice adjointe du centre aquatique de Bayeux. L'établissement a fermé ses portes ce jeudi, le personnel étant très choqué par la nouvelle. "A l'annonce de cette information, nous avons pris le temps d'en informer nos salariés, nos agents, et j'ai vite compris qu'il serait compliqué d'assurer les différents postes à responsabilité mais aussi d'accueil parce c'est difficile de sourire en de telles circonstances", raconte Arnaud Tanquerel, adjoint au sport de la ville de Bayeux. Si le centre aquatique a rouvert ses portes ce vendredi, il devrait de nouveau être fermé durant les prochains jours. "Il y a une semaine, je lui disais qu'elle était un peu le rayon de soleil parce que c'est elle qui a réussi à fédérer l'équipe. C'était une grande professionnelle, passionnée par son travail, très investie (...) On va se retrouver tous ensemble avec l'équipe lundi prochain avec une psychologue du travail pour tenter d'expliquer et évacuer la situation." 


La victime, comme son conjoint, était sportive : tous deux pratiquaient le triathlon. Le sapeur-pompier de 46 ans venait de rentrer d'un séjour dans les Alpes avec un ami lorsque le drame s'est produit. Revenu plus tôt que prévu, il n'aurait pas dû croiser sa compagne. Le couple vivait dans la même maison mais était en cours de séparation, une séparation dont la victime était à l'initiative et qui était, selon nos informations, très mal vécue par le conjoint.
 
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Drame familial dans l'agglomération caennaise : un homme, soupçonné d'avoir étranglé sa femme, en garde à vue
Le suspect devrait être présenté à un juge d'instruction ce vendredi soir ou ce samedi matin. Il pourrait être mis en examen pour meurtre par conjoint. 

Selon le décompte de l'AFP, cette tragédie pourrait porter à au moins 39 le nombre de féminicides présumés depuis le début de l'année. L'an dernier, l'agence avait recensé au moins 126 cas de femmes tuées par leur compagnon ou ex, soit une femme tous les trois jours en moyenne.
 
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