Le maintien en Ligue 2 arraché, le Stade Malherbe Caen commence sa refondation

Avec un jeune gardien impérial et un collectif concentré, ils l'ont fait: un maintien arraché sur un pénalty dans les arrêts de jeu et une victoire 2-1 du SM Caen qui va rester dans l'histoire du club : c'est le sentiment des dirigeants. Caen entame sa refondation, place à la suite.  

Benjamin Jeannot, embrassé par ses co-équipiers, ici le jeune normand Loup Hervieu : la délivrance pour le Stade Malherbe Caen qui se sauve à la 92ème
Benjamin Jeannot, embrassé par ses co-équipiers, ici le jeune normand Loup Hervieu : la délivrance pour le Stade Malherbe Caen qui se sauve à la 92ème © Stéphane Geufroi/Maxppp

Quelle fin de match pour la dernière journée de Ligue 2. Fini la disette, le Stade Malherbe Caen a offert la victoire et le maintien crucial, dans la dernière partie de la rencontre. Après une ouverture du score sur une tête de Prince Oniangué, à la 83 ème minute, le SMC réduit à dix est très vite corrigé (six minutes plus tard) par les Clermontois venus officialiser la première montée de leur histoire en Ligue 1. Un moment, le Stade a cru défaillir, mais pas les joueurs.

Les beaux réflexes du jeune gardien Sullivan Pean (21 ans), déjà surnommé "Sulli" par tous les fans de Malherbe, ont sauvé le SMC dans la première partie du match. Le jeune portier de 21 ans formé au FC St-Lo puis au Stade Malherbe est toujours sans contrat pro. Il a montré sa solidité sur ses derniers matches, l'avenir devrait lui sourire.
Les beaux réflexes du jeune gardien Sullivan Pean (21 ans), déjà surnommé "Sulli" par tous les fans de Malherbe, ont sauvé le SMC dans la première partie du match. Le jeune portier de 21 ans formé au FC St-Lo puis au Stade Malherbe est toujours sans contrat pro. Il a montré sa solidité sur ses derniers matches, l'avenir devrait lui sourire. © Stéphane Geufroi/Maxppp

Antony Gonçalves qui vient de rentrer après un coaching gagnant de Fabrice Vandeputte, s'écroule dans la surface et c'est pénalty. Un scénario qui a souvent sourit au Stade Malherbe Caen cette saison et qui lui offre maintenant le principal : le maintien en Ligue 2. A la 92ème, l'expérimenté Benjamin Jannot, souvent laissé sur le banc cette saison, délivre d'Ornano : une victoire 2-1 et c'est le maintien direct.

Pff...J'ai pas les mots! C'était dur mais le Stade Malherbe l'a fait. Je vais même pas dire que c'est grâce aux joueurs : c'est tout un club, la ville. Et ça n'a pas été une année facile mais on a reçu beaucoup de soutien ces derniers jours. Je pense que c'est toutes ces ondes positives qui ont fait que Sullivan (le gardien) a été là au bon moment et qu'on a marqué ce but à la dernière seconde

Prince Oniangué, milieu de terrain, premier buteur de la soirée

Dans les gradins, le défenseur Hugo vandermercsh, béquilles à la main une semaine après l'opération de ses croisés, explose de joie :

 

Niort ira disputer les barrages, pas les normands.  Le FC Chambly, descend en National, pas Caen.

A croire que c'est écrit : le Stade Malherbe Caen joue son avenir la dernière journée du championnat, et avec un certain panache, à chaque fois.(Tout le monde se souvient du but de Rony Rodelin au Parc des Princes en 2017.)

La pelouse est envahie par les salariés du club, les joueurs et le staff : le SMC et Clermont fêtent chacun de leur côté leur joie de fin saison.

Dans les vestiaires la fête suivra, c'est logique :

"Ne nous suivez pas si vous êtes cardiaques" ironisera le Community Manager du club sur les réseaux sociaux. C'est sûr, le SM Caen, ça remue.

"L'ère 0 qui démarre" pour Pierre-Antoine Capton

Sur la pelouse, Pierre Antoine Capton, actionnaire et Président du conseil de surveillance a retrouvé le sourire mais reste très sérieux derrière ses lunettes, le grand ménage va commencer pour repartir de zéro dans quelques semaines. Il sait que vient d'être posée la première pierre fondatrice de son projet : il fallait une victoire de ce genre pour tourner la page de 3 années difficiles depuis l'éviction du Président Fortin. Et repartir de zéro, ou presque.

J'ai plein d'aventures professionnelles géniales dans le cinéma ou la télévision mais le foot est quelque chose d'irrationnel. On a fait ce qu'il faut depuis notre arrivée pour que le club ne s'écroule pas. Maintenant c'est l'ère zéro qui démarre.

Pierre-Antoine Capton, Président du Conseil Surveillance SMC, co-actionnaire

Un recrutement normand

Proche du Président qu'il a nommé, Olivier Pickeu, l'actionnaire Pierre-Antoine Capton a tenu à rappeler toute sa confiance dans l'homme : "Olivier va rebatir sur une identité normande et va s'appuyer sur les jeunes du club, avec des joueurs qui ont aussi une identité normande."

Prince Oniangué qui a grandi à Hérouville Saint-Clair pourrait donc rester. Il a d'ailleurs joué ces derniers jours le rôle de cadre qu'on pouvait attendre de lui. On raconte même qu'il a remobilisé l'effectif. Pour ce dernier match, Malherbe comptait 12 jeunes sur 18 joueurs convoqués.

Mais qui sera encore là demain dans cette équipe qui doit repartir pour une saison et qui ne doit en rien ressembler à ce qu'elle a été en 2020/2021? Le mercato va pouvoir commencer dans les jours qui viennent.

Peut-on croire à des retour à la "maison" d'anciens malherbistes partis faire carrière ailleurs ? Beaucoup imaginent un retour de l'international marcocain Youssef El Arabi mais c'est un gros salaire, aujourd'hui.

Il y a un autre candidat à un retour dans son club de coeur : Thibault Moulin, milieu relayeur. Le Flérien a espéré signé l'été dernier en se rapprochant de Caen. Il est depuis parti en Roumanie. Mais, ce samedi encore, il était là, sur les réseaux sociaux, pour soutenir les siens :

D'autres anciens sont toujours là, derrière le club. Notament Fredéric Guilbert, solide défenseur parti en 2019 vivre l'aventure anglaise dont il rêvait, à Aston Villa ( Birmingham) et revenu en prêt cet hiver à Strasbourg. Est-il candidat ? 

Ce pari de faire jouer autant de jeunes joueurs, j'en suis très fier. Je suis fier d'eux. Quel mental! Ce club est adoré alors maintenant, on va continuer notre travail

Olivier Pickeu, Président du Stade Malherbe Caen

Et le coach : il doit être normand ou pas?

La première annonce qui devrait suivre cette semaine et celle que tout le monde attend : la nomination du nouveau coach. Doit-il aussi être normand ? Pierre-Antoine Capton a glissé quelques infos mais pas grand chose : oui, "Olivier Pickeu va pouvoir l'annoncer sereinement dans les jours qui viennent" mais aucune information pour le moment sur son nom. Les joueurs auront une identité normande, affirme Pierre-Antoine Capton, pas un mot au sujet de l'entraîneur à ce propos. 

En effet, tout le monde s'attend à la nomination de Stéphane Moulin qui a vécu une décennie et grande histoire au SCO d'Angers auprès d'Olivier Pickeu. L'homme n'est pas normand mais c'est un proche.

Le Frère d'Olivier Pickeu, Benoît Pickeu, préparateur physique (sur les photos ci-dessous) est déjà annoncé plus ou moins officiellement. Il aurait d'ailleurs déjà posé ses valises à Caen.

Membre éminent du Staff Moulin au SCO, son arrivée accrédite l'hypothèse d'une équipe angevine entièrement recomposée à Caen.


Mais un autre ami du Président a été vu, à Caen, ces dernières semaines: un ancien portier du Stade Malherbe Caen, né dans l'Eure et donc bien porteur de cet étandard normand, Philippe Montanier. 

On sait aussi que le lien indéfectible entre le président et l'entraîneur a été mis au rang des priorités par Olivier Pickeu lui-même, dès son arrivée.

Un argument qu'il a lancé par voie de presse au visage d'un Pascal Dupraz, surpris, dès Noël. Celui-ci a très vite compris le message et on sait quelles conséquences il y a eu sur le club, l'effectif et l'ambiance...

Un plan social dûrement négocié

Dans ce moment de liesse, après le match Caen-Clermont et la délivrance qui a suivi, beaucoup de salariés du club ont rejoint la pelouse. Le propriétaire Pierre-Antoine Caption n'a pas manqué d'avoir un mot pour ceux qui partent. "Ce plan social qu'on a mis en place pour les salariés du club qui doivent partir, c'est terrible. C'est un club qui a beaucoup souffert."

Le SMC ne doit plus vivre au-dessus de ses moyens, et déjà les dépenses ont diminué. La perspective d'une descente en National a permis de remettre les pendules à l'heure : il n'y a plus de gras, des efforts seront-ils fait à tous les niveaux ? 

Certains sont restés en acceptant de baisser leurs salaires, d'autres partent car ce n'était pas envisageable autrement. Vingt personnes seraient touchées dans l'administratif, la communication et la formation après plus d'une décennie passée au club, pour beaucoup. C'était leur dernier match au Stade d'Ornano, pour cette 38ème journée. Eux aussi le garderont en mémoire à jamais. 

 

 

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