A Caen, un film de cinéma projeté dans une église

Les salles de ce cinéma associatif sont desespérément vides "tandis que l'église qui le jouxte est autorisée à rester ouverte". Pour mieux "souligner cette différence de traitement", le Lux organise une projection mercredi 16 décembre dans l'église du Vieux-Saint-Sauveur à Caen. Un acte militant.

Un film de cinéma projeté dans une église à Caen, le 16 décembre 2020
Un film de cinéma projeté dans une église à Caen, le 16 décembre 2020 © France 3 Normandie

Certes, l'église en question est déconsacrée. Elle fait office de salle d'exposition. Mais que le Lux aille aujourd'hui y installer un écran est autant un pied-de-nez qu'une façon de renouer avec ses racines. Ce cinéma art et essai rappelle qu'il est né il y a soixante ans "dans une salle paroissiale conçue et construite par des bénévoles du quartier et des compagnons bâtisseurs sous l’impulsion d’un abbé, curé de Sainte-Thérése, située sur le même trottoir".

Une fausse file d'attente se forme devant le cinéma Lux à Caen le mardi 15 décembre 2020 sous une enseigne qui se rallume : les cinémas veulent sortir de la pénombre dans laquelle la crise sanitaire les a plongés.
Une fausse file d'attente se forme devant le cinéma Lux à Caen le mardi 15 décembre 2020 sous une enseigne qui se rallume : les cinémas veulent sortir de la pénombre dans laquelle la crise sanitaire les a plongés. © Cyril Duponchel / France Télévisions

De nos jours, ce repère de cinéphiles n'entretient plus de lien avec l'église. "Le cinéma et l’association qui le gère s’en sont affranchis, mais conservent d’excellents rapports avec leur voisine". L'équipe du Lux a constaté avec un peu d'envie et beaucoup de tristesse que ladite église avait pu rouvrir ses portes pour y célébrer des cérémonies religeuses, "certes dans une jauge très limitée".

 

Michel-Ange à l'église : une projection unique

Les trois salles du Lux demeurent plongées dans le noir. Aucune image animée ne vient y faire vivre l'obscurité. Le silence est glaçant.

En décidant de ne pas rouvrir les théâtres, cinémas et musées, et en donnant la priorité aux commerces – et aux lieux de culte –, le gouvernement offre la preuve de son dédain pour le secteur culturel qu’il tient artificiellement en vie à coup de perfusions financières et, en fragilisant les pratiques culturelles futures, maintient durablement dans un état végétatif.

L'équipe du cinéma Lux

Si les cinémas avaient pu ouvrir ce 15 décembre comme espéré, le Lux aurait projeté Michel-Ange, "le magnifique film d’Andrey Konchalovsky". C'est ce film qui doit être projeté ce mercredi 16 décembre à 16h30 dans la nef de l'église du Vieux Saint-Sauveur, en plein centre-ville de Caen. Certes, cette projection n'est pas ouverte au public. La jauge est limitée à trente personnes. Elle est "proposée en solidarité avec toutes celles et tous ceux qui font vivre les arts et la culture", l'essentiel étant "que la séance ait lieu".

Et comme de nombreux cinémas dans toute la France, le Lux a rallumé son enseigne ce mardi soir. Quelques fidèles sont venus former une file d'attente devant la porte pour dire le plaisir qu'ils prennent à partager ce moment qui précède le film, et pour exprimer combien ils sont frustrés et inquiets aujourd'hui.

 

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