TEMOIGNAGE. "Maintenant, je laisse tomber notre peur". Après cinq mois à la rue, une famille hébergée dans un squat à Caen

Ce samedi 16 décembre 2023, un nouveau squat a été ouvert à Caen. Situé dans le quartier de la Pierre Heuzé, il accueille une famille originaire du Bélarus, et une autre venant de Syrie.

L'AG de lutte contre toutes les expulsions a officialisé ce samedi 12 décembre l'ouverture d'un nouveau squat à Caen. Il s'agit d'un appartement situé dans un immeuble inoccupé du quartier de la Pierre Heuzé, entre une école maternelle, une halte-garderie et un centre socioculturel. 

L'association de solidarité tenait à régler au plus vite la situation d'urgence d'une famille syrienne de huit personnes, et surtout celle d'une famille biélorusse avec cinq enfants, sans domicile depuis cinq mois. "La famille avait déjà des liens avec les habitants du quartier, qui se sont mobilisés pour les aider lorsqu'ils se sont retrouvés dans la rue", explique une membre de l'AG. Leur expulsion a eu lieu le 24 juillet dernier, au motif qu'ils ne s'étaient pas rendus à un rendez-vous à Rouen, où ils ont également séjourné. 

Le jour à l'école, la nuit dans la rue

La famille a été contrainte de fuir le Bélarus à l'été 2022, puis est rapidement arrivée en France, un choix réfléchi. "Dans notre ville, mes enfants ont étudié le français", explique la maman. "Avec mon mari, nous avons pensé que venir ici était le plus adapté pour eux. Dès notre arrivée, nous avons pris des cours de français. Lors de notre première année, nous avons trouvé beaucoup d'amis". Depuis un an, ils demandent l'asile en qualité de réfugiés politiques. 

Leurs cinq enfants sont tous scolarisés dans des lycées, collèges et écoles de Caen. Depuis la rentrée, s'ils ont un toit pour étudier, ils n'en ont pas pour dormir. C'est dans une tente de fortune qu'ils essayaient, tant bien que mal, de se reposer, au gré des aléas climatiques "Le matin, nous devions se lever rapidement pour démonter la tente, cacher nos affaires durant la journée, mais le plus dur, c'était d'aller aux toilettes, sous la pluie, dans le froid". 

Nous avons la place pour dormir, un endroit pour préparer le repas, un toit, pas de pluie, pas de froid. Et des toilettes, c'est très important. Et puis surtout, on n'a plus peur, parce que quand on dormait dehors, dans une tente, mon mari ne dormait pas du tout. 

Les membres de l'AG de lutte contre toutes les expulsions espèrent que les familles pourront rester dans l'immeuble au mois un an, et lancent un appel aux dons pour équiper les logements. 

Le deuxième squat ouvert cette année à Caen

Jusqu'à ce samedi, le squat le plus récent de l'agglomération caennaise se situait quai Vendeuvre, dans le centre-ville. La quarantaine d'occupants venue de Géorgie, Iran, Congo ou du Maroc y séjourne depuis le 11 juin dernier. Tous sont en attente de régularisation, avec des enfants scolarisés dans des écoles du secteur. Fin septembre, ils ont obtenu de la justice un délai de 11 mois avant une éventuelle expulsion. 

Au total, huit immeubles ou maisons précédemment inoccupés sont à ce jour squattés dans l'agglomération caennaise. 

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