Influenza aviaire : que faire des oiseaux morts qui jonchent les plages ?

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Ils sont nombreux sur les plages et les rues. Environ 700 cadavres de goélands et d’oiseaux marins ont été repérés sur des communes littorales depuis le mois de juin dans le Calvados, la Manche et la Seine-Maritime. Un tiers environ serait mort de l’influenza aviaire. Ces corps sans vie demandent, risque de contagion oblige, une attention toute spécifique.

Ces derniers temps, il arpente les plages du Calvados avec une mission : repérer les cadavres de volatiles. L’influenza aviaire a refait son apparition dans les colonies d’oiseaux marins depuis fin juin. Alors James Jean-Baptiste, du groupe ornithologique normand (GONm), fait ses comptes : « des oiseaux sauvages qui meurent, c’est 1% des effectifs. Là, on en arrive à 10%, c’est une proportion très importante et anormale, notamment pour un oiseau très résistant aux maladies comme le goéland argenté. S’il meurt c’est qu’il se passe quelque chose. » 

« On a relevé 214 cadavres d’oiseaux à Blainville sur Orne à Renault Trucks où se trouve une colonie de goélands. Au Mesnil Val, près du Tréport en Seine Maritime, ce sont 253 cadavres qui ont été comptés. Il faut ajouter à cela les volatiles de la Manche.» Si les chiffres montent rapidement, il note aussi que lors de sa dernière inspection, « peu de cadavres frais ont été relevés».

Eviter tout contact direct avec les oiseaux sans vie

Une fois le comptage effectué, sa mission d’alerte s’arrête là. James Jean-Baptiste ne doit en aucun cas toucher les oiseaux morts. C’est aussi la consigne que la préfecture du Calvados donne aux habitants et aux touristes. Tout contact avec un oiseau mort doit être évité. James Jean-Baptiste de préciser qu’« on n’a pas de danger de contamination directe actuellement, mais plus on va entrer en contact avec le virus, plus ce virus va vouloir muter. Pour le moment il s’attaque aux oiseaux, il ne faudrait pas qu’il s’intéresse aux mammifères ». Les services sanitaires redoutent en effet que l’influenza aviaire ne contamine les hommes. Pour le moment le souci est de limiter l’extension du virus extrêmement contagieux et hautement pathogène pour les cormorans, les goélands et les fous de Bassan. 

 

Une fois les cadavres d’oiseaux repérés, c’est un autre organisme qui prend la suite. L’Office Français de la Biodiversité envoie sur le terrain ses agents chargés de prélever quelques cadavres lorsqu’il s’agit de faune sauvage.

Parmi les volatiles sans vie recensés, tous ne sont pas morts du virus. Baptiste Boyer, de l’OFB, note que « sur les 500 cadavres retrouvés dans le département du Calvados, 60 ont été récupérés pour analyse, et un tiers de ces cas se sont révélés positifs à l’influenza aviaire ».

Le ramassage matinal qu’il opère à Luc-sur-Mer se révèle plutôt maigre, Baptiste Boyer n’a prélevé qu’un seul oiseau. Il est chargé de l’amener dans un laboratoire, Labéo, situé à Saint-Contest dans le Calvados. Si l’oiseau est porteur du virus, le cadavre sera envoyé en Bretagne dans un autre laboratoire, l’Anses, laboratoire référent pour l’influenza aviaire. L’Anses peut déterminer la dangerosité du virus.

Tous les oiseaux ne sont donc pas collectés pour être analysés. Les individus qui restent au sol ou sur les toitures peuvent être ramassés par les services municipaux lorsque la commune ne se trouve pas dans une zone (ZCT) établie par la préfecture. Les zones de contrôle temporaire imposent notamment la mise à l’abri des volailles en bâtiment ou sous filet, ou interdit le mouvement de volailles vivantes et d’oiseaux captifs.

La DDPP (direction départementale de la protection de la population) souligne que dans ces zones où le virus est hautement pathogène, seule une société d’équarrissage a le droit d’intervenir – en l’occurrence Atemax. Des précautions sont prises pour enlever les cadavres d’oiseaux : gants, masque, cote et sur-chaussures sont obligatoires afin d’éviter toute circulation du virus. Une fois collectés, les corps sans vie des oiseaux sauvages vont être brûlés. Des opérations de désinfection du matériel sont menées en sus, afin d'éviter toute propagation virale. 

Le virus est très contagieux

Baptiste Boyer met en garde : " le virus de l'influenza se transmet par les fientes; en marchant sur la plage, on peut avoir des traces de virus sur nos chaussures et en rentrant chez soi, si on a un poulailler ou si on a des oiseaux, ça peut être dangereux."  La direction départementale de la protection de la population insiste aussi sur le fait que chacun doit rester vigilant et ne surtout pas toucher les corps des volatiles morts. Si vous en trouvez, vous pouvez appeler l'office français de la biodiversité de votre département, ou la direction départementale de la protection de la population. 

Calvados                  OFB 02 31 61 98 53    DDPP14 : 02 31 24 98 60

Manche                    OFB 02 33 07 40 32    DDPP50 : 02 33 72 60 70

Seine-Maritime        OFB 02 35 32 07 10    DDPP76 : 02 32 81 88 60