VIDEO. "Mon père était policier pendant la guerre. Quand il est décédé, j'ai trouvé ça..." : des centaines d'armes déposées dans les casernes de gendarmerie

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Écrit par Boris Letondeur .

Jusqu'au vendredi 2 décembre, l'Etat organise une opération nationale d’abandon simplifié d’armes et de munitions, sans risque de poursuites judiciaires. Les particuliers, détenteurs non déclarés d’armes trouvées ou héritées, sont invités à se rendre dans les 12 "armodromes" ouverts spécialement en Normandie.

"Mon père était policier pendant la guerre. Quand il est décédé, j'ai trouvé ça dans ses affaires, indique Monique, habitante de Cormelles-le-Royal qui tient dans ses bras une boîte à chaussure rose à fleurs. Il a dû garder son arme, je ne sais pas si c'était très légal à l'époque,  À l'intérieur de ce paquet, des munitions et un revolver sur lequel est gravé "police municipale de Toulouse. "Je n'étais pas dans les clous parce qu'il fallait le déclarer moins de trois mois après l'avoir récupéré. Quand j'ai entendu que l'on pouvait venir déposer tout ça rapidement, je me suis dit que c'était le moment"

"Je pense que le fait d'avoir proposé cette simplicité dans l'abandon de l'arme a rassuré pas mal les gens qui pouvaient en détenir de façon illégale depuis pas mal de temps, constate en effet le lieutenant-colonel Laurent Marais, de la Gendarmerie de Caen. Car il faut bien préciser que malgré l'illégalité de la possession d'arme, aucune poursuite n'est encourue par ceux qui en déposeront une ou plusieurs. Mais seulement cette semaine. 

Je n'aime pas les armes donc je ne vois pas pourquoi garder ça.

Jean , propriétaire d'un fusil

"Je n'aime pas les armes donc je ne vois pas pourquoi garder ça. Ce n'est pas un souvenir intéressant pour moi, autant m'en débarrasser" explique Jean, qui a hérité d'un fusil il y a de nombreuses années. Ce 22 long rifle sera bientôt détruit. "Le 12 décembre, toutes les armes collectées seront fondues, à moins qu'elles ne représentent un intérêt historique ou balistique", précise le lieutenant-colonel Marais.

En Normandie comme quasiment partout en France, la collecte récolte un franc succès. Rien que dans le Calvados, plus de 250 armes ont été abandonnées en l'espace de quatre jours seulement. Ce lundi matin, une vingtaine de personnes attendaient devant la caserne de gendarmerie Le Flem, à Caen.

Le "vélodog", l'arme des facteurs

De fait, de nombreuses pépites se cachaient dans les greniers normands. Des vieux revolvers du début du 20ème siècle, des "vélodog", ces pistolets miniatures qui servaient aux cyclistes et facteurs pour se débarrasser des chiens mordeurs de mollets, des MAB modèle D d'après-guerre, ou encore une Kalachnikov AK47, fabriquée en calibre 22 long rifle pour le tir sportif. 

 5 millions d'armes non déclarées en France

Cette grande campagne d'abandon et de régularisation d'armes dans tout le pays du 25 novembre au 2 décembre se fait via une procédure simplifiée. "On offre la possibilité à ceux qui le désirent, de déposer leurs armes, avec un formulaire très simple, indique Julien Decré, sous préfet du Calvados. Nom, prénom, date de naissance, carte d'identité. Idem pour ceux qui voudraient déclarer une arme pour la conserver". 

Cette opération inédite a pour objectif d'inciter les propriétaires à se débarrasser de divers types d'objets potentiellement dangereux, non seulement les armes à feu mais aussi les bombes aérosol, armes à blanc, grenailles, munitions, armes blanches, sabres, couteaux, poignards. Seuls les engins de guerre, grenades, obus et poudres explosives sont exclus du dispositif. 

Cette démarche simplifiée est destinée aussi à  inscrire le maximum de Français au SIA, le système d'information sur les armes, nouvelle base de données nationale, par ailleurs ouverte aux chasseurs depuis le 8 février dernier. Les services de l’Etat comptabilisent actuellement 5 millions de particuliers, détenteurs légaux, mais estiment qu'il y aurait presque autant de détenteurs non déclarés, et que plus de 2 millions d'armes inutilisées "dormiraient" dans nos greniers. 

Les Normands souhaitant se séparer ou déclarer des armes ont donc jusqu'au vendredi 2 décembre, de 9 h à 17 h. Ils peuvent les déposer dans l'un des douze armodromes recensés dans la région. Pour davantage de renseignements ou pour une prise de rendez-vous, la Gendarmerie est joignable au 02 31 30 66 79.

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