Cancer du sein: les sages-femmes se sentent “oubliées” par les nouvelles mesures de prévention

© France 3 Normandie
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Afin de donner un "nouvel élan" au dépistage du cancer du sein, responsable de près de 12 000 décès par an en France, la ministre de la santé a dévoilé une douzaine de nouvelles mesures, au 1er janvier 2018. Les sages-femmes s'indignent de voir leurs compétences "oubliées" dans ce plan.

Par DM avec l'AFP

Des organisations de sages-femmes et d'étudiants se sont indignées vendredi de voir leurs compétences "oubliées" dans le plan de rénovation du dépistage du cancer du sein, annoncé la veille par la ministre de la Santé Marisol Touraine, et ont réclamé une "rectification" immédiate. 

Parmi les mesures annoncées par la ministre de la santé : la création d'une consultation pour les femmes de 25 ans. Cette consultation, prise en charge à 100% par l'Assurance maladie, sera "dédiée à la prévention de tous les cancers" (en particulier du sein et du col de l'utérus) et à l'information "sur les modalités de dépistage ou de suivi, selon les antécédents et les facteurs de risque de chacune" a annoncé Marisol Touraine. 
Abordant aussi "les facteurs de risques comportementaux (tabac et alcool, habitudes alimentaires, activité physique, etc.), la contraception ou les infections sexuellement transmissibles", elle sera réalisée chez le médecin traitant ou le gynécologue.

Un "hic de taille" pour l'Organisation nationale syndicale des sages-femmes (ONSSF), leur Conseil national et les associations de sages-femmes coordinatrices (ANSFC) et d'étudiants (Anesf), qui s'étonnent dans un communiqué de voir la mesure réservée aux seuls médecins. 
Depuis 2009, les sages-femmes peuvent assurer le suivi gynécologique des femmes (frottis, examen de seins, pose de stérilet, etc.), à condition de les rediriger vers des médecins en cas de pathologie.
Le dépistage des cancers féminins fait ainsi "partie intégrante" de la pratique des 23.000 sages-femmes de France, assurent les signataires du communiqué, déplorant un "oubli" ou un "mépris" du ministère.
L'année dernière, Marisol Touraine avait "pourtant" lancé une campagne de communication pour mettre en lumière ces compétences, soulignent les organisations, qui réclament "une rectification" immédiate du plan "incluant" leur profession.
Contacté par l'AFP, le ministère de la Santé a précisé que ce nouveau programme de dépistage s'appuyait "sur les recommandations remises par l'Institut national du cancer (INCa) à Marisol Touraine en octobre 2016".
La consultation proposée aux femmes de 25 ans pourra conduire, dans certains cas, à la prescription d'une "mammographie de contrôle, d'une échographie, d'une biopsie ou de tests génétiques", a-t-il expliqué. Or les sages-femmes ne peuvent prescrire que les examens strictement nécessaires à l'exercice de leur profession, certains
médicaments et dispositifs médicaux et des arrêts de travail dans certaines conditions, a-t-il noté. 

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