Circulation des trains très perturbée en Normandie

© France 3 Normandie
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La  direction et les syndicats n'ont pas trouvé de compromis pouvant inciter les conducteurs et contrôleurs à lever leur droit de retrait, exercé après un accident qui a fait plusieurs blessés mercredi. Les syndicats dénoncent le risque des trains qui circulent sans contrôleur.

Par Sylvie Callier


 Ne pas prendre le train, c'est la recommandation de la SNCF pour ce samedi de départs en vacances de la Toussaint. En Normandie, 60% des trains circulaient à 16 heures indique le service d'astreinte de la SNCF en Normandie. Le chiffrea augmenté depuis ce matin.
 

 Pour s'informer en direct du trafic, les voyageurs peuvent consulter l'application gratuite de la SNCF et le fil twitter TER-Normandie et celui d'usagers normands

 

Tous les trains low-cost Ouigo ont été annulés pour cette journée et la direction assure que les usagers des Ouigoseront "automatiquement remboursés d'ici le mercredi 23 octobre".

 Des agents de conduite et contrôleurs ont fait valoir leur droit de retrait dès jeudi et plus encore vendredi matin, à la prise de service. Le conducteur, blessé et choqué, "a dû porter secours aux passagers car c'était le seul agent SNCF à bord!", a déploré dans un communiqué SUD-Rail.

    Cet arrêt de travail fait suite à un accident survenu mercredi soir: un TER reliant Charleville-Mézières à Reims a percuté un convoi routier exceptionnel coincé sur
un passage à niveau à Saint-Pierre-sur-Vence (Ardennes). La préfecture des Ardennes indique qu'il y a eu "onze blessés", dont certains ont été hospitalisés.

 
A la gare Saint-Lazare et dans les gares normandes, des voyageurs perplexes


 A la gare Saint-Lazare, Mélissa, jeune Parisienne rencontrée par l'AFP, qui avait prévu d'aller voir sa famille au Havre, regardait perplexe les tableaux d'affichage : "tous mes trains ont été supprimés, je ne sais pas quoi faire, je suis un peu perdue. Les agents m'ont conseillé d'attendre et écouter les annonces".

    Un agent invitait au micro "les voyageurs à reporter leur voyage". Une de ses collègues en gilet rouge répétait le même message aux voyageurs: "pour l'instant
il n'y a aucun train pour Deauville et Trouville. On nous dit si un train part juste avant le départ. Sur toutes les lignes ce sera comme ça toute la journée
". Des perturbations étaient aussi annoncées sur les lignes Transilien L et J.


    Pour les TGV, la SNCF avait annoncé dans la nuit que les trains seraient légèrement affectés dans la région Sud-Est (Lyon, Marseille, Nice, Montpellier) et Atlantique-Ouest
(Rennes, Nantes, Bordeaux), avec 9 trains sur 10, mais prévoyait un trafic normal dans le Nord et l'Est.


Cinq heures de réunion entre syndicats et direction


Après cinq heures de discussions, les deux parties se sont séparées sans accord et devraient se voir dans le "courant de la semaine
prochaine"
, a indiqué la direction à l'AFP.


    Lors de la réunion, la direction a fait trois propositions: renforcer le dispositif d'alerte et de sécurité des trains et "passer au crible l'ensemble des mesures de sécurité à appliquer par le conducteur en cas d'accident", "répartir dans le temps les nouvelles procédures de départ des trains qui devaient être appliquées le 15 décembre" et "accélérer très fort le recrutement en 2019, en particulier contribuant à la sécurité des biens et des personnes".

    "Ces propositions n'ont pas été saisies par les organisations syndicales", a souligné la direction, à l'issue de la réunion.


    SUD-Rail, ainsi que la CGT-Cheminots, FO-Cheminots et la Fgaac-CFDT, contestent le mode d'exploitation "équipement agent seul" qui permet de faire circuler des
trains sans contrôleur, évoquant des risques de sécurité pour les voyageurs, alors que selon la direction "il existe depuis des dizaines d'années".

  

Céline Azorin, illustratrice jeunesse

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