Commémorations. Et si le 6 juin devenait férié en Normandie ?

Publié le Mis à jour le
Écrit par Boris Letondeur .

En Normandie, le 6 juin est un jour particulier depuis 78 ans. Depuis le Débarquement allié de 1944, il n'existe pas une année sans commémorations, sans pensées, ni hommages aux milliers d'hommes et femmes ayant péri pour la Libération de la France. Si bien qu'on en vient à se demander si cette journée si spéciale ne devrait pas tout bonnement devenir fériée dans la région.

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Le 6 juin, jour férié, c'est pour cette année ! Bon, il s'agit en fait, d'une simple coïncidence du calendrier. En 2022, le lundi de Pentecôte tombe le 6 juin. Ce n'est donc pas un jour chômé en raison du Débarquement, mais parce qu'il arrive pile 50 jours après Pâques. 

Et pourtant, à y regarder de plus près, cette journée si particulière en Normandie, si importante pour l'Histoire de France, pourrait légitimement prétendre à devenir fériée. Cette réflexion, bon nombre de Normands se la sont déjà faite. Bruno Tremblay, lui, l'a même soumise à pétition. 

Un jour férié pour pouvoir assister aux cérémonies

En 2018, ce Calvadosien du pays de Falaise lance sa proposition sur MesOpinions.com. Adressée au Président de la République Emmanuel Macron, à son Premier ministre Edouard Philippe et à la Ministre du Travail Muriel Pénicaud, elle met en avant le devoir de mémoire et la transmission comme motifs fondamentaux. 

Pour le devoir de mémoire que nous devons avoir envers ceux qui ont combattus pour notre liberté, pour que les générations futures puissent commémorer cette journée qui fut un tournant décisif dans la victoire des alliés face aux nazis il est important que cette journée soit fériée et chômée afin que chacun puisse leur rendre hommage comme il ce doit.

Bruno Tremblay, auteur de la pétition pour un 6 juin férié

Quatre ans plus tard, la pétition récolte a récolté 720 signatures, et quelques 200 commentaires. La plupart d'entre eux sont évidemment favorables au projet. Natacha se plaint de ne pouvoir "participer à ces évènements qu'à travers la télévision". David et Cheron pointent également cette "impossibilité de se rendre aux cérémonies lorsqu'elles ont lieu en semaine". D'autres signataires comme Frédéric agitent le drapeau de la laïcité, estimant la "fériérisation" du 6 juin "plus légitime que Pâques ou le 15 août". Un anonyme abonde en son sens en regrettant qu'un "grand nombre de jours saints soient fériérisés au détriment d'autres dates clés de notre Histoire".

Ce dernier évoque un autre motif à l'établissement d'un jour férié le 6 juin en Normandie : les conséquences des cérémonies pour les locaux. "Le 6 Juin perturbe tellement l'organisation pro et perso dans notre région qu'il ne peut être considéré comme un jour banal dans le calendrier" justifie-t-il.

"Pas une question centrale"

Devant la litanie d'arguments avancés, Bruno Tremblay pensait que sa proposition "prendrait plus d'ampleur", mais elle n'a, au final, pas trouvé l'écho espéré. Dommage juge-t-il, "surtout dans le contexte actuel de retour de la guerre en Europe, le message de paix, le devoir de mémoire est essentiel"

Sur ce dernier point, la transmission aux générations futures, il est rejoint par Jean Quétier, président du Comité du Débarquement, qui organise chaque année les commémorations du DDay. Pour autant, l'ancien maire de Sainte-Maire-Eglise (50) n'est pas plus emballé que ça à l'instauration d'une journée banalisée le 6 juin : "Pourquoi pas, mais ce n'est pas une question centrale", d'autant plus que la disposition qui pourrait même complexifier certaines cérémonies. 

Cette année, nous organisons la cérémonie des enfants le vendredi 3 juin. C'est plus simple que ça ait lieu sur un temps d'école. Si on l'avait fait le samedi, le dimanche ou le lundi férié, il aurait fallu courir après les autorisations des parents, le ramassage des enfants. 

Jean Quétier, président du Comité du Débarquement

Dans la liste de commentaires suscités par la pétition, certains normands pointent aussi le fait que certaines régions bénéficient de davantage de jours fériés que les 11 instaurés dans le calendrier national. En effet, la Moselle et l'Alsace comptent deux journées chômées supplémentaires, le vendredi Saint, deux jours avant Pâques, et le 26 décembre. Les territoires d'outre-mer peuvent commémorer l'abolition de l'esclavage grâce à un jour dédié, et chômé. Wallis et Futuna et la Polynésie Française ont, quant à eux, trois jours fériés supplémentaires chaque année. 

Petit guide des jours fériés en France

Chaque année, le calendrier établit une liste de 11 jours fériés. Ces journées particulières se répartissent entre fêtes religieuses (6) et célébrations civiles (5). Parmi ces dernières, le 1er janvier est férié depuis 1810. Instauré en 1880, le 14 juillet est notre jour de Fête National, célébrant la prise de la Bastille en 1789 et la création de la Fédération un an plus tard. Le 1er mai, fête du Travail, tire son origine d'une mobilisation de travailleurs américains pour obtenir la journée de huit heures en 1884. Il devient chômé en 1948.  Le 11 novembre symbolise l'Armistice et la fin de la Guerre 14-18, il est célébré par un jour férié depuis 1922. Enfin, le 8 mai est une référence à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Pour la première fois férié en 1953, il est supprimé en 1959 par le Général de Gaulle dans une optique de réconciliation avec l'Allemagne, puis rétabli en 1981 par François Mitterrand. 

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