Le contrôle d'identité des migrants renforcé dans les villes portuaires : pour faire quoi ?

Entre les deux réveillons de décembre 2018, le ministère de l'Intérieur a publié un décret permettant aux gendarmes, douaniers et policiers des zones portuaires "frontalières" d'exercer des contrôles d'identité inopinés. Cette mesure vise à encadrer la circulation des migrants. 

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Photo d'illustration © Maxppp
Peu de monde savait que cet arrêté était en préparation. Aux commandes, en coulisse,  depuis des mois, Christophe Blanchet, le député LREM du Calvados. Il avait promis à Ouistreham, aux forces de l'ordre (avec qui il a passé 24 heures en novembre 2017) et aux autorités, d'aider à faire avancer certains blocages.
Pour lui cet arrêté est un premier levier. 
Il va permettre dans des périmètres définis aux policiers, douaniers et gendarmes d'exercer des contrôles d'identité sur les personnes de leur choix sans avoir à se justifier. 

Les ports frontaliers de la Manche : de Cherbourg, à Ouistreham et jusqu'à Dieppe


L'arrêté  du 28 décembre, applicable depuis sa publication au journal officiel le 30/12/2018 est valable dans un rayon de 5 kilomètres, à compter des limites de leurs emprises respectives pour les ports de Caen-Ouistreham, Cherbourg, Dieppe et Le Havre. 

Satisfait d’avoir obtenu Place_Beauvau⁩ cet arrêté. Les forces de l’ordre peuvent contrôler l’identité aux abords des ports ⁦d'Ouistreham⁩. Début de solution en attendant l’application de la Loi Asile Immigration intégration,  déclare sur Twitter Christophe blanchet, le député la REM de la 4ème circonscription du Calvados.


Sur Twitter, le député Blanchet s'est montré le relais de cette info passée inaperçue au niveau national : 
 

 

Contrôler quels papiers quand les personnes sont "Sans-Papiers" ?


C'est la première évidence qui vient à l'esprit : si ces contrôles sont voués à intervenir auprès des migrants en déambulation dans les zones portuaires, que vat-on contrôler ? En effet,  ces jeunes sont migrants et en situation non régularisée, donc sans papier.

"C'est avant tout pour avoir le droit de leur demander leurs papiers et des les conduire vers des centres d'hébergements. Jusque là nos forces de l'ordre ne pouvaientt que rester des heures non loin d'eux, à les observer sans pouvoir intervenir", explique le député Christophe Blanchet. "Il faut absolument pouvoir distinguer les mineurs et les extraire du joug de leurs passeurs. quand la loi sera entièrement passée, les forces de l'ordre pourront les emmener pour faire des relevés d'empreintes et des photos. Ils seront alors fichés et non plus en errances, dans l'anonymat."

Pour quels résultats ?


Effectivement, ce contrôle de papiers d'identité n'était pas possible avant la publication de ce  décret. Il fallait que les forces de l'ordre constatent d'abord une incivilité pour engager ces vérifications. Le contrôle des papiers est très réglementé en France, pour toute personne. Désormais, il sera donc possible dans ces zones portuaires "frontalières". Pas en dehors, du périmètre autorisé. 
 

A Ouistreham, l'association CAMO (le Collectif citoyen d'Aide aux Migrants de Ouistreham) reste sceptique devant cet arrêté. "J'ai peur qu'il serve de prétexte pour éloigner les jeunes migrants à tout prix. Si c'est un mineur, il est conduit au nord de Caen mais si c'est un majeur il part en centre de rétention à Rennes ou à Oissel. Un éloignement qui peut-être définitif", explique Miguel Martinez du Camo.

"Je suis d'accord sur l'objectif: aider les mineurs à choisir leur destin. Mais c'est tous les jours qu'il faut être présent sur le terrain pour obtenir leur confiance et les faire parler. Pas une fois de temps en temps, débarquer à Ouistreham et les embarquer ailleurs . "
 
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