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Courbis, un “pompier de service“ au Stade Malherbe Caen : ”la moitié des joueurs ne sont pas à leur niveau”

© Guillaume Le Gouic / France 3 Normandie
© Guillaume Le Gouic / France 3 Normandie

Rolland Courbis a accepté d'épauler l'entraîneur Fabien Mercadal en apportant son expérience : "je ne viens pas pour faire l'intéressant, je viens pour aider Caen". Mais compte-tenu de l'état des troupes et du calendrier, il ne cache pas que l'objectif du maintien sera difficile à atteindre.

Par Pierre-Marie Puaud

Il s'attendait bien sûr à cette question. Rolland Courbis n'a pas seulement foulé toutes les pelouses de France depuis les années 1970 comme joueur, puis comme entraîneur. Il est aussi un homme de médias. Sa faconde, sa bonhommie et sa truculence ravissent ses fidèles qui l'écoutent avec gourmandise. Il sait bien que le petit monde du foot raffole des petites et des grandes histoires qui ont jalonné sa longue carrière. C'était inévitable, un journaliste a donc fini par lui demander s'il venait avec l'intention de pousser Fabien Mercadal vers la sortie. Rolland Courbis s'est délecté.

Un petit silence. Calmement. "Vous me dites, et je ne vous en veux pas, que ma spécialité n'est plus d'être pompier de service, mais de mettre un coup de couteau dans le dos de l'entraîneur en place en lui expliquant que je viens pour l'aider alors qu'en vérité j'arrive pour l'assassiner. C'est une question comme une autre". Sourire matois. "Ceux qui pensent ça ont la possibilité de miser. Moi j'accepte le jeu. Dès qu'il y aura changement et que j'aurai sorti mon couteau, ils auront gagné. C'est un jeu. Il y a beaucoup de jeux en ce moment. En repondant à votre question, on vient d'en inventer un". Du Courbis dans le texte.
 


Petit rappel historique : en janvier 2016, coach Courbis arrive au Stade Rennais alors en fâcheuse posture, pour "aider" le club. Quelques jours plus tard, Philippe Montanier quitte ses fonctions d'entraîneur, laissant le banc libre à "Courbix". "La différence, c'est que Montanier n'a jamais accepoté que je puisse venir l'aider. Alors que Fabien est ravi. J'ai fixé une seule condition pour venir : que je ne prenne pas la place de Mercadal".
 
 

Un classement alarmant, un calendrier coton : "il n'y a pas de temps à perdre".


Premier constat de Rolland Courbis : l'équipe est bien mal en point. "S'il n'y a que quatre ou cinq joueurs qui joue à leur niveau dans un match de basket, ce n'est pas trop grave. Au hand, ça passe encore. Mais au foot, il y a onze joueurs sur le terrain. Si vous faites les matches à cinq ou six joueurs, c'est déjà bien d'être dix-neuvième. Vous pourriez être le vingtième". En résumé : "la moitié des joueurs ne sont pas à leur niveau". Mais Rolland Courbis arrive avec "quelques trucs".
 


Rolland Courbis laisse entendre que la situation n'appelle pas un optimisme démesuré. Le maintien se jouera probablement dans les dernières journées. Peut-être en barrages. Mais le Stade Malherbe devrait être assez rapidement fixé. Il suffit de jeter un oeil au calendrier pour le comprendre : "On va à Toulouse. Difficile. Puis à Lyon en coupe de France. On reçoit le PSG qui vient de gagner 5-1 contre une bonne équipe de Montpellier. On joue Rennes qui vient de se qualifier en coupe d'Europe et Saint-Etienne qui fait une belle saison. Coupure internationale. Ensuite on se déplace deux fois, à Nîmes et à Monaco. Où en sera-t-on au soir de Monaco ?"
 

Mercadal : "nous allons mélanger nos deux cerveaux".

Au bord du terrain, sous un soleil printanier qui redonnerait le sourire au plus déprimé des footballeurs, Rolland Courbis et Fabien Mercadal affichent leur complicité. C'est Fabien qui dirige. Mais Courbis n'hésite pas à glisser un mot à l'oreille de Mercadal qui parfois laisse Rolland prendre les rênes de la séance pour ajuster les coups de pied arrêtés. Comme si tout était normal. "Il amène sa fraîcheur. Il a pris moins de coups que nous. On va essayer de mélanger nos cerveaux."
 

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