DOCUMENTAIRE. "Les roses de ma mère", un film sur les liens familiaux retissés entre la France et l'Ukraine

Dina est née d'un père russe et d'une mère ukrainienne. "Les roses de ma mère" nous raconte son enfance avec son père en Russie, son arrivée en France et les liens qu'elle retisse avec sa mère retrouvée. Un documentaire sur la quête de personnalité et la place de la famille, à ne pas manquer.

Les roses de ma mère, un documentaire réalisé par Dina Khan.
Les roses de ma mère, un documentaire réalisé par Dina Khan. © Agathe Berman Studio

C'est le portrait d'une famille. Ou plutôt d'une jeune femme et de ses liens familiaux, brisés et retissés. Dina est née d'un père russe et d'une mère Ukrainienne. Elle passe le début de sa vie en Ukraine. "On s'occupe bien de moi et je suis plutôt joyeuse" raconte-t-elle. Mais son père et sa mère ne s'entendent pas.

Après 7 ans de vie commune, mes parents se séparent et mon père obtient ma garde exclusive. On quitte tous les deux l'Ukraine pour s'installer 1.800 km plus loin en Russie. Il ne me reste qu'une photo de ma mère que je garde précieusement.

Dina Khan, réalisatrice du documentaire "Les roses de ma mère"

L'absence en filigrane

Pendant 18 ans elle s'adresse à l'absente à travers des écrits, des dessins, des vidéos... Comment renouer les liens distandus ? Comment exprimer ce qui n'a pas été dit ? C'est tout cela qu'on découvre en regardant -et en respirant- "les roses de ma mère". Car dans ce documentaire on va vivre le tourment de cette période sans mère. Cette quête de repères, cette construction individuelle jusqu'au retrouvailles.

Mais avant ces retrouvailles, Dina se dévoile, "souvent seule". Elle lit, écoute de la musique et apprend à faire face à ce manque. "Pendant un temps, le mirroir remplace ton regard. Je passe des heures à étudier mon visage : le nez, la bouche, les sourcils et les cils... Qui est-ce ? Est-ce que je ressemble plus à toi ou à mon père ?". L'adolescente d'alors se sent "brisée, comme si un morceau de moi avait été arraché brutalement". On l'entend évoquer cette période : "Sans nouvelle de ta part et au bout de 5 ans d'attente, je commence à penser que tu ne viendras pas. Je perds l'espoir de te revoir. Pour moi je n'ai plus de mère, elle m'a abandonnée."

Dina Khan raconte son enfance en Russie, son arrivée en France et ses retrouvailles avec sa mère perdue dans "les roses de ma mère".
Dina Khan raconte son enfance en Russie, son arrivée en France et ses retrouvailles avec sa mère perdue dans "les roses de ma mère". © Agathe Berman Studio

Un personnalité racontée en toute intimité

Dina tient son "livre des tourments", un cahier intime "imprégné de son chagrin". Puis avec une caméra amateur, elle filme son quotidien en Russie. Comme le témoignage de l'origine d'une personnalité qui se forge, ce film est une réflexion sur la vie.

Infini, où sont tes limites ? Jusqu'où tes tourments te gouvernent ? Mon âme explose de larmes.

Le temps passe, les années passent pour la jeune Dina qui se cherche. "Je grandis. Je change de rêves. Je veux trouver qui je suis. Trouver ma place dans ce monde".

Je sais que je suis le mélange de deux élements, comme tout le monde d'ailleurs. Mais je crois que chez moi ils s'expriment plus fortement. Pour moi, l'extérieur est le reflet de l'intérieur, d'un monde intérieur, d'un état intérieur. 

Dina apprend à faire face au manque en dessinant, en rêvant, en photographiant.
Dina apprend à faire face au manque en dessinant, en rêvant, en photographiant. © Agathe Berman Studio

Dina a 18 ans maintenant. Elle veut savoir d'où elle vient et ou elle va. "Qu'est ce que je vais obtenir de cette vie. Qu'est-ce que je vais en faire ? Je cherche jusqu'à ce que je trouve une image qui me représente pleinement. Comme ma mère je disparaît sans laisser de traces. Le silence ne m'offre pas de réponse. Il me montre seulement ce qu'il y a autour : la souffrance. C'est un mélange du vide, rempli de la perte". 

En 2008, elle part s'installer en France. "Ici, après 14 ans de séparation, le visage de ma mère apparaît de nouveau. Il est devenu une abstraction, un mélange de jaune, rose et gris." Mais les couleurs ne lui suffisent pas. Et Dina cherche... jusqu'à recevoir une réponse d'Ukraine après avoir contacter ses frères : c'est sa mère. 

Après leurs retrouvailles, Dina tente de réinventer les liens brisés avec sa mère.
Après leurs retrouvailles, Dina tente de réinventer les liens brisés avec sa mère. © Agathe Berman Studio

Les roses de ma mère, à voir sur France 3 Normandie

Diffusion lundi 26 avril à 22h55 sur France 3 Normandie et à retrouver en VOD ici le lendemain de la diffusion.

Dina Khan est une réalisatrice franco-russe née en Ukraine en 1986.

Le pitch : Pendant 18 ans, Dina Khan n'a eu aucune nouvelle de sa mère. Dina vit en Russie avec son père tandis que sa mère vit en Ukraine. Les deux femmes sont séparées par 2 000 kilomètres de silence. Pendant tout ce temps, Dina apprend à faire face au manque en dessinant, en rêvant, en photographiant. 

Comment exprimer tout ce qui n'a pas été dit durant toutes ces années ?

Après leurs retrouvailles, Dina tente de réinventer les liens brisés, en Ukraine auprès de sa mère, et loin d'elle en France grâce au cinéma, à la peinture et à la beauté des fleurs.

Réalisation :  Dina Khan

Production : Agathe Berman Studio, avec la participation de France Télévisions et le soutien de la région Normandie

Durée : 52’

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