Le sport normand toujours plus engagé dans la lutte contre les violences sexuelles et sexistes

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Écrit par Clé Arouche

226 structures sportives normandes ont à ce jour signé le manifeste d'engagement de lutte contre les violences sexuelles et sexistes. 226 sur 7 500 clubs dans la région toutes disciplines confondues. Un pas en avant mais le chemin est encore long.

" Il y a eu pendant trop longtemps une omerta dans certaines fédérations sportives" martèle inlassablement Nicolas Marais, le président du Comité Régional Olympique et Sportif de Normandie. "Je souhaite qu'il y ait une prise de conscience collective, une vraie sensibilisation de nos dirigeants mais aussi de nos jeunes".

Un manifeste d'engagement 

Ce lundi 9 mai, le CROS de Normandie organise une journée régionale pour prévenir et agir contre les violences sexuelles et sexistes dans le sport

Cette journée est une étape supplémentaire dans la politique régionale de lutte contre ces violences engagée en Normandie depuis un an. Ce travail est mené entre l'Etat et les instances sportives du territoire.

Premier temps fort : en avril 2021, un manifeste d'engagement a été rédigé et signé par l'ensemble des comités régionaux et départementaux olympique et sportif de la région. Une démarche que chaque club, chaque ligue, chaque fédération sportive de Normandie est désormais invité à suivre.

Et les résultats arrivent progressivement. "226 structures sportives ont signé ce manifeste. 226 sur environ 7 500 clubs toutes disciplines confondues" a annoncé Nicolas Marais, lors d'une conférence de presse ce lundi 9 mai.

Ce texte prévoit notamment de désigner une personne chargée de ce sujet dans chaque club, chaque ligue ou chaque fédération signataire, de suivre des temps d'information et de sensibilisation sur cette question chaque année et de les relayer auprès des adhérents, des éducateurs et des bénévoles. 

Une attestation d'honorabilité 

Depuis l'été dernier, une attestation d'honorabilité est devenue obligatoire pour tout licencié d'un club âgé de plus de 16 ans.

"Toute personne âgée de plus de 16 ans, qu'il s'agisse d'un joueur, d'un dirigeant, d'un arbitre ou simplement de quelqu'un qui prend une licence sportive doit désormais compléter une attestation d’honorabilité" explique Nicolas Marais. "Ces documents remontent ensuite au niveau des fédérations. Tout cela est contrôlé par les services de l’Etat. Depuis sa mise en place il y a moins d'un an, cela a permis de détecter quelques individus connus pour des affaires de violences sexuelles. S’en sont suivis des enquêtes pénales et des sanctions dans chaque fédération".

Des outils de communication pour libérer la parole

Pour que "la peur change de camp" rappelle le président du Comité Régional Olympique et Sportif de Normandie, un logo et un film de prévention ont été réalisés.

Ce film en motion design met en avant quelques situations à risque et rappelle certains conseils notamment:

  • saluer son entraîneur en lui serrant la main,
  • éviter les bises ou les accolades,
  • respecter l'intimité des autres dans les vestiaires,
  • lors de compétitions, séparer filles et garçons pour la nuit et réserver un dortoir pour les adultes et un pour les jeunes.

Surtout, le film insiste sur l'obligation de signaler tout événement anormal

Si une situation te gêne, que quelque chose te paraît bizarre ou anormal, tu peux et même tu DOIS en parler à un professeur, un ami, un entraîneur, un médecin ou un parent et on DOIT t'écouter

Film "Lutte contre les violences dans le sport en Normandie"

Signaler, permettre à la parole de se libérer encore et toujours sur des sujets longtemps restés tabous dans le milieu sportif. 

En décembre 2019, à la suite d'une enquête journalistique du magazine Disclose sur les violences sexuelles dans le sport, la ministre des Sports, Roaxana Maracineanu,  demande la création immédiate d’une cellule au sein de la Direction des Sports pour instruire les signalements et y donner les suites nécessaires.

Le 31 décembre 2021, le bilan de cette cellule faisait état de 610 signalements en deux ans, des faits qui pour la plupart remonte aux 10 dernières années. 79% des victimes sont des femmes, la très grande majorité d'entre elles étaient mineures au moment des faits.