COVID-19: la Manche n'est plus épargnée, la situation épidémique du Cotentin est "inquiétante"

Alors que la situation virait au rouge dans le Calvados et la Seine-Maritime, la Manche pouvait paraître relativement épargnée par l'arrivée de la deuxième vague. Mais ces derniers jours, l'épidémie de covid-19 est galopante et des médecins appellent à l'aide. 
Photo d'illustration-
Photo d'illustration- © ARNAUD DUMONTIER/Maxppp
Début octobre, on pouvait dire que la Manche avait "quinze jours de retard" environ sur l'évolution des statistiques, comparée aux départements dans le rouge comme la Seine-Maritime, l'Eure ou le Calvados. Mais c'est terminé. L'épidémie est en plein rebond dans la Manche et particulièrement dans le Cotentin, expliquent les médecins réunis en "groupe contact ville-hôpital", groupe d'échanges entre médecins hospitaliers et libéraux de la Manche.

De son côté la Préfecture de la Manche confirme que la situation évolue ces derniers jours dans le département. "La progression des indicateurs est rapide."
 

Evolution rapide


"La situation épidémique du Cotentin est sérieuse et inquiétante. Notre territoire n’est en rien protégé du COVID 19. L’evolution de ces dernieres semaines et derniers jours représente un risque réel de saturation de l’ensemble du systeme de santé"

Ce groupe de médecins tire donc la sonnette d'alarme et dévoile "ses chiffres" :

On voit très nettement l'évolution du nombre de cas positifs sur 7 jours pour 100 000 habitants. Le seuil d'alerte a été dépassé dans la Manche, le 12 octobre avec 50 cas. Dix jours plus tard, le 22 octobre, la Manche a doublé son taux d'incidence avec plus de 110 cas le 22 octobre. 
 
© Groupe contact ville hôpital 50


Un taux d'incidence qui augmente aussi très nettement et double presque pour les plus de 65 ans.
 
© GCVH

Selon ce groupe de médecins une personne sur cinq hospitalisée est dirigée vers la réanimation. "A l'hôpital de Cherbourg, ce 25 octobre, 14 personnes (3 en réa et 1& en médecine) sont hospitalisées et on se rapproche très nettement du pic de 17 patients en Avril."
 

"Les gens contineunt les regroupements et fêtes de famille, il faut qu'ils comprennent que c'est dangereux"


La directrice de l'hôpital de Cherbourg ne mâche pas ses mots alors que sa structure a dû activer le plan blanc ce lundi 26 octobre et déprogrammer 30% de son activité non urgente. 
 

Début Octobre, le taux d'incidence à Cherbourg était de 10. Il est de 110 un mois plus tard. On passer à 200 d'ici la fin de la semaine. Il faut que les gens nous aident et arrêtent de se voir le week-end. Avec les vacances, on parle des touristes. Mais les cellules familiales sont les premierslieux de contamination. Les gens continuent les repas de famille, les fêtes de famille.On est dans la deuxième vague. Et ici à Cherbourg, le printemps a été clément. Là, ça risque d'être bien plus violent."

Séverine Karrer, directrice du CH du Cotentin


Isolé géographiquement, le Cotentin, "la presqu'île", s'est pensée un temps épargnée par le retour en force du virus. Aujourd'hui, tout le territoire est touché. Désormais, bars et restaurants fermeront à 23H. Une première mesure, avant le couvre-feu. 
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