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Saint-Lô : les agriculteurs pulvérisent la Préfecture... avec du papier pour protester contre Mercosur

Les jeunes agriculteurs de la Manche pulvérisent du papier vers la Préfecture de Saint-Lô, mardi 2 septembre 2019 / © N.Dalaudier
Les jeunes agriculteurs de la Manche pulvérisent du papier vers la Préfecture de Saint-Lô, mardi 2 septembre 2019 / © N.Dalaudier

A Saint-Lô les agriculteurs se sont rassemblés mardi soir devant la Préfecture pour dénoncer selon eux "la concurrence déloyale". Pour symboliser "la paperasse qui les écrase", ils ont pulvérisé des tonnes de papier à travers les grilles de l'édifice.

Par L.A. / AFP

Les agriculteurs français se sont rassemblés mardi soir partout en France pour dénoncer les profondes "distorsions de concurrence" qu'ils craignent de subir, avec l'importation de denrées agricoles d'Amérique latine produites selon des standards de moindre qualité et à moindre coût.
A Saint-Lô, dans la Manche, un broyeur a été utilisé pour pulvériser du papier vers la Préfecture : "On voulait déposer nos bottes, nos cotes et montrer toutes les paperasses qu'on doit remplir pour des réglementations, certaines qui sont justifiées, certaines qui deviennent aberrantes et pendant ce temps-là on va être mis en concurrence avec des gens qui n'ont pas les même principes et on va pas pouvoir les contrôler comme nous on peut le faire sur nos exploitations" expliquait mardi soir François Rihouet, Agriculteur dans le centre-Manche, Président des JA Manche, éleveur de laitières et de bovins viande

"L'esprit, c'est de se mobiliser contre cet accord qui crée d'énormes distorsions de concurrence entre les agriculteurs français et les autres", ont indiqué des responsables des Jeunes Agriculteurs (JA), qui ont lancé un appel national avec le principal syndicat FNSEA, prévoyant "beaucoup de sorties de tracteurs".

Même le vénérable conseil de l'agriculture française, qui réunit toute la profession agricole (syndicats, coopératives, banques, assurances, sécurité sociale), a "alerté" le gouvernement sur les "déséquilibres" qui seraient générés sur certaines filières agricoles par "l'actuel projet d'accord".

Depuis Bruxelles, le président Emmanuel Macron a défendu l'accord et mis en garde contre des attitudes "néoprotectionnistes" qui refuseraient la réciprocité des échanges.
"Ce sont les mêmes qui viennent me demander Monsieur le président aidez-nous à accéder au marché chinois (...) au marché brésilien, à tel ou tel marché. Mais le monde vit comment quand on accède à un marché ? Le marché veut accéder à nous !", a estimé M. Macron.

Il a assuré que, côté européen, des dispositions ont été prises pour protéger, via des quotas, des filières sensibles comme le boeuf et le sucre et évoqué une clause de sauvegarde qui permettrait de suspendre l'accord s'il venait à déséquilibrer en profondeur une filière.


Des rassemblements partout en France mardi soir

A Lille, une trentaine de personnes ont organisé un barbecue devant la préfecture avec des tracteurs et des pancartes tricolores: "j'aime manger français". Au Mans, ils étaient une quarantaine avec des tracteurs et une remorque remplie de pneus à stationner devant la cathédrale. 
 

On nous a fait croire qu'on était sur l'île européenne, et aujourd'hui, on voit bien que l'île européenne n'est plus étanche alors qu'on nous disait de monter en gamme, Thierry Coué, président de la FRSEA (fédération régionale) de Bretagne.

"Il y a énormément de révolte et d'insatisfaction" chez les agriculteurs français, a renchéri la présidente de la FNSEA Christiane Lambert.

A Saint-Lô, ils étaient une cinquantaine d'agriculteurs, principalement des Jeunes Agriculteurs, rassemblés devant les grilles de la Préfecture. Leur opération était aussi spectaculaire que symbolique : des tonnes de papiers ont été pulvérisés à travers les grilles du bâtiment. 

Que contient le projet d'accord de libre échange entre l'UE et Mercosur ? 

La semaine dernière, l'Union européenne et les pays sud-américains rassemblés dans le marché commun du Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay membres fondateurs et Chili, Colombie, Equateur et Pérou membres associés) ont annoncé avoir conclu un projet d'accord commercial, au terme de près de vingt ans de négociations. 

Il s'agit d'un accord de libre échange qui concernera 780 millions de consommateurs. Toutes les explications :

On vous explique ce que contient le projet d'accord de libre-échange entre l'UE et le Mercosur, qui rend furieux les agriculteurs

Pour obtenir un compromis, le Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay) a fait de larges concessions sur l'industrie, et l'Union européenne sur l'agriculture. Pour entrer en vigueur, le texte devra encore être ratifié par chaque Etat de l'Union européenne.

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