Une fleuriste en herbe de Saint-Lô sacrée au concours du meilleur apprenti de France

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Maïlys Lepesant a remporté la médaille d'or à l'issue des épreuves qui réunissaient des prétendants venus de toute la France le 30 juin à Nevers : "ça rend fier mes collègues, mon patron, ma famille" dit cette jeune femme, heureuse d'avoir emprunté la voie de l'apprentissage : "ça fait grandir".

Par Pierre-Marie Puaud

Du plus loin qu'elle se souvienne, Maïlys a toujours aimé les fleurs. "Je ne sais pas pourquoi, ça m'a toujours fait rêver". La question du métier qu'elle aimerait faire plus tard ne s'est jamais vraiment posée tant son son choix était arrêté : elle serait fleuriste. "Mais j'ai fait un bac pro horticulture au lycée agricole de Coutances parce que j'étais trop jeune pour entrer en CAP". Le bac en poche, elle a pu enfin embrasser le métier auquel elle pensait depuis toute petite.

"Elle est venue me voir à la boutique, toute seule comme une grande pour expliquer qu'elle cherchait un maître d'apprentissage pour préparer un CAP. Puis elle est revenue. Elle était vraiment déterminée" raconte Pierre Leray, le patron de la boutique de fleurs qui a accepté de la recruter comme apprentie. Et d'emblée, elle s'est révélée : "quand quelqu'un est fait pour ce métier, on le voit tout de suite. C'était le cas pour Maïlys. Dès la première semaine, ça se voyait à sa façon de toucher la fleur. Elle apprend vite, elle écoute, et elle est très organisée. J'ai tout de suite su que j'allais lui faire faire des concours".

Maïlys Lepesant en train de confectionner un chemin de table lors du concours organisé le 30 juin à Nevers / © ICEP-CFA Caen
Maïlys Lepesant en train de confectionner un chemin de table lors du concours organisé le 30 juin à Nevers / © ICEP-CFA Caen


La compétition, c'est une autre façon d'apprendre le métier. Briller lors d'un exercice imposé impose d'être à la fois créatif et rigoureux. La finale du 30 juin à Nevers a été minutieusement préparée dans la boutique à Saint-Lô. "On a eu les sujets un mois à l'avance. Il fallait travailler sur le thème du mariage dans un domaine viticole," explique Maïlys. "On a choisi de travailler le liège. C'est une matière intéressante, qui se tord et c'est une texture intéressante."

Au concours, la candidate de la Manche a "pris des risques". Les roses, les orchidées, les hortentias, les campanules, les assemblages de couleurs, les compositions, elle a encore tout en tête. Et le jury "qui voulait être étonné" a sans doute été séduit : Maïlys s'est vue décerner l'une des huit médailles d'or. La remise officielle des récompenses sera effectuée à la fin de l'année au sénat par le président de la république Emmanuel Macron.

L'apprentissage, c'est concret. On est obligé de s'affirmer. Et ça aide aussi dans la vie de tous les jours. On fait un bond énorme en maturité. Ça fait grandir.


Et dire que certains de ses professeurs de collège ont tenté de la dissuader de devenir fleuriste. "C'était un peu dénigré," se souvient-elle. "Le bac général, c'est ce qu'il y avait de mieux, c'est ce qui nous permettrait de devenir avocat ou notaire et de bien gagner sa vie. Ça, je l'ai entendu. On m'a dit aussi que l'enseignement professionnel était une sous-voie..."

Depuis qu'elle s'est inscrite à l'ICEP-CFA de Caen, Maïlys s'épanouit. "Les premières semaines d'apprentissage ont été éprouvantes. C'était un petit choc quand-même. Le rythme est différent du lycée où on est pris en charge, où on est déconnecté," raconte Maïlys. "Et puis l'apprentissage, c'est concret. Avec les clients, on est obligé de s'affirmer. Et ça aide aussi dans la vie de tous les jours. On fait un bond énorme en maturité. Ça fait grandir."



"Je suis officiellment fleuriste ! J'ai eu mon CAP." Mais l'apprentissage se poursuit : "Elle va rester deux ans de plus pour préparer un Brevet Professionnel" précise son patron Pierre Leray. "Ensuite, il faudrait qu'elle aille explorer d'autres terrains, à Paris, ou ailleurs, pour voir d'autres manières de travailler". Le contact quotidien avec les clients, les concours, les médailles lui ont donné cette confiance qui pousse à aller voir plus loin : "Un jour, j'irai à l'étranger. Il doit y voir tellement de choses à découvrir, d'autres manières de travailler, et d'autres fleurs..."



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