Et il n'est pas le seul ! C'est peut-être la nouvelle mobilisation 2.0 pour les jeunes agriculteurs : une vidéo tournée en 5 minutes, publiée sur Facebook et Twitter... visionnée des milliers de fois. Dans la Manche, Thibaut Giraud en a fait l'expérience.
25 000 vues et 700 partages sur Facebook en l'espace d'une journée, près de 4 000 vues sur Twitter : la vidéo de Thibaut Giraud fait le buzz depuis sa publication le 13 août.
On fait avaler à nos consommateurs que les agriculteurs polluent alors qu'on fait venir de la viande depuis l'autre côté de l'Atlantique (Thibaut Giraud)
Après le #super vote du #ceta je me demande toujours comment on fera demain ... j’ai un peu de mal à imaginer l’avenir ! Heureusement que je suis motivé !!!! @JA_Manche @JA_Normandie @devenireleveur @Agridemain @JeunesAgri pic.twitter.com/KEdNjfuGeK
— Thibaut.G (@ThibautGiraud1) August 13, 2019
Des paroles filmées et publiées en l'espace de quelques minutes alors que le jeune agriculteur manchois vient d'entendre une émission à la radio. Un nouveau "coup de gueule" des producteurs face au traité de libre-échange entre le Canada et la France, le CETA... à une différence près : il est passif.
"Se faire entendre sans rien casser"
Thibaut Giraud, qui "ne s'attendait pas" à faire le buzz, explique : "Finalement, c'est une manière de se faire entendre sans rien casser".Pour cause, depuis la ratification du CETA le 23 juillet dernier, plusieurs permanences de La République En Marche ont été prises pour cibles par des agriculteurs mécontents. Se faire entendre via les réseaux sociaux est une alternative qui leur donne autant, voire plus, de visibilité. Thibaut Giraud n'est pas le seul à employer cette méthode.
Un responsable Du Renouvellement des Générations en Agriculture en colère ‼️#rga@JAregionIDF @DevenirAgriIDF @RMCinfo pic.twitter.com/aTTYrV1SY4
— Torpier (@TorpierC) August 8, 2019
Mettre la forme... sans oublier le fond
Si le format est innovant, c'est le fond, lui, qui est à l'origine de la multiplication des partages.Dans sa vidéo, le jeune agriculteur, co-responsable des installations au syndicat des Jeunes Agriculteurs de la Manche et de la région, tire la sonnette d'alarme.Les jeunes n'ont plus envie de s'installer (Thibaut Giraud)
"La réalité c'est que, face aux critiques et à des votes comme celui en faveur du CETA, les jeunes ont de plus en plus de mal à se motiver pour reprendre des fermes" déplore-t-il lors d'un échange téléphonique.
Pour sa part, âgé de 28 ans, le CETA ne ferait qu'augmenter ses difficultés financières alors que le milieu agricole connaît déjà une importante crise économique. "A cause l'accord, je vais devoir garder un deuxième emploi pendant plusieurs mois alors que je devrais être à plein temps sur ma ferme" regrette Thibaut Giraud.