Orne- Ces Britanniques ont acheté le château de leur rêve, "la vie normale n’existe plus, autant se créer une autre vie"

Le château de Lalacelle, niché à 20 kilomètres à l’Ouest d’Alençon, accueille depuis quelques mois la famille Briggs, ses nouveaux propriétaires. Pendant les rénovations, les chatelains vivent dans des caravanes installées dans le jardin, face au château de leur rêve.

Orne : ces Britanniques ont acheté le château de leur rêve
Orne : ces Britanniques ont acheté le château de leur rêve © Tony Briggs

La famille Briggs a acquis cet hiver le château de Lalacelle, à 20 kilomètres à l’Ouest d’Alençon. Une nouvelle vie pour ces Britanniques qui se sont donnés dix ans pour rénover entièrement la bâtisse laissée à l’abandon.

Pour l’heure, Tony et Ash vivent dans des caravanes. Mais d’ici un an, ils espèrent dormir dans leur château, ou tout au moins dans un premier temps, dans le "cottage" l’une des dépendances. Tony Briggs, sa femme Stacy, leur fils Terry et son conjoint Ash sont les nouveaux propriétaires du château de Lalacelle, dans l’Orne. Une immense bâtisse du 18ème siècle inhabitée depuis 40 ans, et laissée à l’abandon.

La famille Briggs loge dans le jardin du château, pendant les travaux
La famille Briggs loge dans le jardin du château, pendant les travaux © Briggs

"l’art de vivre à la française, sans rush"

"Nous aimons être en famille et aimons rénover les maisons", explique Tony Briggs, jeune retraité de 59 ans, ancien ingénieur en mécanique dans le secteur de l’acier à Middlesborough dans le Yorkshire. "Quand la crise du COVID est arrivée, les projets se sont arrêtés et je me suis retrouvé au chômage partiel à la maison. Mes journées se résumaient à sortir le chien. Alors quand Terry m’a parlé d’acheter un château, j’ai tout de suite vu tout ce que je pouvais faire !" D’autant que sa femme Stacy apprécie la vie dans de grands espaces auprès d’animaux.

Le père et le fils prospectent au Royaume-Uni mais les prix sont exorbitants. Ils pensent alors à la France, où ils passent régulièrement leurs vacances d’été. Terry, diplômé en design et grand amateur de mobiliers anciens, rêve de vivre Outre-Manche. Ses parents aussi. "Nous aimons l’art de vivre à la française, sans rush, plus décontracté". Ils décident de venir, avec le neveu de Terry, le petit Jonathan, 7 ans, dont Tony et Stacy ont la garde. Sans oublier Louis, Sacha and Patrick, leurs trois chiens.

Un château à 300 000 euros, l’équivalent d’une petite maison en Angleterre

Le château est trouvé pendant l’été 2020. "Nous l’avions d’abord vu en photos et tout, que ce soit la façade ou les proportions, semblait parfait. La cage d’escalier en colimaçon était incroyable ! Les photos dataient de quelques années alors quand nous sommes arrivés sur place, à l’automne, le terrain était encore plus envahi de ronces et autre végétation, une vraie jungle !" Qu’importe, c’est le coup de cœur ! Bien qu’ils ne parlent pas le Français, ils vendent leurs deux maisons et se lancent dans l’aventure. Ils achètent le domaine pour 300.000 euros, l’équivalent d’une petite maison en Angleterre. "Nous avons pu négocier à la baisse en raison de la crise sanitaire". Parallèlement, ils déposent leur demande pour être résidents permanents en France.

"Our first visit to the château we now call home ". Et c’est le 7 janvier dernier que Tony, Terry and Ash postent sur leur page Facebook une première photo en tant que propriétaires du château de Lalacelle, un château qui tombe en ruines et qu’ils appellent désormais "leur maison ". 

Our first visit to the chateau we now call home 🏰

Publiée par Château De Lalacelle sur Jeudi 7 janvier 2021

 

La famille Briggs estime qu’il faudra un an pour rendre habitable "le cottage" destiné à Tony, Stacy et Jonathan, cinq ans pour finir la rénovation de toutes chambres, dix ans pour terminer tous les travaux. " La structure est saine, évalue Tony mais toute l’électricité est à refaire car les fils sont très vieux, et puis les canalisations d’eau sont à vérifier ou à remplacer". La restauration concernera aussi toute la décoration intérieure. "Nous tenons à ce que cela reste authentique, davantage dans un style français que victorien ! ", précise Tony. Quelques meubles ont déjà été chinés aux alentours.

L'intérieur du chateau de Lalacelle
L'intérieur du chateau de Lalacelle © Briggs

Une pension de famille plutôt qu’un bed and breakfast

L’ampleur des travaux n’effraie pas Tony qui ne compte pas ses heures tant la tâche est immense. " On fera presque tout nous-mêmes mais ce n’est pas un souci : j’aime bien faire du gros œuvre, et Stacy et Terry s’occuperont de toute la déco ensuite ". A terme, deux appartements pourront accueillir des visiteurs à la recherche de verdure et de calme. Et Terry pense également pouvoir aménager un terrain de camping.

Nous restaurons le château avec l’envie d’en faire avant tout notre maison de famille, entourée d’animaux.

Le poulailler vient d’ailleurs tout juste d’être remis en état pour abriter les premières poules. 

Stacy, Terry et Jonathan n’arriveront que dans quelques semaines "quand la boutique pour animaux de compagnie de Terry sera vendue". En attendant, Tony et Ash partagent l’avancée des travaux sur les réseaux sociaux et font connaissance des voisins "invités pour un barbecue".

Reste à apprendre un peu de français. "Ecouter la télévision devrait nous aider !", sourit Tony qui espère pouvoir scolariser Jonathan dans une école de la commune dès le mois prochain. En attendant, il y a de quoi faire.  Le programme du jour : changer les fenêtres du cottage. Leur quotidien au Royaume-Uni leur manque-t-il ? "Pas vraiment, assure Tony. De toute façon, avec le Covid, la vie normale n’existe plus, autant se créer une autre vie."

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