Série d'incendies dans des fermes du pays de Caux : "on se sent désarmés et dépités"

Deux incendies la même nuit à quelques kilomètres de distance dans des stockages agricoles. Ces feux surviennent après 3 autres incendies de fermes en 2023 dans le secteur de Bacqueville-en-Caux.

"Les pyromanes sont encore en train d'investir nos corps de ferme et de brûler notre patrimoine", constate avec tristesse Stéphane, agriculteur à Bacqueville-en-Caux près de Dieppe.

Son hangar a été détruit par les flammes dans la nuit de vendredi 8 à samedi 9 mars. Il précise "il n'y a pas d'électricité" dans ce bâtiment. 

"Mon hangar était loué à un voisin pour stocker sa paille. Cela me donnait un revenu supplémentaire. Il y a un double effet: lui n'a plus de paille pour ses moutons et moi j'ai une perte de revenus car je n'ai plus de hangar."

Stéphane, agriculteur à Bacqueville-en-Caux

À quelques kilomètres, à Lamberville, la même nuit, un hangar s'est enflammé dans une autre exploitation agricole.

Environ 150 tonnes de paille et de foin ont brûlé, sans oublier la précieuse récolte de lin. Jacques-Nicolas, l'agriculteur estime que la perte du hangar et de son contenu s'élève entre 350.000 et 400.000 €.  

"On se demande qui sera le prochain, ça rajoute du stress à notre métier"

Ces incendies déclenchés la même nuit font écho à trois autres feux dans des fermes en août 2023 dans le même secteur à Bacqueville, Pierreville et Lamberville. 

Avant les travaux des champs du printemps, ces agriculteurs se trouvent face aux destructions à évacuer, aux procédures avec les experts et les assurances. Les hangars détruits vont leur faire défaut. 

Ils se disent écœurés et aussi désarmés. 

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Deux incendies la même nuit à quelques kilomètres de distance dans des stockages agricoles. Ces feux surviennent après 3 autres incendies à l'automne dans le secteur de Bacqueville-en-Caux. ©L. Gamonet/ S. Gérain/ France Télévisions
 

Ils demandent une surveillance des exploitations par la Gendarmerie et au procureur de Dieppe de "prendre sérieusement cette affaire" (une enquête est ouverte). "On est tous à cran", concluent les agriculteurs.