Fécamp : les grues du port à la peine

Le 5 octobre dernier, une grue louée à Paris a été livrée au port de Fécamp. Un équipement censé pallier au moins partiellement les défaillances techniques des autres, qui tombent en panne en cascade depuis cet été.

Une des grues du port de Fécamp (Seine-Maritime)
Une des grues du port de Fécamp (Seine-Maritime) © Eric Proença Pina / France Télévisions (image extraite d'une vidéo)
Serait-ce la fin d’un feuilleton rocambolesque dans l’ancienne capitale des Terre-Neuvas ?

Depuis des mois, trois des grues qui servent à charger et décharger les cargaisons des navires accostant dans le port de commerce sont à l’arrêt.

La GR60 attend d’être réparée. La GE8 électrique le sera également sauf si son remplacement est plus rentable.

Quant à celle achetée au printemps 2019 au Port de Dunkerque, elle n’a tout simplement jamais fonctionné.

Inactive depuis 8 ans dans le Nord, cette Liebherr LHM 150 était censée lever jusqu’à 40 tonnes à 16 mètres. La CCI Seine-Estuaire, actuellement exploitante  du port et en charge de l’entretien des bâtiments et de l’outillage savait que des travaux seraient nécessaires pour la remettre à niveau mais pas à ce point.

Résultat, aujourd’hui, la Chambre de commerce a entamé une procédure judiciaire contre le port de Dunkerque.
 

Une journée de grève le 24 septembre dernier


Cette situation ubuesque avait été dénoncée par le syndicat général des travailleurs portuaires dans un tract le 24 septembre dernier.
 

Depuis plusieurs mois, les camarades du Port de Fécamp par le biais du syndicat alertent la CCI Seine-Estuaire du manque d’investissement et d’entretien des grues de quai.

Tract du 24 septembre 2020 - Syndicat général des travailleurs portuaires



Face à l’arrivée d’un navire de commerce ce 24 septembre, la CCI, avait fait appel à une grue venant de l’extérieur et à un chauffeur privé.

Une décision qui avait provoqué l’ire des salariés du port et une journée de grève.

30 000 euros pour louer une grue à Paris


Pour faire face à cette situation, et pallier l’outillage défectueux, la chambre de commerce a fait le choix d’une location pendant un mois d’un équipement extérieur pour un budget de 30 000 euros. C’est cette grue qui a fait son entrée le 5 octobre dernier à Fécamp.
 
Fécamp : les grues du port à la peine

Un épisode symptomatique d’un mal plus profond


Cet épisode des grues en panne serait-il le symbole d’un manque d’investissement et de maintenance du précédent gestionnaire ?

Dissoute en 2016, la CCI de Fécamp avait laissé place à la CCI Seine-Estuaire, aujourd’hui concessionnaire du port de Fécamp.

Yves Lefebvre, président de la délégation Fécamp/ Port Jérôme à la CCI Seine-Estuaire, évoque un héritage lourd à porter.

 

Nous avons hérité d’une situation qui n’était pas facile. Certains investissements qui ont été décidés n’auraient jamais dû être faits. L’objectif de la CCI et du Département désormais est d’investir plus de 6 millions d’euros dans le port de commerce, dans le port de Plaisance et dans le port à sec de Fécamp.

Yves Lefebvre



 

600 emplois directs et indirects


Situé en Manche entre le Havre et Dieppe, et à seulement deux heures de Paris, le port de Fécamp regroupe aujourd’hui un port de commerce, de pêche et de plaisance.

Concernant le port de commerce, il enregistre un trafic de 248 000 tonnes : à l’importation, ce sont essentiellement les graves de mer et la pâte à papier qui se taillent la part du lion. Viennent ensuite la néphéline et les huiles.

Les marchandises proviennent des pays scandinaves, des pays baltes, de la Russie, du sud de l’Europe et de l’Afrique. Les exportations sont essentiellement à destination de la Grande-Bretagne.

Les marchandises envoyées vers l’étranger sont essentiellement les panneaux de particule de l’entreprise Linex, basée à Allouville-Bellefosse, près d’Yvetot.

Le port de Fécamp génère, en emplois directs et induits, un effectif global de 600 personnes, dont trois grutiers.

 
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