JO 2024. Les festivals annulés en Normandie ?

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Écrit par Kanwaljit Singh .

Les événements culturels "annulés ou reportés" en 2024. C'est ce qu'à affirmé le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin au Sénat. En Normandie, les organisateurs accusent le coup.

Quand il apprend la nouvelle, Arnaud Louveau, directeur du festival Art Sonic dans l'Orne, tombe des nus. Son événement a lieu, chaque année, le troisième week-end de juillet. Mais Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, annonce l'annulation ou le report de festivals durant les JO 2024, faute de forces de l'ordre disponibles : "personne ne nous a concerté et on se demande si les ministres se concertent entre eux. Le ministre de l'Intérieur a pris cette décision unilatéralement, je ne comprends pas".

Mardi 25 octobre 2022, auditionné par les commissions des lois et de la culture, Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, a en effet annoncé « le report ou l'annulation de tous les événements en France qui demandent des unités de force mobile ou qui demandent la présence très forte de nombre de policiers » pendant les Jeux. Soit du 26 juillet au 11 août 2024. L'objectif est de concentrer les forces de l’ordre sur la sécurisation des sites olympiques.

Gérald Darmanin demande donc aux organisateurs d'événements sportifs mais surtout à ceux des festivals, de "faire des efforts". La phrase a mis le feu aux poudres : "on est devant le fait accompli. Même si on change de date, comment on fait ? On aura des forces de l'ordre ? Ils ne seront pas déjà sur d'autres festivals ? Et puis vous savez les loueurs sont bookés, pour certains, près d'un an à l'avance. Sans oublier qu'il y a une réelle pénurie dans certains corps de métier que ce soit au son, aux lumières, chez les bénévoles et même chez les agents de sécurité privés".

Pour Arnaud Louveau, le gouvernement ne se rend pas compte que cette décision a un réel impact sur l'organisation d'un festival : "il serait humain et financier". Et puis chaque année, l'événement est encadré et sécurisé par une centaine d'agents de sécurité. Sans eux, impossible de maintenir le festival.



Des têtes d'affiches bookées plus d'un an à l'avance

Lors de sa dernière édition, le festival Art Sonic, à Briouze, a rassemblé plus de 21 000 personnes sur un week-end. Les têtes d'affiches, comme Orelsan, l'ambassadeur de la région, se négocient plus d'un an à l'avance également : "vous imaginez bien que s'ils font un autre festival 3 jours avant, ils ne vont pas pouvoir forcément venir chez nous. On veut faire plaisir à notre public et ça passe aussi par les artistes qui se produisent durant l'événement".

Plusieurs autres événements dans la région pourraient être impactés à cette période comme par exemple les Traversées de Tatihou ou encore le Festival des Grandes Marées qui tombent pile entre le 26 juillet et le 11 août et qui dépendent donc, vous l'aurez compris, des marées.



Les organisateurs de festivals en Normandie demandent une rencontre avec, Rima Abdul-Malak, la ministre de la Culture.  Arnaud Louveau estime que : "ce n'est pas la première fois que la France organise un énorme événement et ça n'a jamais eu de conséquence sur le monde culturel".

Un climat d'incertitude dont se seraient bien passés les festivals, déjà fragilisés après de longs mois de crise sanitaire avec la pandémie de Covid-19. Certains pourraient ainsi être décalés soit au printemps, soit à l'automne.



30 000 policiers et gendarmes par jour

Gérald Darmanin a annoncé devant le Sénat qu’une moyenne de « 30 000 policiers et gendarmes par jour » sera mobilisée durant la totalité des Jeux pour en assurer la sécurité. Ils devraient être entre « 12 000 à 45 000 forces de sécurité intérieure en fonction des jours » du 26 juillet au 11 août. Il ajoute que durant cette période il n’y aurait « pas de congés » pour les personnels du ministère de l’Intérieur et que : « ça vaut à tous les étages ».

Le ministre de l'Intérieur a réaffirmé qu’il faudrait également 25 000 agents de sécurité privée pour compléter le dispositif de sécurisation des JO.

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