Normandie : les traces de Covid-19 augmentent aussi dans les eaux usées

Les derniers résultats d'une étude du réseau Obépine montrent, ce mercredi 27 janvier, que la présence du Covid-19 s'intensifie dans les eaux usées, notamment en Normandie, à Rouen et à Dieppe.

Archives. Depuis le début de l'épidémie, des études sont réalisées sur les eaux usées pour détecter la présence du virus Covid-19.
Archives. Depuis le début de l'épidémie, des études sont réalisées sur les eaux usées pour détecter la présence du virus Covid-19. © Patrice Cornily/FTV

Depuis début août, chaque semaine, des prélèvements sont réalisés dans les eaux usées de 14 stations d'épuration sur les 300 que compte la Seine Maritime. Avec les résultats, le réseau Obépine surveille la dynamique du virus Covid-19, notamment sur les villes de l'estuaire de la Seine.

Les derniers relevés montrent une légère tendance à la hausse du niveau de circulation du virus en Normandie. Notamment à Rouen : "La tendance est assez stable sur un plateau depuis septembre. Les dernières mesures semblent indiquer une remontée dont l'intensité est similaire à celle constatée au début du mois de décembre", écrit le réseau Obépine.

Même cas de figure à Dieppe, Forges-les-Eaux ou encore Fécamp, où les reprises du virus sont jugées "assez importantes" depuis plus d'un mois. A Dieppe, la réalité du terrain confirme cette tendance. Le 22 janvier dernier, 148 agents de l'hôpital étaient contaminés par le coronavirus et 137 patients étaient pris en charge.

Un outil de prévision

Dans les trois autres communes de Seine-Maritime concernées par ces relevés, l'inquiétude est moindre. Au Havre, au Tréport et à Etretat, les dernières mesures montrent des "plateaux bas".

"Dans les selles humaines, on retrouve la présence du Covid-19 beaucoup plus tôt que les premiers symptômes observables dans la population. Cela permet de réagir et d'alerter de manière très proactive les autorités sanitaires", explique David Le Berre, responsable virologie, radiobiologie et biologie moléculaire au centre Becquerel de Rouen.

L'étude permet de prévoir une évolution du Covid-19 quelques jours, voire quelques semaines avant la confirmation des cas.

David Le Berre, responsable virologie, centre Henri-Becquerel de Rouen.

Pour illustrer la pertinence de l'étude, au 5 mars 2020, il n’y avait qu’une petite dizaine de patients Covid-19 identifiés à Paris. Pourtant, le nouveau coronavirus était déjà détectable dans les égouts de la ville. Si, ce jour-là, quelqu’un avait pu analyser les eaux usées, il aurait su que ce petit nombre de tests positifs était un leurre. Paris était déjà gravement atteint et la vague d’hospitalisations allait très vite déferler.

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