Comment surmonter le décès d'un enfant ? Eléments de réponse avec une psychologue.

La mort est scandaleuse pour les humains. Celle d'un enfant ne respecte pas l'ordre générationnel. Aucun parent ne se remet totalement de la perte d'un enfant, mais il peut essayer de retrouver un sens à sa vie. Entretien avec une psychologue installée près de Rouen.

Une vie entre moments d'acceptation et de régression pour le parent
Une vie entre moments d'acceptation et de régression pour le parent

Le deuil le plus compliqué à surmonter

Selon Victoire de Dieuleveult, psychologue, chaque parent peut continuer à vivre, prendre du plaisir à des moments précis, mais la cicatrice reste constamment présente

On ne se remet pas de la mort d'un enfant.

Quelque soit la cause du décès de l'enfant, le parent est d'abord sidéré. La psychologue insiste sur le fait qu'il ne faut absolument pas bousculer le parent, l'obliger à parler.
La période de sidération peut durer un moment, elle est protectrice pour le parent puisqu'elle correpond à l'intégration du traumatisme.
   

Je n'ai pas pu protéger mon enfant, c'est ce que se dit un parent qui perd un enfant.

Perdre un enfant, c'est aussi accepter l'injustice et faire face à son sentiment de culpabilité nous explique Victoire de Dieuleveult, psychologue.
 
Faire face à la perte d'un enfant, c'est accepter l'injustice
  

Comment retrouver un sens à sa vie ?

Chaque parent réagit différemment, en fonction de son histoire, de son caractère. Le parent peut en parler à son entourage, suffisamment pour ne pas avoir besoin de psychologue.

Il est très compliqué de redonner un sens à sa vie après la perte d'un enfant, pourquoi continuer à vivre ?

Victoire de Dieuleveult nous répond.

 
Décès ou disparition d'un enfant : France 3 a rencontré une psychologue
 


Et les frères et soeurs ?

S'il reste une fratrie après la mort d'un enfant, les parents peuvent avoir des réactions de toutes sortes. L'aspect problématique de l'humain, dont on parle peu selon Victoire de Dieuleveult, c'est la haine pour les enfants qui survivent : "ça ne veut pas dire qu'on ne les aime pas bien entendu, mais il y a une hostilité vis à vis d'eux et elle très difficile à vivre pour les parents".
Il faut parler de cet enfant décédé, si l'on n'en parle pas, il va rester une ombre active, un petit fantôme silencieux.

Il était sage, il aurait eu un destin merveilleux. L'idéalisation de l'enfant défunt est très dur à vivre pour la fratrie

Il y a d'autres cas de figure, dans lequel il est périelleux de tomber, c'est celui de la surprotection des enfants qui restent en vie. Le parent veut protéger les frères et soeurs, les maintenir en vie quoi qu'il arrive car le monde est trop dangereux. L'idéalisation de l'enfant défunt est un mécanisme de défense et de maintien de l'enfant en vie.


 
"Gaspard, entre terre et ciel" (éditions Cerf)
Marie-Axelle et Benoît Clermont évoquent comment le décès précoce de leur enfant emporté par la maladie de Sandhoff a changé leur regard sur la vie et comment ils ont affronté ce combat perdu d'avance. Ils étaient les invités du Magazine de la santé sur France 5 en avril 2018. 
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