Le slam : bien plus qu’un art poétique ?

Souvent associé à la culture urbaine, le slam est un genre littéraire à part. Une poésie des temps modernes aux styles variés, le slam offre bien plus qu'un simple jeu d'écriture. Les slameurs nous font découvrir des lieux de rencontres où chacun est libre de s’exprimer.
 

Le slam, une poésie démocratisée


C’est dans un club de jazz d’un quartier défavorisé de Chicago, que le poète américain Marc Kelly Smith a créé le slam en 1986. Meneur de la troupe de poètes le Chicago Poetry, iI organisait chaque semaine, une soirée intitulée « the Uptown Poetry Slam ». L’objectif de ces soirées : organiser un tournoi de poésie ouvert à tous.

Le slam est une pratique poétique qui offre une grande mixité de choix : la poésie, la chanson, le théâtre. Il permet d’avoir une scène diversifiée et un public très large. Contrairement à la poésie souvent associée à de grands écrivains de la littérature française, le slam rend la littérature accessible à tous quel que soit son niveau.
La parole est à tout le monde, peu importe d’où l’on vient, quel que soit son statut social, ses origines ou même son âge. Le documentaire « les meilleurs poètes ne gagnent jamais », nous emmène d'ailleurs à la rencontre de slameurs très différents :
d'un côté, nous retrouvons Marion, une jeune bergère et de l’autre, Erico lignard chez Enedis. Rien ne les prédestinait à se rencontrer, mais ils ont un point commun : la passion de la poésie.
 

Le slam, une compétition bienveillante

Chacun peut participer à des ateliers d'écriture au sein d’une association, participer à des tournois. Ces concours sont de véritables compétitions mais c’est avant tout un lieu d’échange, il permet de créer des liens.

Selon le réalisateur Matthieu Simon,

Une soirée slam c’est une véritable cérémonie, un univers singulier avec ses codes, ses us et ses coutumes. C’est un petit monde solidaire et bienveillant où tous se connaissent et se côtoient, lors de compétitions qui se déroulent de scène en scène.


Des événements sont organisés dans la région comme les Joutes Poétiques Granvillaises. Organisé par l’association Slam’va bien, cet événement a célébré sa 5ème édition les 10 et 11 novembre 2018. Pendant deux jours, il rassemble une quarantaine de slameurs. Pour Marion, c’est un rendez-vous régulier à ne pas manquer :
 

 

Le slam, une thérapie par l’écriture

Le slam, c’est avant tout un besoin de s’exprimer sous différentes formes : il peut être chanté, parlé, rythmé, mis en scène… Pour Erico, il suffit d’un morceau de papier et d’un crayon. L’inspiration lui vient en étant debout. Il puise son inspiration dans un classique : les contemplations de Victor Hugo.
Les sujets abordés peuvent être liés à des thèmes d’actualité mais ils peuvent aussi être très personnels. Ce sont des textes qui parlent aux gens : ils peuvent être à la fois très intimes et très universels.

Grand Corps Malade, un des slameurs les plus connus aujourd’hui trouve son inspiration dans les moments de la vie quotidienne :

On écrit sur ce qui nous entoure. Ce sont des sentiments qui nous traversent. On écrit sur des sentiments et puis parfois, c’est sur des images que l’on voit, des phrases qu’on entend à la télé, en bas de chez nous, au café, au feu rouge.


L’équipe de Là où ça bouge l’a rencontré lors de la dernière édition des Rendez-Vous Soniques :
 

Le slam permet d’exprimer ses idées, de partager son ressenti à un instant présent. Il procure du bien-être car il permet de se libérer, se détendre, se calmer et se relaxer.

Pour Erico, les tournois lui ont permis de se reconstruire :

Un jour, je réussis, je grandis, j’arrive à tout. Du coup, je remercie même les soucis. Un jour, je vois que je progresse dans ce qui m’intéresse : chants, musiques, lectures et toutes les variétés d’écriture. Un jour, je sens dans ma tête, que je suis lucide, qu’on me fait la fête, que tout est translucide. Un jour, je me sens léger et vibrant, tout me paraît intéressant. Je monte d’un cran et je trouve les gens touchant. Un jour, je sens moi, je ne sens qu’elle émoi, je ne sais quelle frisson de paradis qui me dit : vivre est une chanson dont mourir est le refrain mais avec un sourire à la fin.



Selon le réalisateur Matthieu Simon,

Le slam c’est aussi, on le voit, une sorte de miroir artistique où se révèlent, s’apaisent, s’exacerbent les états d’âme de nos héros.

via GIPHY

Découvrez le documentaire de 52'
Les meilleurs poètes ne gagnent jamais 

Un documentaire réalisé par Matthieu Simon
Produit par Tell Me Films, Pays des Miroirs & France Télévisions / France 3 Normandie
Diffusion : lundi 18 février 2019 après le Soir 3
 
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