Transat AG2R: Saint-Barth en ligne de mire pour Charlie Dalin le Havrais et le Cherbourgeois Alexis Loison

© Laurent Marvyle
© Laurent Marvyle

Charlie Dalin le Havrais, et Alexis Loison, le Cherbourgeois, se présenteront ce dimanche au départ de la Transat en double AG2R, avec l'île antillaise de Saint-Barthélémy en ligne de mire. France 3 Pays de Loire et Bretagne retransmettra le départ de la course à partir de 12:55. 

Par EF avec AFP

Trente skippers aux palmarès longs comme le bras mais aussi quelques "bizuths" se présenteront dimanche à Concarneau (Finistère) sur la ligne de départ. Principe de cette transat: une confrontation à armes égales. Les quinze duos, autant que lors de la précédente édition, en 2014, embarqueront tous sur des monocoques Figaro Bénéteau 2 de 10,10 m de long, rigoureusement similaires. Le départ sera donné dimanche à 13h08, le vainqueur de la course n'étant attendu que vers le 23 ou le 24 avril à Saint-Barth, au terme d'une course de quelque 3.800 milles (plus de 7.000 km). Une course que quinze marins sur les trente engagés vont découvrir.


Thierry Chabagny et Erwan Tabarly "ont les dents longues"

Parmi ceux-là, huit n'ont par ailleurs jamais traversé l'Atlantique, souligne la direction de la Transat. C'est loin d'être le cas pour Thierry Chabagny et Erwan Tabarly - respectivement six et sept participations -, deux marins qui faisaient déjà équipe en 2014 mais avaient dû abandonner, pour cause de démâtage, alors qu'ils étaient en tête de la flotte. Sur les quais de Concarneau, il se murmure que les deux hommes, sur Gedimat, "ont les dents longues". 


Les duos aguerris de Charlie Dalin le Havrais, et d'Alexis Loison le Cherbourgeois 

Ils auront cependant fort à faire face à des duos aguerris, comme celui formé de Charlie Dalin, vainqueur de cette transat en 2012, et de Yoann Richomme, deuxième en 2014, sur Skipper Macif. Ou comme celui constitué, sur Cercle Vert, de Gildas Morvan, co-vainqueur avec Dalin en 2012, et d'Alexis Loison, vice-champion de France 2015 Elite de course au large en solitaire, mais qui, curieusement, n'a jamais traversé l'Atlantique. D'autres tandems, Sébastien Simon/Xavier Macaire sur Bretagne-CMB Performance, Nicolas Lunven/Gildas Mahé sur Generali ou Adrien Hardy/Vincent Biarnes sur Agir Recouvrement, figurent aussi parmi les favoris.


Hémorragie de milles

Mais "méfions-nous des certitudes dans notre sport", prévient Gilles Chiorri, le directeur de la course. "Il y a mille raisons pour lesquelles un favori peut
se planter: avarie, erreur stratégique ou un binôme qui ne fonctionne pas, par exemple"
, pointe-t-il. En l'absence de certains ténors de la course au large pour cause de participation au Vendée Globe, les neuf autres duos auront leur carte à jouer sur cette traversée "d'attention et de pilotage", selon la direction de course, mais aussi "technique et stratégique". 

Méfions-nous des certitudes dans notre sport . Il y a mille raisons pour lesquelles un favori peut se planter: avarie, erreur stratégique ou un binôme qui ne fonctionne pas, par exemple.  Gilles Chiorri, le directeur de la course


Selon les prévisions météo, les skippers, après un départ avec un vent de sud-sud-est puis un front perturbé durant la première nuit, devraient rencontrer un "flux de nord à nord-est qui devrait les porter sous spi", plein sud, vers une bouée au nord de La Palma (îles Canaries). Ils devront la laisser à tribord, détaille Gilles Chiorri. "Si on passe près de la bouée, on choisit le parcours le plus court", souligne-t-il. "Mais on ne prend pas les meilleures conditions de vent". En revanche, "si on passe au large de la bouée, on rallonge le parcours, mais on remet un peu plus de vent". Il restera alors près des deux tiers de la course à effectuer, avec "un piège: le risque de sombrer dans la routine des alizés", dit le directeur de course.

un piège: le risque de sombrer dans la routine des alizés. Gilles Chiorri


"Il faudra rester alerte, en cas de bascule de vent, il faut la jouer". Et en l'absence de routeur à terre, gare à un écart de cap: "on risque une hémorragie de milles". Chaque jour, il sera possible de suivre la course de chacun des équipages, les bateaux étant tous équipés d'antennes satellitaires, pour envoyer textes et images, une nouveauté.

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