Bronchiolite : conseils pratiques aux parents

Les gestes usuels des kinésithérapeutes sont parfois impressionnants pour les parents / © France 3 Aquitaine
Les gestes usuels des kinésithérapeutes sont parfois impressionnants pour les parents / © France 3 Aquitaine

La bronchiolite touche chaque année 30% des enfants de - de 2 ans (seulement 1% d'hospitalisation). C’est une maladie des poumons due à un virus. Elle provoque une fabrication importante de glaires qui vont gêner la respiration de l’enfant et le faire tousser. Regardez notre reportage.

Par Christophe Roux

Invité plateau : Marik Fetouh, kinésithérapeute, directeur du Réseau Respiratoire D’Aquitaine intervenant à l'Hôpital des Enfants du CHU de Bordeaux
Date de diffusion : Lundi 16 décembre 2013 à 12H
Dossier Santé : la Bronchiolite

La bronchiolite, qu’est-ce que c’est ?

La bronchiolite touche les enfants de moins de 2 ans. C’est une maladie des poumons due à un virus. Elle provoque une fabrication importante de glaires qui vont gêner la respiration de l’enfant et le faire tousser. C’est une maladie qui nécessite rarement une hospitalisation. Elle dure en général plusieurs jours mais l’enfant peut continuer à tousser légèrement pendant quelques semaines.
Comment se présente la bronchiolite ? Le plus souvent, le bébé :
  • Respire mal,
  • Fait du bruit lorsqu’il respire,
  • Tousse, dort mal, pleure, s’agite,
  • A du mal à boire son biberon
Mais ces signes peuvent venir d’un autre problème : c’est pourquoi l’avis d’un médecin est indispensable.
Que faire ?
Il faut amener votre enfant chez un médecin qui l’examinera afin de vérifier s’il s’agit vraiment d’une bronchiolite. Si c’est le cas, il lui prescrira alors une prise en charge adaptée ou l’adressera à l’hôpital, en fonction de son état. Généralement, le médecin va prescrire des séances de kinésithérapie respiratoire, le plus souvent quotidiennes.
Le kiné peut aussi être amené à envoyer votre enfant aux urgences s’il estime que c’est nécessaire.
Seulement 1 % des cas nécessitent une hospitalisation.

A quoi sert la kinésithérapie respiratoire ?

Le kiné va intervenir sur votre enfant :
  • Pour l’aider à évacuer les glaires qui sont dans les poumons et qui gênent sa respiration,
  • Pour dégager son nez et vous montrer comment faire : les bébés de moins de 6 mois respirent surtout par le nez, il faut donc qu’il soit bien dégagé, en particulier avant les repas,
  • Pour surveiller son état : il vous indiquera en cas de besoin si vous devez retourner voir le médecin traitant ou si votre bébé doit être hospitalisé.
Le kiné vous donnera également des conseils pour vous aider à passer au mieux ce moment difficile.

Comment se passe une séance de kinésithérapie respiratoire ?
En général il y a trois temps :
  • Lavage du nez, pour aider le nourrisson à mieux respirerSi besoin, le kiné mettra quelques gouttes de sérum physiologique (eau salée) dans le nez de votre enfant, puis il le fera renifler en lui fermant la bouche pour lui dégager le nez.
  • Désencombrement bronchique, pour faire remonter les glaires des bronches vers la gorge. Par des pressions des mains au niveau des côtes et du ventre, le kiné va faire sortir l’air des poumons pour faire remonter les glaires vers la gorge.
  • Toux provoquée, pour faire remonter les glaires vers la bouche.Elle n’est pas systématique. Le kiné peut provoquer la toux de votre enfant en effectuant des pressions à la base du cou, pour faire remonter les glaires vers la bouche.Une fois dans la bouche, les glaires seront le plus souvent avalées et évacuées par les selles. Il n’est pas indispensable de recueillir les glaires pendant la séance.
Tous ces gestes ne plaisent pas toujours à votre bébé qui va souvent pleurer pour exprimer son mécontentement. Ces techniques de kiné peuvent être impressionnantes mais ne sont ni douloureuses, ni dangereuses.

Sources : www.bronchiolite.org

En Aquitaine

La bronchiolite est un problème majeur de santé publique : 30 % des nourrissons sont touchés chaque année avec une aggravation des tableaux cliniques, aboutissant à un engorgement des services hospitaliers, et en premier lieu des urgences, en période épidémique.
Face à cette situation, les professionnels de santé aquitains ont souhaité s’organiser en réseau, pour améliorer la coordination, la continuité et la qualité de la prise en charge des enfants atteints. Ainsi, l’information et la coordination des médecins et des kinésithérapeutes exerçant en ville et dans les hôpitaux, passent par la création d’outils et référentiels communs (Réseau Aquitain Bronchiolite et Asthme du Nourrisson).

Au CHU de Bordeaux, une unité saisonnière est ouverte chaque hiver, attenante aux urgences pédiatriques, pour la prise en charge des enfants souffrant de bronchiolites importantes. Les kinésithérapeutes de l’hôpital des Enfants sont amenés dans leur activité à prendre en charge les enfants atteints de bronchiolites et se déplacent également dans chaque service selon les besoins.

Sur le même sujet

Les + Lus