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Championnat d'Europe d'athlétisme en salle: Lavillenie, haut perché à 6,04 m

Renaud Lavillenie, détenteur du record du monde (6,16 m), est devenu champion d'Europe en salle de la perche pour la quatrième fois consécutive samedi à Prague. Le champion olympique s'est assuré du titre en franchissant 5,90 m. Il a été tous près, au deuxième essai, de battre son record du monde.
Renaud Lavillenie laisse exploser sa joie après son nouveau titre de champion d'Europe en salle (perche).
Renaud Lavillenie laisse exploser sa joie après son nouveau titre de champion d'Europe en salle (perche). © AFP /JOE KLAMAR
L'empereur de la perche Renaud Lavillenie, pour la 4ème fois de suite champion d'Europe en salle samedi à Prague, avec 6,04 m, a été le seul à rivaliser dans la O2 Arena au niveau de l'ambiance générée, avec Pavel Maslak, le roi du 400 m.

Après avoir débuté le concours à 5,75 m, le champion olympique et détenteur du record du monde (6,16 m) s'est déjà assuré du titre en franchissant 5,90 m.
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Interview de Renaud Lavillenie

Record de la manifestation

Puis, attaché aux chiffres et à la densité d'un palmarès, le perchiste de poche a franchi au second essai 6,04 m, record de la manifestation.
Renaud Lavillenie, pendant la finale, hier à Prague.
Renaud Lavillenie, pendant la finale, hier à Prague. © MICHAL CIZEK / AFP

Ses adversaires

A cette hauteur, le Russe Aleksandr Gripich et le Polonais Piotr Lisek n'étaient déjà plus dans sa sphère, ayant décroché à 5,90 m. Déjà contents d'avoir assuré l'essentiel à 5,85 m pour glaner respectivement l'argent et le bronze.

Avec une mention au Polonais : eu égard à son âge (22 ans) et à la manière dont il a manqué la barre de 5,90 m, le costaud de Szczecin paraît en mesure de franchir cet été les 6 mètres.

Lavillenie, lui, était déjà en orbite pour une nouvelle marque planétaire. A 6,17 m, il a donné l'illusion de pouvoir s'affranchir de la barre.

Passion de cadet

"Le plus important, c'est qu'à presque 29 ans Renaud est encore aussi passionné de son sport qu'à 14 ans", a souligné son entraîneur Philippe d'Encausse. Et d'expliquer: "Il a une vie facile, il pourrait faire plein de choses, se ménager, passer du bon temps. Mais il est dans le même état d'esprit que s'il était cadet. C'est à dire que si ça ne se passe pas bien dans le prochain concours, il va jeter les perches par terre".
Renaud Lavillenie, en pleine finale de saut à la perche, samedi à Prague.
Renaud Lavillenie, en pleine finale de saut à la perche, samedi à Prague. © Maxppp
Le Charentais de naissance a ainsi enchaîné cette saison son cinquième concours à 6 mètres et plus. Et pour cette dernière hivernale, il a porté à 14 le nombre de sauts à au moins 6 mètres réussis dans sa carrière. 

Depuis 2009 et son premier titre continental à Turin, Renaud Lavillenie est invaincu sur le Vieux-continent en grandes compétitions. Il a été également  champion d'Europe en plein air à Barcelone (2010), Helsinki (2012) et Zurich (2014). 

On n'a pas l'occasion d'avoir des "Marseillaise" tous les week-ends. C'est toujours un plaisir, une motivation de venir sur un championnat pour aller chercher un titre, une médaille, un record. (R. Lavillenie)

Pourtant, le désormais septuple champion d'Europe refuse de banaliser cette domination outrancière. "On n'a pas l'occasion d'avoir des "Marseillaise" tous les week-ends. C'est toujours un plaisir, une motivation de venir sur un championnat pour aller chercher un titre, une médaille, un record", a-t-il répété depuis son arrivée dans la capitale tchèque.

Il a évoqué cette "impatience de sauter pour continuer à écrire (son) histoire et puis à écrire aussi un peu l'histoire de la perche européenne".
La joie de Renaud Lavillenie après son 4ème titre consécutif à la perche, en salle, samedi à Prague.
La joie de Renaud Lavillenie après son 4ème titre consécutif à la perche, en salle, samedi à Prague. © Maxppp

A la longueur

A la longueur, Eloyse Lesueur, championne du monde en salle il y a un an à Sopot  (Pologne), a pris seulement la 5ème place avec 6,73 m, loin de la Serbe Ivana Spanovic, au-dessus du lot (6,98 m).

En conduisant les deux tours du 400 m de bout en bout, Maslak (45.33), tenant du titre et fort du meilleur chrono mondial de la saison (45.24), a fait délirer
le public. Il a devancé de 92/100e Dylan Borlée, le dernier de la cuvée familiale (après Kevin, Jonathan et Olivia), entraînée par Jacques, le père.
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Récit du sacre de Renaud Lavillenie, samedi à Prague

 

Entretien avec Renaud Lavillenie: "ce sont les chiffres et j'aime jouer avec"
Renaud Lavillenie explique avoir "joué avec les chiffres" autant qu'avec ses adversaires, samedi à Prague.  

Q : Quelle était votre stratégie aujourd'hui ?
Renaud Lavillenie : "J'ai à peu près maintenu la stratégie de concours que je m'étais fixée. J'ai pas eu besoin de l'adapter parce que j'étais super bien réglé. Il y a eu deux sauts pour gagner, comme à Zurich (3e titre européen en plein air), mais sauf que là ce n'était pas 5,65/5,80 m, mais 5,75/5,90 m. Et puis encore un saut à plus de six mètres, et des tentatives face au record du monde qui sont les plus belles que j'ai pu faire."

Q : A en oublier les adversaires ?
R.L. : Gripich a battu son record (5,85 m) et derrière, Lisek, qui était attendu, a répondu (5,85 m également). A 5,90 m, ils étaient encore trois. C'est là que
je suis content d'avoir effacé tous les doutes. Quand Gripich a fait une nouvelle impasse à cette hauteur après un essai manqué pour passer à 5,95 m, on s'est demandés si je n'allais pas franchir 5,95 m pour enfoncer le clou. Mais, même s'il avait passé une barre à 5,95 m, je savais que 6 mètres ne me poseraient pas de problème pour répondre. Ca fait quand même la 3e fois que je fais plus de 6 mètres  en championnat (d'Europe indoor) après Paris et Göteborg.

Q : pourquoi 6,04 m et puis 6,12, finalement changé en 6,17 m ?
R.L. : "6,04 m, c'est le record des championnats. Les quatre petits centimètres étaient aussi symboliques des quatre victoires aux championnats d'Europe en salle. Et puis il était important de ne pas griller les étapes. Douze, ça avait une valeur, (c'est) mon 12ème concours à plus de six mètres. Et puis ça me permettait de faire une barre intermédiaire que j'ai rarement tentée. Et puis je réfléchis : quoi qu'il arrive il fallait que je garde la même perche, les mêmes réglages. Alors, vu l'ambiance qui avait l'air d'être pas mal, je me suis dit: 'si je tente 17, elle sera encore mieux'. Alors, je vais vers le juge et je demande 17. Sur le saut que je fais, y aurait eu 12, ça aurait été pareil. En fait, il me manque juste un peu d'énergie pour que ça avance. Ca s'est joué sur la transmission car j'étais un peu loin. Ce sont des chiffres et j'aime jouer avec. Si je ne me trompe pas, je crois que j'ai égalé le record de Bubka. En une saison en salle, il a fait cinq concours à six mètres et plus, comme moi cette saison."
(Entretien : AFP)
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