Joël Robuchon qui a ouvert "La Grande Maison" en décembre dernier à Bordeaux vient de déposer une plainte en diffamation à l'encontre d'un ex-commis de son nouveau restaurant. Celui-ci avait déposé plainte pour harcèlement affirmant avoir subi des brimades et autres insultes dans les cuisines.
Joël Robuchon, le chef cuisinier français le plus étoilé au monde avec 28 étoiles au Guide Michelin, déclare avoir été consterné par les affirmations du jeune commis dans un article publié sur Francetv info.
Le jeune homme, qui a souhaité garder l'anonymat et un autre, Franck Yoke, affirment avoir été l'objet de "harcèlement", "brimades", "insultes" ("chien", "vous êtes de la merde", "connard") et qu'ils auraient été "obligés à avaler de l'eau salée".
Franck Yoke a porté plainte le 6 février au commissariat de police de Biarritz, une plainte devant être transmise au Parquet de Bayonne, lequel la transfèrera ensuite au Parquet de Bordeaux, lieu de l'infraction supposée, qui aura alors à décider de la suite à y donner.
Dans un communiqué envoyé à l'AFP, Joël Robuchon, parle d'allégations "mensongères". Et précise que l'auteur de la plainte pour "harcèlement" est "un commis de cuisine qui n'a été présent dans l'établissement que deux jours, les 1er et 2 janvier 2015. Et que, n'étant pas présent dans le restaurant à ces dates, il ne l'a "jamais rencontré".
L'ex-commis met surtout en cause le chef japonais Tomonori Danzaki, fidèle collaborateur de Joël Robuchon avec lequel il a obtenu trois étoiles à Las Vegas et Tokyo, et qui dirige la brigade de La Grande Maison à Bordeaux.
Pour Joël Robuchon, "en dépit de la désignation expresse d'une cible autre que lui en la personne de son chef exécutif, collaborateur de très longue date, reconnu dans le monde entier", les allégations du commis diffusées par francetvinfo "portent très gravement et injustement atteinte à sa réputation".
Par conséquent, il a décidé de "saisir la justice de ces allégations diffamatoires dont il demande la sanction et la réparation, à la mesure de l'atteinte portée à sa réputation".
En réponse aux accusations de "harcèlement", Joël Robuchon assure que ses "équipes constituées dans les divers établissements qui portent son nom se caractérisent par une fidélité unique au monde et une harmonie dans l'exécution qui rendent peu crédibles le dossier à charge monté à Bordeaux".
De plus, Joël Robuchon souligne que sa formation de compagnon et son "engagement constant pour la transmission du savoir culinaire à la jeunesse sont aux antipodes des comportements évoqués".
Par ailleurs il précise que son établissement ayant ouvert en décembre, il ne pouvait pas prétendre à une étoile au guide Michelin cette année, contrairement à ce que pouvait laisser penser l'article de Francetv info.
Dans le débat récurrent sur les brimades morales ou physiques dans les cuisines, cinq chefs, Meilleurs ouvriers de France, dont Gérard Cagna et le chef des cuisines de l'Elysée, Guillaume Gomez, avaient rendu public en novembre 2014 un manifeste appelant à la fin du "bizutage".