Sur l’île d’Oléron, les surfeurs dans le creux de la vague du confinement à cause du Coronavirus

Conséquence de la fermeture des plages, les surfeurs sont au repos forcé. Illustration sur l’île d’Oléron où la communauté des surfistes essaye de prendre son mal en patience. Les professionnels du surf sont eux, inquiets. L'activité tourne au ralenti.
 

Les surfeurs sauront dans la soirée s'ils pourront défier les vagues la semaine prochaine
Les surfeurs sauront dans la soirée s'ils pourront défier les vagues la semaine prochaine © Volodia Pertsowsky
Habiter à quelques minutes voire à quelques mètres de l’océan et ne pas en profiter. C’est le cadre, certes privilégié mais frustrant, des habitants de l’Île d’Oléron. Depuis le 19 mars, toutes les plages du littoral de Charente-Maritime sont interdites d’accès. Les surfeurs doivent donc laisser leur planche au repos… à leur plus grand dam. "Ce qui était le plus frustrant, c’étaient les toutes premières semaines de confinement. Les conditions météorologiques et de houle étaient vraiment très bonnes. On attendait cela depuis longtemps, mais il fallait rester à la maison déplore Volodia Pertsowsky, moniteur de l'école de surf Take Off.

Une "drogue psychologique"

Le surf fait partie intégrante de la vie de certains Oléronais. Au bout d’un mois, le manque se fait ressentir mais ils essaient de penser à autre chose. "Avant, dès sept heures, je passais ma journée sur un site météo pour savoir où et quand surfer. La première semaine de confinement j’ai continué par réflexe. Mais j’ai vite arrêté cela, je me force à penser à autre chose affirme Volodia Pertsowsky.

J’aimerais être dans l’eau même si les vagues sont pourries ! C’est dur psychologiquement de se priver.
- Volodia Pertsowsky, moniteur de l'école de surf Take off.

Mais si des surfeurs de Biarritz ont lancé une pétition en ligne pour demander la réouverture des plages, les surfeurs de l’île d’Oléron sont plus mesurés.

C’est sûr qu’il y a une drogue psychologique à chercher le meilleur endroit au meilleur moment. Mais nous ne sommes franchement pas à plaindre. C’est égoïste de penser à sa petite pratique sportive alors que c’est la guerre dans les hôpitaux.
- Ludovic Pierre, moniteur de l'Oléron surf club.

L'inquiétude des surfshops

Les commerces autour du surf doivent aussi affronter cette crise. L’inquiétude monte alors que leur activité économique est essentiellement estivale. Les magasins ont pu rouvrir leurs portes en drive et sur commande. "Au moins, ça nous permet de bien nettoyer et de remettre en ordre le magasin", se convainc Cyril Arnaud, gérant du Tamarindo Surfshop. "Nous avons l’impression d’être actif. D’habitude, cette période est une bouffée d’oxygène de reprise économique. Là, c’est loin d’être le cas", poursuit-il. 

J’ai pu rouvrir mais mon activité représente 3 % du chiffre d’affaires que je fais d’habitude, ce n’est rien.
- Fred Groot, gérant de Cocoa Gliss.

Les cours de surf en pâtissent aussi forcément. Volodia Persowsky, moniteur d'école de surf ne cahce pas son inquiétude : "Je réalise 80 % de mon chiffre d’affaires en juillet et en août. D’habitude, mes semaines sont déjà au complet. Là je n’ai eu que trois appels depuis le début du confinement. Un pour savoir quand est-ce que je reprenais. Les deux autres appelaient pour annuler."

Une réouverture des plages mi-mai ?

La communauté de communes de l’île d’Oléron étudie la réouverture des plages au 11 mai. Contrairement à une plage des cités balnéaires comme Biarritz, les plages d’Oléron sont plus larges et elles permettraient, a priori, de respecter la distanciation sociale. Mais la crainte des autorités est de voir débarquer des milliers de touristes affluer vers les plages. En effet, il n’y a aucun moyen juridique de filtrer le pont d’accès à l’île alors que le week-end prolongé de l’ascension se profile.

En attendant, il est possible de faire du surf sur la terre ferme. Noé et Tom Riou, 15 ans et 13 ans n’ont pas été à l’eau depuis six semaines. Alors, ils compensent ce manque comme ils peuvent ! 
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