Saintes : un procès symbole des agressions contre les cyclistes

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Ce jeudi, en début d'après-midi, un quinquagénaire est poursuivi pour violences volontaires avec arme par destination par le tribunal judiciaire de Saintes. En janvier dernier, ce conducteur de camion avait renversé volontairement puis tabassé, avec l'aide de son fils de 17 ans, un jeune cycliste sur une route de campagne. Plusieurs associations de cyclistes ont manifesté devant le palais de justice.

Les images avaient fait le tour des réseaux sociaux début mai. Elles venaient de la caméra fixée sur le blouson du cycliste. Roulant sur une route départementale entre Saintes et Semussac, en Charente-Maritime, l'homme avait été doublé et percuté par un camion benne. Après sa chute, il avait vu le camion stopper quelques mètres plus loin et deux individus en sortir. Les deux hommes l'avaient alors roué de coups et insulté avant de remonter dans leur camion et de repartir. 

Agressions et accidents plus nombreux

Le cycliste s'était vu prescrire 30 jours d'ITT, il avait le nez et un doigt cassés et était très choqué psychologiquement. C'était en janvier. 

Nos confrères d'Envoyé Spécial avaient consacré à cette affaire quelques minutes de leur magazine intitulé "La voiture nous rend-elle fous ?"  diffusé début juin. Michael (prénom d'emprunt) y raconte comment son appel au chauffeur à ralentir son allure a conduit à cette agression. Il se décrit lui même comme "un gibier dans une chasse au cycliste". Rétrospectivement, il réalise aussi qu'il aurait pu avoir la main tranchée lors de la collision avec le camion. Et sur le moment, il a eu peur qu'ils le tuent.

L'association Mon vélo est une vie, qui milite pour la sécurité des usagers, suit de près cette affaire et, avec le comité départemental de cyclotourisme de Charente-Maritime, avait invité les cyclistes à venir au tribunal à l'heure de l'audience, en tenue, pour apporter leur soutien à la victime. Ils étaient une cinquantaine sur les marches du palais.

Le président de Mon vélo est une vie, Teodoro Bartuccio, réclame une peine exemplaire. Il déplore la multiplication des comportements agressifs des conducteurs et rappelle ces chiffres alarmants : + 37% de mortalité des cyclistes hors agglomération en 2021 (par rapport à 2019) et +7% en agglomération. 

Il y a une incohérence dans le discours du gouvernement qui incite à la pratique du vélo mais sans garantir la sécurité suffisante

Teodoro Bartuccio, président de l'association Mon Vélo est une vie

Le prévenu encourt jusqu'à trois ans d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende. Son fils, moins impliqué, avait fait l'objet d'une mesure d'alternative aux poursuites.