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Luc Ferry défend l'Éducation nationale au procès de l'instituteur pédophile

Luc Ferry en novembre 2016. / © PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN/MAXPPP
Luc Ferry en novembre 2016. / © PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN/MAXPPP

L'ancien ministre de l'Éducation nationale Luc Ferry comparaissait comme témoin au procès d'un ex-enseignant accusé de viols et agressions de 19 de ses élèves en Savoie et d'attouchements de 11 enfants lors d'un camp de vacances équestre à Mornac-sur-Seudre (Charente-Maritime).

Par D.L. avec AFP et France 3 Alpes

Depuis jeudi dernier, aux Assises de Savoie à Chambéry, les jurés se demandent comment l'ancien instituteur de Planaise, marié et père de deux enfants, a pu commettre des viols et agressions sexuelles sur 30 fillettes, âgées de 5 à 12 ans, entre 2011 et 2013. En classe en savoie et en camp de vacances en charente-Maritime.

Aucun antécédent, aucun signe avant-coureur n'avait été décelé par ses collègues ou son entourage. A la question posée devant les jurés : "Etes-vous pédophile ?", il a répondu : "J'ai commis des actes pédophiles, mais je ne sais pas si je suis pédophile"

Luc Ferry était cité à comparaître comme témoin par la Fondation de l'enfance, partie civile au procès de cet enseignant accusé d'avoir violé ou agressé une trentaine de fillettes.

"L'administration de l'Éducation nationale a toujours été extrêmement vigilante sur ces questions" et "pendant longtemps, aussi bizarre que cela puisse paraître, l'école a été critiquée, jusque dans les années 80, parce qu'elle protégeait trop contre les relations sexuelles entre les adultes et les enfants", a expliqué l'ancien ministre des gouvernements Raffarin entre 2002 et 2004.

Ce mardi, la cour se penchera sur les faits commis en Charente-Maritime

Que faire aujourd'hui pour améliorer la prévention au sein de l'Éducation nationale ? "Si je revenais aux affaires, je remettrais le logiciel Signa en place, dans sa forme initiale", a-t-il suggéré.

Créé en 2001, ce logiciel permettait de recenser les actes de violences scolaires.

En revanche, pour lui, l'instauration d'un numéro vert permettant d'éviter tout passage à l'acte en recueillant en amont la parole des personnes s'estimant déviantes n'aurait aucun intérêt. "Je ne crois pas que les personnalités perverses y soient sensibles", a estimé Luc Ferry.

Du côté de la défense, Me Nicolas Paradan a rétorqué que ce numéro vert remportait pourtant un certain écho en Allemagne.

Reste que pour la défense, cette affaire n'est pas une affaire interne à l'Éducation nationale et qu'aucune comparaison ne peut être faite avec l'affaire de Villefontaine, ce directeur d'école mis en examen en Isère en 2015 pour des faits de viols, alors qu'il avait déjà été condamné en 2008 pour avoir téléchargé des images pornographiques

"Je ne vois pas comment on peut prévenir quelque chose qui n'est pas prévisible. C'est plus un problème de société qu'un problème de l'Éducation nationale", a expliqué à l'AFP l'autre avocat d'Eric Molcrette, Me Olivier Connille, en marge de l'audience.

L'actuelle ministre, Najat Vallaud-Belkacem, citée également, ne s'est pas déplacée pour des raisons de procédure.
L'ex-enseignant, qui a reconnu les faits, est accusé de viols et agressions de 19 de ses élèves à l'école de Planaise (Savoie), et d'attouchements de 11 enfants lors d'un camp de vacances équestre à Mornac-sur-Seudre (Charente-Maritime).

Ce mardi, la cour se penchera sur les faits commis à Mornac-sur-Seudre. Le verdict est attendu en fin de semaine.

Regardez ce reportage de France 3 Alpes :

 

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