Verallia Cognac : débrayage de soutien à trois syndicalistes, "lanceurs d'alerte" sur un risque de pollution à l'amiante

La CGT appelle ce lundi à un débrayage dans les sept sites de production de Verallia en France. Le mouvement vise à soutenir trois syndicalistes mis à pied après avoir alerté sur un risque de pollution à l'amiante, à l’usine Verallia de Chalon-sur-Saône, en Saône-et-Loire.  

Débrayage à l'appel de la CGT sur le site Verallia Cognac à Chateaubernard en Charente.
Débrayage à l'appel de la CGT sur le site Verallia Cognac à Chateaubernard en Charente. © Jérôme Deboeuf/ France 3
Les trois syndicalistes de la CGT, syndicat largement majoritaire chez Verallia, sont convoqués aujourd'hui par la direction pour un entretien préalable à des sanctions et pouvant aboutir à des licenciements. La direction du groupe reproche à ces salariés d'avoir reçu la presse, et notamment une équipe de France 3, dans les locaux syndicats de l'usine de Chalon-sur-Saône dans lesquels ils seraient entrés sans autorisation.

Dans cette usine de Saône-et-Loire, les salariés voulaient dénoncer les risques de pollution à l'amiante après un incendie qui a eu lieu le 16 juillet dernier. La CGT, qui fait réaliser des analyses par un laboratoire spécialisé, indique que des fibres d’amiante ont été trouvées dans des morceaux de toiture.
La CGT a déposé un droit d'alerte après la découverte de fibres d’amiante à l’usine Verallia de Chalon-sur-Saône, en Saône-et-Loire.
La CGT a déposé un droit d'alerte après la découverte de fibres d’amiante à l’usine Verallia de Chalon-sur-Saône, en Saône-et-Loire. © France 3 Bourgogne-Franche Comté

Le syndicat a déposé un droit d’alerte pour risque grave pour la santé publique, le lundi 6 janvier 2020. Il estime que la direction n'a pas engagé les travaux nécessaires après cet incendie pour assurer la protection des salariés. 


Pas de danger pour les employés ni pour les riverains

La direction indique, pour sa part, que les vérifications nécessaires et conformes aux obligations réglementaires en matière de risques liés au bâti ont été effectuées. Elle ajoute que les résultats d'analyses menées en 2019 ont montré qu’il n’y avait pas de danger pour les employés de l’usine ni pour les habitants proches du site. Dans un communiqué, elle indique que "Le 18 juillet 2019, Verallia a fait procéder à d’autres mesures d’amiante par un autre laboratoire indépendant et certifié COFRAC. Les résultats confirmaient l’absence de fibre d’amiante et l’absence de tout risque de ce point de vue...Le 10 septembre 2019, un prestataire extérieur certifié a effectué un diagnostic amiante de la toiture qui a confirmé que les mesures prises étaient satisfaisantes. Il était établi que la toiture ne présente aucun risque pour les occupants.​​​​​​​"
 


"Des investissements à minima dans les usines"

Les représentants de la CGT du site de Châteaubernard en Charente estiment que la situation dans l'usine de Chalon-sur-Saône illustre la politique de non investissement de la direction du groupe. Verallia, spécialisé dans la fabrication des emballages en verre, a été revendu en 2015 par St-Gobain au fond de capital-investissement américain, Apollo Global Management. Le syndicat indique "que les conditions de travail dans les usines sont aujourd'hui totalement dégradées et que les investissements de fonctionnement se font à minima au détriment d'une politique de recherche du profit immédiat".
La CGT dénonce également l'absence totale de dialogue social.
Sur le site charentais, la CGT craint la fermeture de l’un des trois fours pour lequel aucuns travaux de rénovation n'a été entamés malgré les besoins. Verallia Cognac emploie aujourd'hui environ 350 personnes, la fermeture de l'un des fours de la verrerie pourrait entraîné la suppression de 80 postes, selon la CGT.
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