Le 5 septembre 2019, le juge d'instruction a rendu un non-lieu à l'égard d'Airbus et Air France, concernant le drame du 1er juin 2009, qui a fait 228 morts. Pascal Linguet, cadre à Limoges, fait partie des victimes. Son frère, Philippe, ne comprend pas le non-lieu.
"Nous sommes oubliés", c'est la conclusion que tire Philippe Linguet, frère de l'une des 228 victimes, en évoquant l'ordonnance de non-lieu le 5 septembre 2019.
Vice-président de l’association des familles des victimes, il dénonce des incohérences entre les expertises et la décision du juge du tribunal de grande instance de Paris.
Il y a plus de dix ans, le 1er juin 2009, Pascal Linguet embarquait à Rio, direction Paris, dans le vol AF 447. L'homme de 48 ans, résidant à Rilhac-Rancon (87), était directeur adjoint au siège régional de l'entreprise CGE Distribution.
La société avait organisé un voyage au Brésil pour fêter les performances de quelques commerciaux. Dix salariés et leur neuf invités perdaient la vie sur le trajet du retour.
"Ce jeudi [5 septembre 2019], on s’est pris une grande claque dans la figure, reconnaît le frère de Pascal Linguet, on se bat depuis dix ans, on avait confiance en la justice. On était tous conscients d’être le pot de terre contre le pot de fer qu’est Airbus. C’est avéré, on ne fait pas le poids."
Dans son ordonnance de 2019, le juge d’instruction n’a retenu que le deuxième rapport de 2018. Pourtant, Philippe Linguet estime que des éléments cruciaux se trouvaient dans la première expertise.
"Il n'y a pas un mot sur les sondes Pitot, pourtant mises en cause dans le premier rapport déposé en 2012. (Philippe Linguet)
"En juin [2019], on a communiqué au juge d'instruction un document indiquant que les sondes Pitot de l'avion avaient 19.000 heures de vol. Et le premier rapport reconnaît qu’Airbus et Air France connaissaient les problèmes des sondes après 8.000 heures de vols", précise le frère de la victime.
Nous demandons un débat contradictoire et que la justice passe. Or nous sommes oubliés. On des petites gens, loin des lobbies. Mais nous nous battons pour nos enfants, frère, sœur, parents disparus. (Philippe Linguet)
L'association AF447- Entraide et solidarité a indiqué qu'elle va faire appel de la décision. "En dix ans, nous n’avons jamais reçu le moindre mot de compassion de la part de Airbus", déplore le vice-président de l'association.
Vendredi 6 septembre, le parquet de Paris fait appel du non-lieu général pour Airbus et Air France.