Creuse : le camp militaire de la Courtine en mutation pour des combats futurs intenses

Le camp militaire centenaire de la Courtine prépare sa mutation. La superficie du village de combat va être doublée en 2021. L’armée de terre se prépare à des combats urbains de haute intensité. 

Il y a quelques jours, le régiment d’infanterie chars de marine de Poitiers (RICM), s’est déplacé en Creuse avant de partir en Afrique sur l’opération Barkhane. Les militaires français sont engagés au Sahel depuis 2014 pour lutter contre des groupes armés djihadistes.  

Entraînement du RICM à la Courtine

Les soldats vont devoir affronter des groupes peu mobiles, qui connaissent bien le désert, peuvent se fondre dans la population, mais sont moins bien armés qu’eux. Des spécificités de combat pour lesquelles ils se sont entraînés au camp militaire de la Courtine.  

Stratégie 

Ce camp sur lequel l’ensemble de l’armée de terre vient s’exercer est en pleine mutation, pour correspondre à la vision stratégique de l’armée de terre.

Présentation des capacités de l'armée de terre 2020 (video produite par l'armée)

Bien sûr, les militaires se préparent au pire. Cette vision stratégique se construit en fonction de l’observation des tensions internationales actuelles. Le lieutenant-colonel Jocelyn De Metz, chef de corps du camp de la Courtine, remarque que “les contreforts de l’Europe sont devenus instables.”  

Les tensions avec la Turquie, la guerre en Syrie ou dans le Haut-Karabagh sont autant d’indicateurs qui font penser aux militaires qu’ils doivent se préparer à des combats de “haute intensité”. L’armée de terre s’entraîne donc à faire face à des ennemis dotés de moyens tout aussi puissants que les siens. 

Camp militaire en mutation 

500 militaires passent en moyenne tous les jours sur le camp de la Courtine. Certaines semaines, ils peuvent être jusqu'à 2000.  

En 2021, la superficie du village de combat, dans lequel les soldats s’entraînent en milieu urbain, va être doublée. Les agrès d’entraînement qui permettent aux instructeurs de surveiller le déplacement des troupes vont être adaptés. Certaines façades vont être écorchées pour plus de visibilité.  

Le camp de la Courtine comprend en outre 24 faces de tir. Il est possible de tirer des obus de mortier sur certaines d’entre elles. 

C’est un camp ancré dans sa région par son histoire centenaire. Il poursuit son développement pour accompagner la préparation opérationnelle de l’armée de terre. 

Lieutenant-colonel Jocelyn de Metz, chef de corps du camp de la Courtine 

Une longue histoire 

Le camp a été créé en 1901. Il a une superficie de 6300 hectares, dont 300 de forêt.  

Pendant la première guerre mondiale, il a été la base arrière des armées où les poilus se préparaient pour aller au front.  

L’histoire de la Courtine a été marquée par la révolte de deux brigades russes en 1917. Après avoir renvoyé leurs officiers, les soldats se sont autogérés pendant quatre mois avant que les lieux ne soient repris d’assaut après cinq jours de combat. 

Instants d'avant : le camp de la Courtine

Puis vint la période sombre de la Seconde Guerre Mondiale. Les nazis ont investi les lieux. En 1962, le Général de Gaulle a assisté à des manœuvres en Creuse. 

Le camp a fêté son centenaire en 2001.  

 

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