Creuse : première prescription de cannabis thérapeutique au CHU de Guéret

Un peu plus d’une semaine après le lancement de l’expérimentation nationale, le cannabis thérapeutique fait son arrivée en Creuse. Ce vendredi 9 avril, un premier patient va se faire préscrire un traitement comportant des principes actifs dérivés du cannabis pour apaiser ses douleurs. 

Le cannabis thérapeutique ne se fume pas. Il est ingéré sous forme d'huile ou inhalé par vaporisation
Le cannabis thérapeutique ne se fume pas. Il est ingéré sous forme d'huile ou inhalé par vaporisation © Pixabay

Ce vendredi 9 avril, au CHU de Guéret (Creuse), un premier patient va recevoir une prescription pour un traitement à base de cannabis thérapeutique pour ses douleurs neuropathiques réfractaires, des douleurs ne pouvant être traitées avec d'autres médicaments.  

Il s'agit d'une expérimentation qui vise à évaluer la sécurité de ce type de prescription. "Ce n'est pas une étude clinique qui viserait à prouver ou non l'efficacité du traitement, mais bien de déterminer la faisabilité et la sécurité de cette prescription", précise Marlène Amilhaud, médecin à l'hôpital de Guéret. 

Le patient a été informé et a donné son consentement. Toutes les données recueillies seront conservées dans le registre national dédié, mis en place par l'Agence Nationale de Sécurité du Médicament. "Cette procédure administrative est chronophage, mais indispensable pour sécuriser la prise de substances qui peuvent être tout de même dangereuses, notamment le THC qui est psychoactif" commente Marlène Amilhaud.

Pour être "éligible", le patient doit avoir utilisé déjà deux lignes de traitements différentes, des traitements qui se sont révélés inefficaces ou avec trop d'effets secondaires. Le cannabis thérapeutique n'est donc pas prescrit en première intention. L'expérimentation va durer deux ans. 

Trois traitements sont disponibles avec des dosages différents : 

Il ne s’agit pas d’herbe à fumer !  Les médicaments prescrits sont en fait des traitements comportant des principes actifs dérivés du cannabis sous forme d'huile à boire ou de fleur de cannabis à inhaler. L'huile étant réservé au traitement de fond, les fleurs en vaporisation en cas de poussées de douleurs courtes mais intenses. 

Il s’agit là d’une expérimentation nationale initiée le 26 mars dernier au CHU Estaing de Clermont-Ferrand (63) en présence du ministre de la Santé et des Solidarités Olivier Véran.

Lorsque j'étais neurologue au CHU de Grenoble, il m'est arrivé d'être confronté à des patients qui eux-mêmes, s'automédiquaient. Une fois député, j'ai pu porter un amendement dans un texte de loi qui avait été voté à l'unanimité par le Parlement, et en tant que ministre de la Santé et des Solidarités, j'ai le privilège de pouvoir désormais décliner ce protocole.

Olivier Véran, ministre de la Santé et des Solidarités 



L'expérimentation se poursuivra dans le courant du mois d'avril à Bordeaux, en tout, 170 hôpitaux français sont concernés. 

La Creuse pourrait jouer un rôle important dans ce programme, les élus ayant fait du cannabis thérapeuthique un enjeu politique et économique, en tentant de développer une filière de production. 

Des projets de cannabis thérapeutique sont en préparation dans le département, comme à Féniers dans un ancien centre informatique de l'Armée de terre. Les traitements étant actuellement offerts gracieusement par des pays comme le Canada ou l’Ukraine.

 

 

 

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