Déconfinement : un belge à la découverte des territoires français à vélo

Ces derniers jours les creusois et haut-viennois ont certainement croisé la route du cycliste Thomas de Blauwer. Ce belge d'origine a entrepris un périple en France profonde pour se ressourcer après une période de confinement. Passé par des sentiers locaux, il raconte son histoire à mi-chemin.

Thomas de Blauwer, sur les routes de Creuse.
Thomas de Blauwer, sur les routes de Creuse. © Isabelle Rio France 3 Limousin

Après le confinement, Thomas de Blauwer a décidé de partir de sa Belgique natale pour découvrir de nouveaux horizons avec comme seul compagnon de route : un vélo.

Passionné depuis l'enfance par cette discipline, il est parti dès 8h le 15 juin dernier, dès l'ouverture des frontières. Son objectif ? traverser la France pour arriver à Saint-Jean-Pied-de-Port, dernière étape en France des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Le 22 juin 2020, il est déjà à 900 kilomètres de sa ville d'origine, Ath, en Belgique. Il vient de s'arrêter dans un restaurant périgourdin pour entreprendre le récit de la première partie de son voyage en terres inconnues.

Partir avec le strict minimum

Samedi 13 juin, 48h avant son périple, Thomas de Blauwer est parti s'acheter un nouveau vélo, celui qui l'accompagnera pendant un mois sur les routes françaises, "un mix entre un vélo de course et un vélo tout terrain" qui a 10 jours après son départ a déjà près de 1057 kilomètres au compteur. Qui dit périple, dit possiblement : intempéries. Alors, le globe-trotteur belge a tout pensé : trois cuissards, un k-way, deux paires de chaussures, trois gourdes et une pharmacie que lui a prévue sa soeur, infirmière en Belgique.

Un rythme bien en tête : du vélo de 8h à 20h toute la journée, avec quelques pauses qu'il s'octroie de temps à autre, "si j'ai envie de prendre un café, je prends un café, ou une bière à 16 h. Le midi et le soir, je m'offre un repas chaud. Ça peut paraître beaucoup, mais je dépense beaucoup d'énérgie !".

Pour Thomas, partir avec le strict minimum, c'est aussi faire le vide dans sa tête. Si pour cet amoureux de la nature, cette excursion signe un retour à l'enfance, elle est aussi synonyme de remise en question.

Nous sommes toujours pressés : toujours plus vite, toujours moi moi moi. Nous devons travailler plus en société. Ce qui est important, c'est la santé des gens que l'on aime. Le reste...

Thomas de Blauwer, cycliste

Revenir quelques années en arrière

Alors, sur les routes de France, Thomas redécouvre la nature, l'humain, le contact. Il s'arrête pour profiter des petites choses que "nous avons tendance à oublier", "nous avons un mode de consommation pressé, qui ne respecte pas nos petits métiers. Nous avons besoin du monde, du milieu hospitalier, de nos petites structures et écoles, et nous ne devons pas oublier nos aînés." C'est d'ailleurs ce que Thomas de Blauwer a apprécié en région Limousin. Passé par la Creuse et la Haute-Vienne ces derniers jours, il a eu la sensation de revenir "40 ans en arrière, quand les gens se disaient encore bonjour et où la nature était encore omniprésente".

Je suis passé par des villages en Creuse où il y a encore tous les petits magasins nécessaires : une boulangerie, un hôtel, un café, une banque, etc.

Thomas de Blauwer

Thomas raconte que lorsqu'il était près de la Souterraine, il a mangé des spécialités locales chez une "petite dame". "Elle m'a fait un plat très familial, ça réchauffe le coeur. Les gens sont très gentils tout au long de la route." Au point même de lui demander s'il est fou ou s'il doit être encouragé, "ça doit être un peu des deux", souligne le cycliste amateur en rigolant.

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Il raconte aussi comment il s'est trouvé près de cet énorme chêne, dans la forêt de Tronçais, dans l'Allier, lui qui aime tant les arbres depuis tout jeune, jusqu'à décider d'en faire ses études dans une école de sylviculture. "C'était magnifique, j'ai posé mon vélo sur le tronc, on pouvait poser six ou sept autres vélos autour". Ou encore lorsqu'il a pris une photo devant le village de Crevant en Creuse, "j'étais épuisé, ça m'a amusé de prendre une photo devant ce nom original !".

Cotôyer le sublime

À peine à la moitié de son voyage et déjà des souvenirs plein la tête, Thomas de Blauwer se dit "chanceux". Il tient à rappeler aux Français, la beauté et la richesse de leur territoire.

J'ai déjà fait toutes les parties d'Europe. Pour moi 80% des beautés sont en France : il y a les collines, la montagne, la mer, un océan, la gastronomie, la culture, l'architecture. Prenez-en soin.

Thomas de Blauwer

Ce chauffeur de bus est habitué aux voyages, "je vais à Londres, à Amsterdam, en Espagne, en Allemagne, en Italie, je n'ai jamais vu rien de si beau qu'en France."

Pour lui, ce périple doit avant tout rimer avec "vacances". Il a emprunté un des quatre GR (sentier de grande randonnée) que compte le territoire français : le GR654. Dans quelques jours, il devrait arrivée à son objectif : Saint-Jean-Pied-de-Port avant de reprendre sillonner de nouveau les routes de France en passant cette fois par la Normandie, pour finalement retrouver sa Belgique aux alentours du 7 juillet, "s'il est en forme".

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