Déconfinement en Creuse, Corrèze et Haute-Vienne : les musées devraient rouvrir le 19 mai, ils sont prêts

Fermés depuis 6 mois, les musées du Limousin ne rêvent que d’une chose, rouvrir leurs portes au public. Un souhait qui devrait être exaucé le 19 mai. C'est en tout cas ce qu'annonce Emmanuel Macron dans un entretien à la presse régionale.

© CC by Croquant via Wikimédias

Emmanuel Macron a annoncé dans la presse régionale ce 29 avril 2021, dans le cadre du calendrier de déconfinement, la réouverture des lieux culturels à compter du 19 mai 2021, sauf dans les départements où la situation sanitaire serait particulièrement dégradée (taux d'incidence supérieur à 400). Cette réouverture se fera dans le respect des jauges et d'un protocole adapté. A ce jour, la Creuse, la Corrèze et la Haute-Vienne présentent un taux d'incidence inférieur à 400 cas Covid pour 100 000 habitants.

"Pour l’instant, nous n’avons pas de date. Le gouvernement a annoncé une réouverture progressive à partir du 15 mai", expliquait Leslie Estrade, directrice du Musée Départemental de la Résistance Henri Queuille, à Neuvic, en Corrèze il y a quelques jours. Avec sa collègue, elles ont hâte de retrouver le public, "c’est notre vocation" s’exclame-t-elle.

Fermé depuis 6 mois, le musée de l’extérieur semble sans vie, pourtant à l’intérieur, il y a toujours quelque-chose à faire. Travailler sur les collections, faire les inventaires, la conservation préventive, Leslie ne s’ennuie pas mais le public lui manque. Comme Céline Paul, la directrice du Musée National Adrien Dubouché de Limoges a hâte de retrouver les visiteurs : "On est avant tout un lieu de présentation et puis je crois qu’on manque au public. Etre au contact d’œuvres, se changer les idées dans cette période complexe, c’est important".

Le musée de la porcelaine se prépare et attend avec impatience la réouverture.
Le musée de la porcelaine se prépare et attend avec impatience la réouverture. © Musée Adrien Dubouché

Un protocole sanitaire strict à la réouverture

Le musée de la porcelaine à Limoge emploie 31 personnes par an, il reçoit 30 000 visiteurs. En 2020, n’ayant ouvert que 31 semaines au lieu de 52 habituellement, il n’a accueilli que 17 304 personnes. En 2021, la fréquentation devrait être aussi réduite avec près de 5 mois de fermeture. Et à la réouverture, une jauge limitera le nombre de personnes.

En temps normal, on peut accueillir jusqu’à 1 500 personnes par heure, même si c’est rarement le cas. Au premier confinement, on avait fortement diminué ce nombre, à peu près au quart de la jauge et là on attend les annonces du ministère. Mais, on s’adaptera à ce qui nous sera demandé.

Céline Paul, directrice du Musée Adrien Dubouché, à Limoges.

C’est la même rengaine en Corrèze, le musée de Neuvic travaille justement sur le protocole sanitaire. "Nous mettons en place des règles strictes, avec un protocole d’accueil, une gestion du flux du public et des points de gel hydroalcoolique" annonce Leslie Estrade.

On pouvait accueillir jusqu’à 90 personnes dans le musée, et là, on sera sûrement à moins de 20 pour assurer un nombre de mètre carré par visiteur.

Leslie Estrade, directrice du Musée Départemental de la Résistance Henri Queuille, à Neuvic

Une réouverture pleine de surprises

Quand on parle de réouverture, on devine les sourires sur les visages de Céline, de Leslie ou encore d’Alice Bernadac, conservatrice et directrice adjointe de la Cité de la Tapisserie d’Aubusson. En coulisses, elles travaillent dur pour que le public découvre de nouvelles œuvres d’art. Le musée Adrien Dubouché de Limoges a récemment fait l’acquisition de 4 sculptures en porcelaine. Des nouveautés contemporaines dont on ne peut rien dévoiler… ni la forme, ni ce que cela représente, ni l’artiste… rien. Le secret veut être gardé. La surprise doit être pour le public et uniquement pour le public.

A Neuvic, Leslie Estrade se montre plus transparente. Fière et impatiente de dévoiler la suite de la rétrospective sur Henri Queuille. Après une exposition en 2019, une autre en 2020, il y a celle de cette année. 2021 présentera via des photographies et des textes, Henri Queuille, le résistant, n° 2 de la France libre aux côtés du Général de Gaule, Henri Queuille, président du conseil mais aussi ministre de l’Agriculture. Intitulé "un engagement au service de la France", le troisième volet de cette rétrospective promet bien des surprises.

 

Henri Queuille, résistant aux-côtés de Charles de Gaulle.
Henri Queuille, résistant aux-côtés de Charles de Gaulle. © Musée départemental de la Résistance Henri Queuille

Enfin, il y a Alice Bernadac à la Cité de la Tapisserie, aussi impatiente que les autres de présenter les nouveaux projets du musée. Car il y en a beaucoup à Aubusson. La Cité a fait l’acquisition d’un peu moins d’une dizaine d’œuvres (moquette, tapis, dessin) de la manufacture Sallandrouze De Lamornaix. Une manufacture du XIXe siècle, domiciliée à Felletin et à Aubusson, qui a marqué l’histoire de la tapisserie mais qui n’a jamais été étudiée avant aujourd’hui.

Avant qu’Alice et Jean-François Luneau, commissaire scientifique de l’exposition et maître de conférence à l’université de Clermont-Ferrand s’en emparent. Leurs recherches les amènent à proposer une grande exposition sur l’histoire de cette entreprise, marquant la filière et l’architecture de la ville. Elle se tiendra en juillet. Des œuvres prêtées des Arts Décoratifs, du Petit Palais à Paris, du Mobilier National, ou encore du Louvre seront visibles.

Cela ne s’arrête pas là, le public pourra découvrir un nouvel espace dédié au projet Hayao Miyazaki. Le lieu a été inauguré 10 jours avant la fermeture de la Cité fin octobre. Dans cette salle immense, "on projette des maquettes à la taille des futures tapisseries (la plus petite va faire 17 m2, la plus grande 27 m2 )". Un projet monumental où une reproduction du carton de la première tapisserie de la tenture « l’imaginaire de Hayao Myasaki en tapisserie d’Aubusson » sera exposée.

Voici le reportage sur le commencement du tissage de la tapisserie "Ashitaka soulage sa blessure démoniaque". C'est la première du projet Hayao Miyasaki. 

"Ashitaka soulage sa blessure démoniaque" ©France 3 Limousin

Enfin, la dixième tapisserie de la tenture "Aubusson tisse Tolkien" sera dévoilée. "Tombée de métier au mois de janvier, le public n’a pas encore eu le temps de la découvrir", explique Alice Bernadac. Intitulée "Christmas 1933", l’œuvre présente la troisième lettre du Père Noël que Tolkien écrivait chaque année à ses enfants. Il y raconte les aventures du Père Noël, ses nuits au Pôle Nord ...

© Cité Internationale de la Tapisserie

Un programme qui promet de belles découvertes, sans compter les autres musées nationaux et privés qui se préparent eux-aussi, dès que possible, à mettre en lumière leurs nouveautés.

 

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