Le chanteur Graeme Allwright est décédé à l'âge de 93 ans. En 2012, il était aux Francofolies

Graeme Allwright - "Aux Actes Citoyens" à Tomblaine (Meurthe et Moselle). / © MaxPPP - Patrice Saucourt
Graeme Allwright - "Aux Actes Citoyens" à Tomblaine (Meurthe et Moselle). / © MaxPPP - Patrice Saucourt

Graeme Allwright, chanteur d'origine néo-zélandaise a vécu quelques années à Niort, dans les Deux-Sèvres. En 2012, il se produisait sur la scène des Francofolies de La Rochelle pour interpréter ses plus grands succès comme le chant de noël "Petit Garçon", ou encore "Sacrée bouteille".

Par Lionel Gonzalez

Chanteur humaniste au parcours atypique, Graeme Allwright, décédé dimanche à l'âge de 93 ans, a fait découvrir aux Français les "protest singers" (chanteurs contestataires) d'outre-Atlantique, en adaptant Pete Seeger, Woody Guthrie ou Leonard Cohen dans la langue de Molière.

Né à Wellington, en Nouvelle-Zélande, le 7 novembre 1926, Graeme Allwright a découvert le jazz, les crooners et le folk en écoutant les programmes radios de la base militaire américaine installée dans la capitale néo-zélandaise. Graeme Allwright exerce une multitude de métiers : ouvrier agricole, apiculteur, machiniste et décorateur pour le théâtre, professeur d'anglais, maçon, plâtrier, vitrier...

Ce n'est qu'à 40 ans qu'il se lance dans la chanson. "L'idée a peut-être germé dans mon esprit lorsque j'ai interprété quelques chansons de Brassens et Ferré, au cours d'une tournée avec une pièce de Brecht trop courte, racontait-il (...) j'ai pris ma guitare et je suis parti chanter des "folksongs" américaines et irlandaises au cabaret de la Contrescarpe (au coeur du Quartier Latin à Paris, ndlr), sept soirs sur sept pour des clopinettes".

La chanteuse Colette Magny remarque sa voix, teintée d'une pointe d'accent, et le présente à Marcel Mouloudji, qui lui conseille d'écrire une trentaine d'adaptations et produit son premier 45 tours "Le trimardeur" (1965). 

En 1973, il va voir Leonard Cohen à L'Olympia et en ressort profondément touché par le mysticisme et la sensualité du Canadien, dont il adapte de nombreux textes ("Suzanne", "Les soeurs de la miséricorde"...). Il fait salles pleines dans ses concerts et se pose alors en premier concurrent d'Hugues Aufray, autre importateur du folk en France. Mais le succès l'effraie. Celui qui est aussi connu pour "Sacrée bouteille" prend ses distances en parcourant l'Egypte, l'Ethiopie, l'Amérique du Sud et surtout l'Inde. 
Entre deux voyages, il rentre en France où il reprend ses concerts. En 1980, il partage la scène avec Maxime Le Forestier, pour une tournée dont les bénéfices sont reversés à l'association Partage pour les Enfants du Tiers-Monde. Il continue également d'enregistrer. Dans les années 80, il revient d'un voyage à Madagascar avec des musiciens qui donnent une nouvelle tonalité à sa musique.

En 2000, il sort un premier album d'inspiration jazzy, enregistré avec The Glenn Ferris Quartet ("Tant de joies").
Depuis 2005, les concerts du chanteur aux pieds nus, qui continuait de sillonner l'Hexagone malgré son âge avancé, commençaient par un rituel immuable : une vibrante Marseillaise qu'il avait "adaptée" avec des paroles pacifistes. "Pour tous les enfants de la terre, Chantons amour et liberté", entonnait-il...

Graeme Allwright chante "petit Garçon" avec ses petits enfants

En 2012, il était invité sur la scène des Francofolies de La Rochelle où il a interprété ses plus grands succès comme le chant de noël "Petit Garçon", ou encore "Sacrée bouteille".
Graeme Allwright, les Francos dans la peau

Niortais de cœur

Graeme Allwright aimait à dire "ce n'est pas moi qui ai choisi de m'installer à Niort, c'est Niort qui m'a choisi". Après s'être produit de nombreuses fois dans la ville, le musicien fait des rencontres et noue des amitiés solides. De quoi le persuader de s'installer sur les hauteurs de la ville au début des années 2000 et d'y vivre une dizaine d'années. En 2009, il participe même à la fête de la musique de Niort.

Pour cet habitant pas comme les autres, cinq chorales, environ 150 choristes, lui offrent un grand concert d'au revoir à Aiffres (Deux-Sèvres) en juin 2012, alors que le musicien s'apprête à retrouver Paris. 

Mais son séjour dans la région est marqué par une polémique en 2011. Invité par une association à chanter à Lagord près de La Rochelle (Charente-Maritime), le musicien se voit refuser sa version pacifique de La Marseillaise par Jean-François Douard. Le maire de l'époque, n'interdit pas le concert de l'artiste mais ce dernier évoque une censure.  

L'une de ses dernières apparitions en Poitou-Charentes fut au festival des Givrés, à Melle, en 2015.

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