Deux-Sèvres : des centaines de poilus oubliés des monuments aux morts de la Grande Guerre

Parmi les 14.000 soldats des Deux-Sévres morts sur les champs de batailles, près de 200 noms de poilus ne figurent pas sur les monuments aux morts du département. Un archiviste de Niort effectue des recherches sur ces oubliés de la Grande Guerre.
 

Plus de 14 000 Deux-Sévriens sont morts lors des combats de 14-18.
Plus de 14 000 Deux-Sévriens sont morts lors des combats de 14-18. © Dominique Laveau, FTV
Plus de 14.000 Deux-Sévriens sont morts lors des combats de 14-18 mais tous les noms de ces disparus ne figurent pas sur les monuments aux morts. 
Ne cherchez pas celui de Louis Bauchamps, vous ne le trouverez pas, ce poilu tombé sur les champs de bataille en 1918 est l'un des oubliés de la Grande Guerre. 
Louis-Fortunat Beauchamps est né à Niort le 13 décembre 1881, ce soldat du 125e RI, titulaire de la Croix de guerre, est tombé le 13 juin 1918 à Méry-la-Bataille dans l’Oise.
Le nom de Louis Bauchamps ne figure pas sur le monument aux morts.
Le nom de Louis Bauchamps ne figure pas sur le monument aux morts. © FTV
Philippe Bontemps est un fin connaisseur des victimes de la Grande Guerre des Deux-Sèvres. 
Ce retraité des Archives départementales a compulsé les bases de données de 14-18 pendant de nombreuses années. Et l'équation est sans appel, il manque des centaines de noms de soldats sur les Monuments aux morts, il en a répertorié 198 qui ne figure pas sur la pierre tombale de Niort alors que 518 noms sont gravés dans la stèle.

A la recherche du poilu oublié 

Philippe Bontemps a notamment cherché à comprendre pourquoi le nom de Louis Bauchamps n'apparaissait pas sur la pierre commémorative.

"C'est un oublié de l'administration municipale de l'époque, mais à qui jeter la pierre ?", s'interroge l'archiviste à la retraite qui a réussi à reconstituer le parcours de Louis Bauchamps.
"Sur cette photo, on voit des mitrailleuses qui étaient utilisées sur le front pendant la guerre 14/18. Louis Bauchamps était dans une compagnie identique à celle-là", affirme Philippe Bontemps.

 
Une compagnie de 14/18.
Une compagnie de 14/18. © FTV

 

Il est né en 1881 à Niort, il avait 27 ans en 1918 lorsqu'il décède en juin, il est mort lors de la fin de la contre-attaque allemande qui a fait une percée sur le front au nord ouest de Compiègne,

Philippe Bontemps, archiviste à la retraite


Le cas de ce combattant n'est pas unique, dans les Deux-Sèvres, des centaines de soldats manqueraient à l'appel.

"Chaque soldat, chaque individu a une histoire particulière, chaque histoire est intéressante et passionnante", assure Philippe Bontemps.

Grâce à ce travail d'historien, le poilu Louis Bauchamps pourrait rejoindre la liste des Niortais tombés pour la France. La mairie n'exclut pas de faire graver son nom sur le monument aux morts de la ville.


Dominique Laveau et Alain Darrigrand ont rencontré Philippe Bontemps
 
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