Saint-Maixent-l'École. Plus de 2.000 dépistages de coronavirus en cours à l'ENSOA et à l'hôpital

A Saint-Maixent-l'École, deux opérations de dépistage collectif sont actuellement menées à l'hôpital et à l'Ecole Nationale des Sous-Officiers où plusieurs cas de coronavirus ont été détectés. Selon l'Agence régionale de santé, il n'y a pas de lien établi à ce jour entre ces deux cas groupés.

L'ENSOA de Saint-Maixent-l'Ecole (Deux-Sèvres) où l'opération de dépistage général se déroule à huis clos.
L'ENSOA de Saint-Maixent-l'Ecole (Deux-Sèvres) où l'opération de dépistage général se déroule à huis clos. © François Bombard, France Télévisions

C'est la plus vaste opération de dépistage collectif menée à ce jour en Nouvelle-Aquitaine. Quelque 2.050 personnes ont été ou seront testées cette semaine à Saint-Maixent l'Ecole. Deux foyers considérés pour l'heure comme distincts par les autorités sanitaires ont été identifiés : l'un sur le site saint-maixentais du centre hospitalier du Haut-Val-de-Sèvre et du Mellois où une vingtaine de cas de coronavirus ont été détectés, l'autre à l'ENSOA où trois cas ont été découverts parmi les instructeurs de l'école. 

"Pas de lien épidémique"

"Il n'y a pas de lien épidémique à ce stade entre ces deux cas groupés. Santé Publique France travaille sur ce dossier" a indiqué Laurent Flament de l'Agence régionale de santé Nouvelle-Aquitaine lors d'une conférence de presse, rappelant que la "stratégie c'est de dépister pour casser les chaînes de contamination."

A l'hôpital de la commune, où l'ensemble du personnel et des patients seront soumis à un prévélement naso-pharyngé d'ici à la fin de la semaine - soit au total 250 soignants et 50 patients - le directeur Hervé Maury ne peut s'empêcher de chercher un lien entre les deux foyers : "nous avons des agents dont les conjoints travaillent à l'ENSOA.(...) Dans ce contexte de Covid, il est très difficile de savoir qui a déclenché quoi, mais nous avons depuis le mois d'avril régulièrement des cas et cela nous met sous tension."

Dépistage à huis clos

Au sein de l'Ecole Nationale des Sous-Officiers d'Active, le dépistage mené depuis lundi est de plus grande envergure mais "il se déroule bien" a indiqué le colonel Xavier Portail. "Il nous permettra d'avoir une image claire et saine pour pouvoir reprendre nos activités."L'école qui forme les jeunes cadres de l'Armée de Terre fonctionne en effet avec 50 % de ses effectifs actuellement. Alors que tout devrait être achevé jeudi au plus tard, près de 750 personnes avaient déjà été testées en cette fin de matinée de mardi. Cette opération menée à huis clos n'a pas permis à notre équipe de pénétrer sur le site. Le motif invoqué par l'ENSOA est "de ne laisser aucune personne extérieure à l'école entrer sur le site". C'est la première fois que nous ne sommes pas autorisés à assister à ce type de dépistage d'envergure. Les analyses seront effectuées par le laboratoire du CHU de Poitiers, les résultats sont attendus en cette fin de semaine.
Photo d'illustration
Photo d'illustration © Alain Jocard AFP

Tracing

Lundi, par voie de communiqué, la préfecture, l’Agence régionale de santé (ARS) et l'ENSOA (Ecole Nationale des Sous-Officiers d'Active) ont annoncé que trois cas asymptomatiques de coronavirus avaient été confirmés le 22 mai au sein de l’école militaire de Saint-Maixent-l'École.

Le premier cas est un cadre de l’école, indiquait le communiqué. Testé positif le 18 mai, il a été en contact avec un membre malade de son foyer. Les deux autres cas ont été détectés dans l'environnement professionnel du premier, après tracing et isolement au cours duquel 44 personnes avaient été identifiées comme personnes contacts.

En conséquence, un dépistage général de l’ensemble des personnes du site débute ce lundi précisait encore le communiqué précisant que les 1.800 prélèvements seraient effectués sur place avec l’aide des équipes de l’ENSOA et notamment de son centre médical des armées, du centre hospitalier de Niort, du Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Poitiers et avec le renfort des infirmiers du Service Départemental d’Incendie et de Secours.

Selon les autorités sanitaires, cette situation permet aussi de "rappeler que l’épidémie de Covid-19 reste active et que le virus circule toujours", même si le département des Deux-Sèvres demeure plutôt épargné avec deux personnes hospitalisées dans les services de réanimation et une dizaine de patients dans les services de médecine.

D'après nos confrères de La Nouvelle République, un parent d'élève de l'école de Bignoux (Vienne), militaire à l'Ensoa de Saint-Maixent a été testé positif au Covid-19. Une information confirmée par la mairie. De ce fait, l'école est fermée depuis ce jeudi 28 mai 2020.

Reportage d'Antoine Morel, François Bombard et Alain Bortot :
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