"Collège mort" à Prahecq : la mobilisation contre l'expulsion de Naré et de sa maman continue

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Écrit par Olfa Ayed .

Après une première mobilisation, les enseignants et les AESH du collège Emile Zola de Prahecq (Deux-Sèvres) sont en grève pour leurs conditions de travail. Ils expliquent ne pas pouvoir exercer s'ils ne peuvent assurer la réussite scolaire d'une élève, visée par une OQTF ainsi que sa maman. Elles doivent quitter la France pour l'Arménie.

Les professeurs et les accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH) du collège Emile Zola de Prahecq (Deux-Sèvres) poursuivent leur mobilisation autour de Naré, scolarisée dans l'établissement. Cette jeune arménienne de 13 ans et sa maman sont visées par une obligation de quitter le territoire français (OQTF), arrivée à son terme le 25 novembre dernier.

Après une mobilisation spontanée devant l'établissement le 23 novembre et une pétition en ligne, qui récolte à ce jour plus de 3 000 signatures, les personnels ont déposé un préavis de grève national "pour nos conditions de travail", explique Julie Siaudeau, professeur de lettres. "Oui, c'est bien pour nos conditions de travail car on ne peut pas travailler si on est empêché dans notre mission de réussite scolaire d'un élève, insiste-t-elle. La salle des professeurs est choquée."

100% des enseignants et des AESH sont grévistes et un élève simplement s'est présenté au collège. Les parents ont largement soutenu le mouvement en laissant les enfants chez eux. Cela fait 15 ans que je suis au collège, c'est inédit. Un collège mort comme aujourd'hui est une situation inédite.

Laurent Merle, professeur d'EPS au collège Emile Zola de Prahecq.

Après la grève, un rassemblement devant la préfecture prévu

Naré, scolarisée dans cet établissement deux-sévrien est venue d'Arménie il y a cinq ans, avec sa maman. Elles sont aujourd'hui sous le coup d'une OQTF qui est arrivée à son terme vendredi 25 novembre. Depuis, un courrier de la préfecture leur a été envoyé. "C'est un courrier ambigu, réagit Laurent Merle. Dans la première partie du courrier il est indiqué : "Vous vous présenterez accompagné de Naré à la gendarmerie à partir de 23 heures pour être accompagnées à l'aéroport de Bordeaux." Ensuite, il est écrit "vu qu'elle est mineure, Naré a la capacité de rester sur le territoire."

Aujourd'hui, les professeurs ont perdu le contact avec la maman de l'adolescente. De son côté Naré était au collège mercredi dernier. "On sent une tristesse chez elle. C'est une enfant de 13 ans qui vit cette situation alors même qu'on lui apprend les droits de l'homme", souligne Julie Siaudeau.

Toute la journée les professeurs et AESH du collège s'organisent pour leur mobilisation en préfecture prévue samedi 10 décembre à 11 heures. "Quand c'est une élève de ma classe, je ne peux pas ne pas réagir, indique Laurent Merle. Je suis là pour leur transmettre (les élèves ndlr) des valeurs républicaines. Les élèves me posent des questions, ils s'interrogent. Ils ne comprennent pas et nous, on est au milieu de ça", regrette-t-il.

Les professeurs et AESH du collège sont soutenus par les syndicats Sud éducation 79 et Union syndicale Solidaires, mobilisés "pour dire non à cette situation d’injustice qui une fois de plus est une violence infligée à Naré et sa mère, mais cette fois par l’État français", est-il écrit sur leur communiqué. Ils appellent à rejoindre le rassemblement de samedi 10 décembre devant la préfecture des Deux-Sèvres.

Sollicité, l'avocat de la famille ne s'est pas exprimé sur le dossier de Naré et de sa maman. La préfecture ne nous a pas encore répondu.

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