Après l'envolée du Covid et une dégringolade du marché immobilier, les professionnels espèrent le rebond

Après l'embellie des crédits avantageux et l'embrasement du marché immobilier, les affaires tournent désormais au ralenti. Chacun attend la reprise, en Dordogne comme ailleurs

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Un marché qui flambe, des acheteurs qui raflent les derniers biens disponibles, à des prix parfois déraisonnables : nous étions à l'été 2020.  Les taux étaient exceptionnellement bas depuis plusieurs mois, l'avenir était incertain. La population que le COVID avait confinée à l'étroit dans les locations avait besoin de se rassurer dans la pierre. Même le neuf a surfé jusqu'au bout sur la vague post-covid, affichant un taux de commande augmenté de 30 %.

La fin de l'embellie

Depuis, l'invasion russe de l'Ukraine, la flambée des prix des matières premières et de l'énergie, les pénuries de matériaux et la remontée des taux ont fini de mettre à mal un marché qui se serait de toute façon essoufflé, faute de biens et faute de clients. Une morosité visible lors du dernier salon de l'immobilier de Boulazac, près de Périgueux, où les clients brillaient par leur absence.

Yoyo immobilier

Estimant pouvoir découper le calendrier immobilier en années représentatives, la plateforme immobilière PAP (Particulier à Particulier) résume les aléas de ces dernières années de la manière suivante : 

  • De juin 2018 à mai 2020 : deux années dynamiques ;
  • De juin 2020 à mai 2021 : la frénésie immobilière ;
  • De juin 2021 à mai 2022 : retour à la normale ;
  • De juin 2022 à mai 2023 : début de la baisse.

2024 bloqué dans une moyenne basse

Et PAP confirme que l'été 2023 a donné lieu à une baisse des recherches d’achat d'environ - 25,4 %. Sur cinq ans, la baisse des recherches a été de 41 %, mais semble devoir se stabiliser. D'ici au printemps, les difficultés de financement qui perdurent et les prix qui ne baissent pas devraient continuer à engluer le marché dans sa frilosité actuelle. Sans oublier l'arrêt du prêt à taux zéro sur le neuf, annoncé cette année et qui ne réjouit pas les constructeurs.

Paris et campagne en baisse, le littoral conserve "la côte"

Géographiquement, seul le littoral limite la casse, notamment auprès des jeunes ménages, alors que le marché parisien comme celui de la campagne sont à la peine. Dans ce dernier cas, les acheteurs les plus enthousiastes, paraissant avoir découvert la différence entre la maison de campagne de rêve, et la réalité de la vie rurale. Moins d'acheteurs, les professionnels de la Dordogne présents à ce salon de l'immobilier s'en sont aperçus. Beaucoup des curieux étaient surtout venus pour se renseigner sur les aides à la rénovation thermique.

Le coût des matériaux se stabilise, ce qui est quand même un avantage !

Charlotte Taillard

Responsable commerciale d'un constructeur

Béton stabilisé

Alors les professionnels font le dos rond. Les constructeurs de neuf veulent voir un signe encourageant dans les prix des matières premières enfin maîtrisés. "Le coût des matériaux se stabilise, ce qui est quand même un avantage", explique Charlotte Taillard, responsable commerciale du constructeur Aura. "Aujourd'hui, les contrats se signent à prix ferme et ne sont plus indexés par le coût des matériaux". Ce qui permet aux clients de ne plus "naviguer à vue" avec des factures susceptibles d'exploser au dernier moment.

Le marché est en train de se réguler à nouveau

Marjorie Adam-Demortier

Notaire

Les taux baissent, l'étau se desserre

Les notaires, eux, sont encore plus optimistes, car ils observent des taux d'emprunts à nouveau à la baisse. "Aujourd'hui, il faut que le marché puisse un petit peu s'équilibrer parce que, forcément, les vendeurs ne veulent pas encore trop baisser les prix", explique la notaire Marjorie Adam-Demortier. "Les acquéreurs attendent un petit peu en attendant que les baisses arrivent, donc le marché est en train de se réguler à nouveau."

Poker immobilier

Acheteurs et vendeurs s'observent donc pour l'instant d'un œil de joueur de poker, gardant l'autre rivé sur le nerf de la guerre, les taux d'intérêts. Sans oublier le troisième joueur autour de la table, lui aussi sous haute pression, le marché locatif dans une recherche toujours aussi urgente de locaux disponibles, hors passoires thermiques bien sûr. 

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