Ecologie : un hélicoptère va survoler l'Aquitaine pour traquer nos réserves en eau

Face au risque accru de sécheresse, une vaste étude géologique est lancée dans 4 départements au Nord-Est du Bassin Aquitain pour mieux connaître nos réserves en eau. Baptisé Eaux SCARS, ce projet mené par le BRGM durera six ans. Il débute par une analyse du sous-sol avec une antenne héliportée.
A partir du 6 septembre, un hélicoptère équipé d'une antenne de 20 mètres de diamètre "sondera" le sous-sol de quatre départements au Nord-Est du Bassin Aquitain pour mieux connaître nos ressources en eau
A partir du 6 septembre, un hélicoptère équipé d'une antenne de 20 mètres de diamètre "sondera" le sous-sol de quatre départements au Nord-Est du Bassin Aquitain pour mieux connaître nos ressources en eau © BRGM

Si vous apercevez un objet volant inhabituel au-dessus de vos têtes ces prochaines semaines, rassurez-vous : tout est normal.
A partir du 6 septembre, un hélicoptère équipé d'une gigantesque antenne va "sonder" le sous-sol de la Dordogne, du Lot-et-Garonne, du Lot et de la Charente. Cette opération de géophysique héliportée est menée par le BRGM, le service géologique national français.

L'antenne de 20 mètres de diamètre, placée sous l'appareil, permet de relever des données précises sur le type de roches souterraines, en fonction de leur résistance à un champ électrique.
Ces investigations permettront ensuite aux géophysiciens de dessiner les diverses couches géologiques et ainsi de mieux délimiter les nappes souterraines, jusqu’à environ 400 mètres de profondeur.

" Il s'agit d'améliorer l'état des connaissances de ces nappes." explique celui qui pilote l'opération, Olivier Cabaret, hydrogéologue au BRGM basé à Pessac en Gironde. "C'est stratégique pour ces territoires"

Un enjeu majeur pour éviter une "guerre de l'eau" face au changement climatique

Cette étude, baptisée Eaux-SCARS, est menée en partanariat avec le Conseil régional, les conseils départementaux concernés, l’agence de l’eau Adour-Garonne et l'Université de Bordeaux notamment. 
Prévue pour durer six ans, elle permettra de mieux comprendre le fonctionnement de ces nappes d'eau profondes et leur renouvellement en période de changement climatique.

Sur ces quatre départements sondés, l’eau souterraine représente plus de la moitié de la consommation totale d’eau par les populations, les agriculteurs et les industriels.

Les scientifiques vont confronter leurs connaissances actuelles " Les nappes phréatiques sont stables en Dordogne depuis 30 ans. En Lot-et-Garonne, les niveaux baissent." constate Olivier Cabaret.
Alors, dans l'avenir, comment ces nappes vont-elles réagir face à la baisse des précipiations, conséquences attendues des dérèglements climatiques. 

Ce programme de recherche vise ainsi à éviter de futurs conflits d’usage de l'eau souterraine entre ses multiples utilisateurs et à mieux gérer cette ressource potentiellement en danger.
Car l'activité humaine elle a besoin d'eau, d'autant que sa consommation s'annonce à la hausse : eau potable avec une population qui augmente, agriculture, tourisme, barrages hydrauliques, pêche. Le BRGM fournira ses conclusions aux décideurs politiques qui aviseront. Cette eau souterraine contribue aussi massivement au soutien des cours d’eau, ajoutent les experts du BRGM, alors que cette ressource peut s’épuiser dans certains secteurs ou à certaines périodes. Cette situation risque de s’aggraver dans un contexte de changement climatique.

Carte de la zone concernée par le passage de l'hélicoptère équipé d'une antenne spéciale pour sonder le sous-sol du Nord-Est du Bassin Aquitain afin de mieux connaître nos ressources en eau
Carte de la zone concernée par le passage de l'hélicoptère équipé d'une antenne spéciale pour sonder le sous-sol du Nord-Est du Bassin Aquitain afin de mieux connaître nos ressources en eau © BRGM

Une étude dans les airs et sur terre

Ce sondage aérien du sous-sol est complété par un ensemble de relevés sur le terrain jusqu'en 2022.
Les géologues chercheront une série d'indices, à même le sol, pour compléter les cartographies 3D. Ce travail minutieux complètera celui réalisé lors des prospections pétrolières et les forages.

L'Université de Bordeaux conserve ainsi des milliers de carottages réalisés dans le Bassin Aquitain.
Les premiers échantillons datent de 1838. Cette "mémoire de notre sous-sol", méconnue du grand public, est entreposée dans une carothèque-litothèque unique en France au sein de l'Université de Bordeaux.

L'Université de Bordeaux conserve des milliers d'échantillons prélevés depuis le 19ème siècle dans le sous-sol du Bassin Aquitain. Une mémoire du sous-sol, unique en France, précieuse pour les géologues
L'Université de Bordeaux conserve des milliers d'échantillons prélevés depuis le 19ème siècle dans le sous-sol du Bassin Aquitain. Une mémoire du sous-sol, unique en France, précieuse pour les géologues © V Dubroca F3 Nouvelle Aquitaine


En complément, des mesures et des analyses des eaux souterraines ont déjà été lancées au printemps 2021 par les scientifiqus du BRGM. Et cet automne, ils installeront des équipements dans des cours d’eau, des sources et des forages, pour étudier les évolutions des débits et de la chimie des eaux souterraines sur plusieurs années.
Enfin, une nouvelle étude du sous-sol de la Dordogne et de ses nappes profondes sera menée en 2022 grâce à un forage d'où seront extraites de précieuses carottes.

 

Le BRGM, c'est quoi ?

Le BRGM, Bureau de recherches géologiques et minières, est le service géologique national français.

Placé sous la tutelle du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, du ministère de la Transition écologique, et du ministère de l’Économie, des Finances et de la Relance, le BRGM  est l’établissement public de référence pour gérer les ressources et les risques du sol et du sous-sol.

Il remplit diverses missions : recherche scientifique, appui aux politiques publiques, recherche partenariale, coopération internationale
et aide au développement, prévention et sécurité minière  ainsi que la formation supérieure.

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