A Bordeaux, baisse de la délinquance dans le quartier Saint-Michel depuis un an

Eté 2020, le quartier Saint-Michel dans le vieux Bordeaux est le théâtre de rixes violentes. Un Groupe local de traitement de la délinquance est créé. Un an plus tard, le bilan est positif et l'outil sera étendu autour de la Gare Saint-Jean.

Bagarre entre bandes rivales, trafics de drogue en plein jour... L'été dernier, dans le quartier Saint-Michel les habitants se sentaient en insécurité face à une délinquance agressive. Certains parlaient "d'une situation de poudrière

Un Groupe local de traitement de la délinquance  (GLTD) est alors lancé pour une durée de six mois. Le confinement l'allongera de six mois de plus. 

Ce mardi 12 octobre, la procureur de la République de Bordeaux, Frédérique Porterie en dresse un bilan positif : 

Le GLTD a démontré qu'une action concertée de tous les services concernés, police, mairie, préfecture, police municipale, police de l’air et des frontières sous le contrôle du parquet, cette action conjuguée a permis de faire baisser les chiffres de la délinquance sur le quartier de Saint-Michel. Ca ne veut pas dire que nous avons éradiqué toute la délinquance. La preuve en est, les événements qui peuvent encore s’y commettre. Il n’empêche qu’en ce qui concerne les cambriolages, les vols avec violence, les violences avec arme et les ports d’arme, on a enregistré une baisse significative.

Et les chiffres fournis en témoignent : 

Les violences crapuleuses ont baissé de 47 % dans le quartier contre  21% dans le reste de Bordeaux.  Même constat pour les cambriolages, en recul de 30% contre  11%,  les atteintes à l’intégrité physique – 14%  contre – 4% dans le reste de la ville. 

500 procédures distinctes ont été menées. 271 personnes poursuivies. 140 condamnations ont été prononcées, essentiellement pour détention de stupéfiants, recel et port d’arme. 

Quant au profil des mis en cause, dans 23% des cas, il s'agissait de mineurs. Mais les non accompagnés, un temps pointés du doigt, ne représentent que 10 % de la population délinquante. Le phénomène touche surtout des personnes marginalisées. 30 % des mis en cause sont SDF. 

Ces chiffres ne peuvent pas être considérés "comme le baromètre de la délinquance à l'échelle de la ville" nuance le commissaire divisionnaire Eric Krust. "Le Groupe local de traitement de la délinquance est une manière de travailler plus resserrée avec des logiques de moyens spécifiques sur des problèmatiques identifiées. C'est un outil au service d'un territoire qui subit pendant un tems donné des phénomènes qui retiennent l'attention de la police et de la justice". résume le directeur adjoint de la Direction Départementale de la sécurité publique de la Gironde

Il s'agit sur un territoire donné et sur des infractions identifiées d'apporter une réponse concertée. "L'idée, c'est aussi de créer des méthodes de travail, une synergie entre les services concernés" complète Frédérique Porterie. 

De leur côté, les habitants du quartier constatent eux-aussi une amélioration. 

 

Après Saint-Michel, la Gare 

Le quartier voisin, celui du Cours de la Marne jusqu'à la Gare Saint-Jean lui aussi fait face à une délinquance d'un nouveau genre. 

"Ca s'est vraiment détérioré au niveau de la sécurité" témoigne une habitante. 

Dans la rue Kleber, on est vraiment très gênés par les rassemblements nocturnes et en fin d'après-midi, par des gens qui sont sur les bancs et consomment de l'alcool, laissent tout sale. Ils installent des meubles dans la rue. Ils mettent de la musique  et ça fait un moment que ça dure. J'ai vu aussi des trafics de drogue, des gens avec des seringues dans le bras aussi. C'est perturbant. Ce quartier a toujours été vivant et populaire mais pas agité de cette façon-là.

Un restaurateur témoigne avoir peur pour sa clientèle le soir. Une jeune femme ne se sent pas à l'aise en soirée.

La journée, c'est cool mais le soir, en tant que femme, il y a souvent des gens qui viennent te parler, te siffler. J'avoue que c'est un peu stressant et pas forcément agréable.

Après le succès du Groupement local de traitement de la délinquance remporté dans le quartier Saint-Michel, le dispositif sera déployé sur un territoire allant de la gare Saint-Jean jusqu'à la Victoire en longeant les quais. 

Projet d'un nouveau GLTD à Bordeaux

 

Le commissaire divisionnaire Eric Krust liste les quatre problèmatiques identifiées : 

Les cambriolages sur toute la partie sud du Cours de la Marne, des vols avec violence avec des poches tout le long du Cours de la Marne jusqu'au parvis de la Gare, une logique de vols à la tire extrêmement important : moyens de paiement, smartphones, voire bagages sur l'emprise ferroviaire et le parvis. Enfin, on accompagnera aussi la mue de ce quartier en se concentrant sur le secteur des anciennes écoles de santé navale complétement rénové  en logements et commerces pour que ce secteur prospère sans être inquiété par ces signes. 

Le groupement local de traitement de la délinquance sera lancé le 15 octobre et pour trois mois renouvelables. 

 

durée de la vidéo: 88 h min
Hausse de la délinquance cours de la Marne et quartier de la gare à Bordeaux

 

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